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Des politiciens nourrissent une controverse sur la viande halal

Un agneau destiné au marché halal.

Un agneau destiné au marché halal.

Photo : Peter Dejong

Lili Boisvert
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec s'indignent que les consommateurs au Québec soient susceptibles de manger de la viande halal à leur insu, l'étiquetage sur ce genre de produits n'étant pas obligatoire. Producteurs et imams, eux, se défendent de faire souffrir les animaux.

C'est une déclaration de l'ancien politicien Mario Dumont qui a ouvert le sujet.

Le député péquiste André Simard réclame un portrait de l'abattage rituel des animaux. « Au Québec, nous avons fait le choix depuis longtemps d'abattre nos animaux pour consommation en prenant des mesures pour insensibiliser les animaux et les abattre en minimisant les souffrances », dit le député, insinuant que le rituel halal ne respecte pas ce principe.

À l'usine d'Olymel de Saint-Damase, qui possède la certification halal, et qui est ciblée par la controverse, la certification s'applique à toute l'usine, mais seule la viande destinée aux clients qui en font la demande est étiquetée « halal ».

Cependant, Olymel assure qu'elle s'oppose à toute cruauté envers les animaux et qu'elle abat les bêtes selon les règles de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Les animaux sont insensibilisés par décharge électrique avant d'être égorgés, mécaniquement, en respectant le rituel. « Dans le cas des dindons, ils sont même anesthésiés », explique Richard Vigneault, porte-parole d'Olymel.

L'entreprise québécoise soutient que sa décision de produire halal est purement commerciale et n'a aucun rapport avec les accommodements raisonnables. La compagnie affirme par ailleurs qu'elle n'est pas la seule, au Québec, à faire de l'abattage rituel.

L'abattage halal fait-il souffrir davantage les animaux?

L'imam Marzougui Habib, de l'Association des viandes halal, explique à Radio-Canada.ca que dans le rituel halal, le boucher-sacrificateur doit couper à la main la gorge de l'animal, avec une scie, pour qu'il se vide de son sang. Selon lui, l'animal ne souffre pas.

De plus, dit l'imam, le processus d'abattage pour produire de la viande halal peut être concilié sans problème avec les techniques d'insensibilisation en vigueur dans l'industrie.

Ce qui est important pour nous, c'est que l'animal doit être vivant au moment où il est égorgé. Mais s'il est insensibilisé, ce n'est pas grave.

Une citation de :Marzougui Habib, imam

En théorie, le Coran exige aussi que la bête soit sacrifiée en direction de La Mecque, en Arabie saoudite. Mais l'Association des viandes halal, qui distribue une certification au Québec, explique que cet aspect n'est pas obligatoire. « Chez Olymel, chaque jour, ils abattent des bêtes, millier par millier, donc c'est impossible. On a laissé tomber ça. »

L'opposition veut plus d'informations

Le PQ veut connaître le nombre d'abattoirs impliqués et le volume annuel d'animaux mis à mort selon les préceptes religieux. « Le MAPAQ [ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec] dispose de suffisamment d'inspecteurs pour que le ministre ait un portrait clair rapidement, dit le député. Les consommateurs doivent pouvoir faire un choix éclairé sur la provenance des produits qu'ils achètent ».

Pour sa part, la Coalition avenir Québec demande au gouvernement de rendre obligatoire l'étiquetage de la viande halal et casher au Québec. « Nous partageons les craintes de plusieurs citoyens et experts concernant le bien-être des animaux abattus dans certaines installations et nous jugeons que le gouvernement doit mieux informer la population concernant l'étendue de cette pratique », dit le porte-parole de la CAQ en matière de communautés culturelles, Benoit Charrette.

En France, une controverse a éclaté après que la candidate du Front national à la présidentielle, Marine Le Pen, eut déclaré que « l'ensemble de la viande qui est distribuée en Île-de-France, à l'insu du consommateur, est exclusivement de la viande halal ».

Ces propos et la polémique qui s'en est suivie suscitent beaucoup d'émoi dans la population et chez les autorités religieuses juives et musulmanes.

Un texte de Lili Boisvert

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