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Viande halal : les experts de l'industrie se font rassurants, les politiciens réclament l'étiquetage

Viande halal : les experts de l'industrie de la viande se font rassurants, les politiciens réclament l'étiquetage Viande halal : les experts de l'industrie de la viande se font rassurants, les politiciens réclament l'étiquetage Viande halal

Radio-Canada
Mis à jour le 

Alors que vétérinaires et professionnels de l'industrie de la viande se veulent rassurants concernant les méthodes d'abattage halal, les chefs des partis politiques québécois s'accordent sur l'importance de l'étiquetage des viandes halal pour les consommateurs québécois.

Dans la controverse qui a éclaté cette semaine au sujet de la production et l'étiquetage de la viande halal au Québec, des soucis ont été exprimés quant à la souffrance des animaux et des standards sanitaires associés à cette méthode d'abattage traditionnelle. Certains abattoirs ont révélé ces derniers jours ne pas étiqueter la viande halal qu'ils produisent.

Hélène Trépanier, vétérinaire au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), explique que la méthode d'abattage rituel standard consiste à couper rapidement les vaisseaux sanguins du coup de l'animal. C'est le manque d'apport de sang au cerveau qui amène la perte de conscience. « Normalement, dans nos abattoirs, l'animal va perdre connaissance rapidement, et si ce n'est pas le cas, très vite, le personnel d'inspection va s'assurer que l'animal est insensibilisé pour ne pas que ça se poursuive », explique-t-elle.

Par ailleurs, dans l'abattage rituel comme dans l'abattage conventionnel, l'oesophage est ligaturé pour empêcher le contenu de l'estomac de sortir et éviter ainsi le risque de contamination.

Joël Bergeron, médecin vétérinaire et président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, croit pour sa part que « lorsque la technique est bien appliquée, il n'y a pas de risque de contamination ».

De son côté, Richard Vigneault, porte-parole d'Olymel, précise que la certification halal « n'a absolument rien changé dans nos méthodes d'abattage, dans nos méthodes de travail, pour notre personnel, pour nos travailleurs qui sont sur les lignes de productions ».

« La seule différence, c'est qu'un imam vient bénir les animaux au début du premier et du deuxième quart de travail à l'usine de Saint-Damase », qui produit du poulet, précise-t-il en entrevue à RDI.

Olymel travaille en collaboration avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments « qui a des standards très élevés en termes de bien-être animal », poursuit M. Vigneault. Le porte-parole d'Olymel soutient que la compagnie dispose aussi à l'interne d'une politique de bien-être animal « très sévère et très bien suivie ».

Concernant les frais supplémentaires engendrés par l'abattage halal, Olymel dit que le coût du salaire de l'imam qui vient bénir les animaux avant l'abattage ne se répercute que sur le prix de la viande étiquetée, destinée au marché halal.

M. Vigneault précise que ce sont les clients d'Olymel, (comme les grossistes et les épiciers) qui choisissent s'ils étiquettent ou non les produits halal. De la viande halal peut donc se retrouver sur les tablettes sans être étiquetée comme telle, dit-il.

Plaidoyer pour l'étiquetage des produits halal

Les réactions politiques sur l'étiquetage de la viande halal se sont poursuivies jeudi. Le premier ministre Jean Charest croit que la viande issue de l'abattage rituel doit être identifiée au bénéfice du consommateur.

« Nous croyons que les aliments doivent être correctement étiquetés et que si c'est de la nourriture halal, celui qui emballe, celui qui produit doit l'indiquer. Maintenant, c'est une compétence qui relève du gouvernement fédéral », a-t-il dit en réponse à une question lors d'un point de presse, jeudi.

« Je dis à ceux qui transforment [la viande] aujourd'hui, si ce sont des aliments halal, rendez-vous service comme producteurs et en même temps pour les consommateurs et dites-le sur l'étiquetage de vos produits, comme ça les gens sauront exactement ce qu'ils achètent », a-t-il ajouté.

Pour sa part, la Coalition avenir Québec (CAQ) demande au gouvernement de rendre obligatoire l'étiquetage de la viande halal et casher au Québec.

« Nous sommes au Québec, et ça doit être une exception. Ça ne doit pas être la règle et il faut informer le consommateur lorsqu'il y a de la viande halal. Il faut bien étiqueter », a dit le chef de la CAQ, François Legault, jeudi.

Plus tôt cette semaine, le Parti québécois a dit vouloir connaître le nombre d'abattoirs impliqués et le volume annuel d'animaux mis à mort selon les préceptes religieux de l'islam. Pour l'instant, le MAPAQ ne détient pas ces chiffres.

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