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Le Conseil de sécurité adopte le plan de paix de Kofi Annan

Kofi Annan et le secrétaire génral de la Ligue arabe Nabil al-Arabi

Kofi Annan et le secrétaire génral de la Ligue arabe Nabil al-Arabi

Photo : AFP / HO

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont adopté mercredi le plan de paix de l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan.

Le Conseil de sécurité demande ainsi à Damas de mettre en oeuvre le plan de M. Annan pour mettre fin à la violence.

Le texte demande au président Bachar Al-Assad et à l'opposition syrienne de « travailler de bonne foi » avec M. Annan et « d'appliquer totalement et immédiatement » le plan.

Le texte mentionne parmi les propositions de M. Annan « la cessation de toutes formes de violence armée par toutes les parties sous supervision de l'ONU ».

M. Annan réclame un retrait des forces syriennes des agglomérations, la fin du recours aux « armes lourdes » et « la libération des personnes détenues arbitrairement ».

M. Annan demande également la liberté pour les Syriens de manifester pacifiquement, la liberté de déplacement pour les journalistes dans le pays et le lancement d'un « processus politique mené par les Syriens eux-mêmes afin de réaliser les aspirations légitimes de la population syrienne ».

La déclaration ne prévoit plus dans sa conclusion que le Conseil « envisage des mesures supplémentaires » si le plan de règlement de M. Annan n'est pas appliqué mais seulement des « étapes ultérieures », une formulation plus vague et moins menaçante.

Des pays saluent « un pas dans la bonne direction »

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a salué l'adoption de la déclaration et a prévenu que si Bachar Al-Assad n'appliquait pas les propositions de règlement de Kofi Annan, la pression sur son régime s'accentuerait. « Le Conseil a parlé d'une seule voix », a-t-elle dit.

De son côté, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Susan Rice, parlait seulement d'un « petit pas en avant [...] vers une approche unifiée de la crise en Syrie ».

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est réjoui du fait que « le document ne contient ni ultimatum, ni menaces ». « Le texte du Conseil reflète la réalité de la situation en Syrie et soutient les objectifs poursuivis par Annan. Nous le soutenons totalement », a déclaré M. Lavrov, lors d'une conférence de presse à Berlin.

L'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud, a quant à lui estimé que cette déclaration était « un premier pas dans la bonne direction », précisant que Paris cherchait toujours à obtenir du Conseil une résolution. Le Conseil « a donné un mandat sans ambiguïté à M. Annan », y compris pour « faciliter une transition politique », a-t-il déclaré à la presse.

Cette déclaration envoie « un signal fort et unanime au gouvernement et à l'ensemble des autres protagonistes des événements en Syrie », a affirmé pour sa part l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant.

La Chine a elle aussi salué la déclaration, affirmant qu'elle était un pas dans la bonne direction pour résoudre la crise et en a appelé le président Al-Assad à « mettre fin immédiatement aux violences ». « Nous demandons à la communauté internationale de soutenir les efforts de médiation de M. Annan et de créer des conditions favorables à son travail », a affirmé Li Baodong, l'ambassadeur chinois à l'ONU, cité par l'agence de presse de l'État chinois, Xinhua.

Le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi, a déclaré que l'ancien secrétaire général de l'ONU était « encouragé par le soutien unanime du Conseil de sécurité et exhorte les autorités syriennes à y répondre favorablement ».

La crise syrienne a d'« énormes répercussions » sur le monde, dit Ban Ki-moon

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré mercredi que la crise syrienne était « extrêmement dangereuse » et avait d'« énormes répercussions » sur le reste du monde.

« Nous devons tous oeuvrer pour qu'une solution soit trouvée à cette crise profonde », a-t-il indiqué.

La position géostratégique de la Syrie, qui est au coeur d'une région où se croisent religions, ethnies et confréries, fait craindre une explosion régionale.

Des rebelles posent une bombe dans la province d'Idleb afin de bloquer l'accès aux régions montagneuses du nord de la Syrie, le 20 mars 2012.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des rebelles posent une bombe dans la province d'Idlib afin de bloquer l'accès aux régions montagneuses du nord de la Syrie, le 20 mars 2012.

Photo : AFP / FREDERIC LAFARGUE

Poursuite des affrontements

L'armée syrienne poursuit ses bombardements pour une deuxième journée consécutive sur le quartier de Khaldiyé, à Homs, où au moins 14 personnes ont été tuées la veille, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

« Khaldiyé est bombardé, avec des tirs de canons et de roquettes », a déclaré mercredi un militant de la Commission générale de la révolution syrienne, Hadi Abdallah. Il dit redouter la répétition du « bombardement auquel nous avons assisté à Baba Amr », un autre quartier rebelle de Homs, assiégé et pilonné pendant plus d'un mois, mais repris depuis par le régime.

Selon lui, plusieurs habitants qui ont fui le quartier de Baba Amr se sont d'ailleurs réfugiés à Khaldiyé, qui serait « le dernier front » à Homs.

Deux grands faubourgs de la capitale Damas ont également été bombardés par les forces du président Bachar Al-Assad dans la nuit de mardi à mercredi, en riposte aux attaques de l'Armée syrienne libre (ASL), qui regroupe les soldats déserteurs.

Des tirs se sont abattus sur Harasta et Irbine, survolés par des hélicoptères de l'armée, selon les opposants. « L'Armée syrienne libre a monté une série d'opérations après la tombée de la nuit et l'armée riposte vigoureusement », a indiqué l'un d'entre eux, Raed.

Selon lui, les soldats de l'ASL ont attaqué à coups de roquettes un complexe des services de renseignement de l'armée de l'air, ainsi que des barrages militaires installés dans les faubourgs. Des bombardements sont également signalés près de l'autoroute reliant Damas à Alep, qui passe près de Harasta et d'Irbine.

Une première revendication

Une organisation sunnite appelée « Soldats du front de l'assistance », jusque-là inconnue, a revendiqué le double attentat à la bombe samedi dernier contre des bâtiments de la sécurité qui a fait 27 morts et 140 blessés. Le groupe a promis de commettre d'autres attaques.

Après le régime syrien, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé mardi les insurgés syriens de commettre de graves violations des droits de l'homme. Depuis le 15 mars 2011, les violences ont fait plus de 8000 morts en Syrie selon les Nations unies, et plus de 9000 selon l'OSDH, basé à Londres.

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Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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