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Décès de l'ancien garde du camp nazi de Sobibor

John Demjanjuk quitte la cour à la suite de son vedict, le 12 mai 2011, à Munich. Il avait été libéré de prison à cause  de son âge.

John Demjanjuk quitte la cour à la suite de son vedict, le 12 mai 2011, à Munich. Il avait été libéré de prison à cause de son âge.

Photo : AFP / CHRISTOF STACHE

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

John Demjanjuk, condamné en mai 2011 à Munich à cinq ans de prison pour complicité de meurtres en tant qu'ancien garde du camp d'extermination nazi de Sobibor, est mort samedi à l'âge de 91 ans, a annoncé son fils John Demjanjuk Jr.

Il a précisé à l'Associated Press que son père s'est éteint de mort naturelle dans une maison de retraite de Bad Feilnbach en Bavière (sud de l'Allemagne) où il résidait depuis la fin de son procès l'an dernier.

Il a été reconnu coupable le 12 mai 2011 de la complicité du meurtre de 28 060 personnes dans le camp d'extermination de Sobibor, en Pologne. Le tribunal, selon son président Ralph Alt, a établi la preuve que Demjanjuk « a servi comme gardien » à Sobibor du 27 mars à la mi-septembre 1943 et constituait une pièce de la « machine de destruction nazie », selon le président du tribunal, Ralph Alt.

Les avocats de John Demjanjuk avaient fait appel de sa condamnation à cinq ans de prison et le nonagénaire avait été laissé en liberté. Il souffrait notamment, selon son fil,s d'une maladie de la moëlle osseuse au stade terminal et d'une affection rénale chronique.

Né en Ukraine en 1920, John Demjanjuk, ancien ouvrier du secteur automobile dans l'Ohio (nord-est des États-Unis), avait été extradé des États-Unis vers Munich en mai 2010 au terme d'une longue bataille juridique.

Capturé en 1942 par les forces allemandes alors qu'il servait dans l'Armée rouge soviétique, John Demjanjuk a toujours protesté de son innocence, affirmant qu'il n'a jamais été gardien de camp, mais détenu pendant une grande partie de la guerre par les nazis.

D'après son fils, il a été « victime et rescapé de la brutalité soviétique et allemande, depuis l'enfance. L'histoire montrera que l'Allemagne a fait de lui un bouc émissaire ».

John Demjanjuk avait déjà eu affaire à la justice en Israël, où il avait été condamné à mort en 1988 pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Au cours du procès, d'anciens prisonniers avaient reconnu en lui « Ivan le terrible », bourreau du camp d'extermination de Treblinka (Pologne).

Mais le verdict avait été cassé en 1993 par la Cour suprême israélienne en raison d'une possible erreur sur l'identité de l'accusé, et Demjanjuk avait ainsi été libéré après sept ans de prison et renvoyé aux États-Unis. Le nonagénaire a été déchu en 2002 de la nationalité américaine.

« Une mort est toujours tragique. Mais dans ce cas, il est important de dire qu'il était légitime de le juger et de le condamner », a commenté le président du Consistoire central israélite d'Allemagne, Dieter Graumann. « La justice ne connaît pas de prescription, et l'âge ne préserve pas du châtiment. Il ne s'est jamais agi de vengeance, mais de justice », a-t-il ajouté.

Associated Press

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