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Un test démocratique pour le Myanmar

Aung San Suu Kyi quitte les locaux de son parti après la réunion du comité central.

Aung San Suu Kyi quitte les locaux de son parti après la réunion du comité central.

Photo : AFP / Soe Than WIN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le régime birman accueillera une vingtaine d'observateurs et des journalistes étrangers des pays voisins pour assister aux élections législatives partielles du premier avril prochain. Ces élections sont considérées comme un test pour les réformes birmanes en cours.

Le gouvernement birman a invité les neuf autres membres de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) à envoyer chacun deux observateurs et trois journalistes auxquels s'ajouteront cinq représentants de l'ASEAN. Un total de 23 observateurs seront sur place pour témoigner du scrutin au cours duquel 48 sièges sont mis en jeu. « Le Myanmar a demandé aux équipes d'arriver le 28 mars pour assister à un breffage le jour suivant », indique l'ASEAN.

Les élections partielles se tiennent afin de remplacer des élus qui ont été nommés à divers postes gouvernementaux ou ministériels.

L'enjeu de l'élection partielle est de taille pour le Myanmar qui s'est engagée dans un processus de réforme démocratique. La junte militaire, au pouvoir depuis 49 ans, a cédé le pouvoir à un gouvernement civil en mars 2011. Les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont évoqué une levée des sanctions économiques contre le Myanmar, qui bloquent plusieurs milliards de dollars d'investissements et d'aide étrangère, si le scrutin se déroulait de façon « libre et juste ».

Libérée de sa résidence surveillée à la fin 2010, la figure emblématique de l'opposition au régime et membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) Aung San Suu Kyi y brigue un siège de députée. Elle a d'ailleurs dénoncé des irrégularités dans les listes d'électeurs.

« C'est en réalité au peuple de décider si [les élections] ont été conduites librement, et s'il a pu, sans intimidation, exercer son droit de vote. »

— Une citation de  L'envoyé spécial du président américain au Myamar, Derek Mitchell

L'Occident a longtemps accusé l'ASEAN de ne pas insister suffisamment auprès du Myanmar pour dénoncer le régime militaire pendant que l'organisation régionale se réfugiait derrière sa politique de non-ingérence dans les affaires internes de ses membres. L'ASEAN compte dans ses rangs plusieurs pays accusés par les organisations des droits de la personne de harceler leurs dissidents (Laos, Vietnam, Singapour, Cambodge et la Thaïlande).

Les États-Unis ont d'ailleurs rappelé que la présence d'observateurs internationaux indépendants serait un geste apprécié de la communauté internationale. Le pays a toutefois omis de préciser si les représentants de l'ASEAN étaient considérés comme tels. Ces élections constituent « une étape très importante et nous l'observerons de très près [...] de même que le peuple de ce pays », a déclaré la semaine dernière l'envoyé spécial de Barack Obama pour le Myanmar, Derek Mitchell. Les États-Unis pourraient se tourner vers l'opposition et sa chef de file Aung San Suu Kyi afin d'évaluer la valeur des élections.

Combats et exactions dans le Nord

Des soldats kachins observent le corps d'un de leurs collègues tués dans des combats avec l'armée birmane.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des soldats kachins observent le corps d'un de leurs collègues tués dans des combats avec l'armée birman

Photo : AFP / Organisation nationale kachin

Les élections législatives partielles se tiendront pendant que les troupes birmanes sont accusées de se livrer à des exactions contre des civils dans le nord du pays, selon l'organisme Human Rights Watch (HRW). Les troupes birmanes ont lancé une offensive contre l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) en juin 2011 et des villageois se retrouvent pris dans les combats.

Le nouveau gouvernement civil a entamé des pourparlers avec plusieurs de ses minorités, qui composent un tiers de la population du Myanmar. Plusieurs de ces minorités n'ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l'indépendance du pays en 1948. Certaines minorités ont entériné des cessez-le-feu, mais pas les Kachins, une minorité ethnique majoritairement chrétienne dans un pays bouddhiste.

Des intérêts économiques, notamment des projets hydroélectriques chinois, le commerce du jade et d'autres échanges commerciaux, seraient au coeur de la reprise des combats l'été dernier.

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