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Droits de scolarité : manifestation pacifique au centre de Montréal

Des étudiants bloquant la rue Sainte-Catherine
Radio-Canada

Entre 200 et 300 étudiants en grève de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et du cégep du Vieux-Montréal ont bloqué pendant quelques heures l'intersection des rues Sanguinet et Sainte-Catherine, à Montréal, où un groupe d'intervention de la police avait été dépêché.

En fin d'après-midi, la majorité d'entre eux s'étaient dispersés sans encombre.

Aucun avis d'éviction n'a été émis pour ce sit-in fort pacifique, qui se déroulait devant le pavillon J-A.-DeSève de l'UQAM.

Les étudiants affirmaient agir en réaction à la fermeture lundi de quatre pavillons de l'UQAM par mesure de sécurité, soit Hubert-Aquin, Judith-Jasmin, Paul-Gérin-Lajoie et Thérèse-Casgrain.

« Je me dis que si on veut se faire entendre, il faut sortir dans la rue, car quand on essaye d'aller dans les endroits publics, on ferme l'endroit, sous prétexte qu'on va faire du grabuge », déplorait lundi un des manifestants.

Quelques heures plus tôt, 200 étudiants avaient manifesté à l'intérieur du pavillon J-A.-DeSève.

Sit-in devant les bureaux de Jean Charest

En début de journée aussi, des étudiants s'étaient réunis devant les bureaux du premier ministre Jean Charest à Montréal pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Partis du parc Émilie-Gamelin, plus de 1000 étudiants ont marché en silence dans les rues de Montréal pour se rendre devant les bureaux de M. Charest. Ils se sont assis sur le pavé de la rue McGill et ont gardé le silence pendant de longues minutes, sous le regard de policiers quelque peu étonnés, mais qui n'ont pas bronché. Les étudiants se sont ensuite levés pour manifester plus bruyamment, mais toujours dans le calme.

Les étudiants ont expliqué avoir choisi de marcher en silence pour dénoncer la « sourde oreille » que fait le gouvernement à leurs revendications. Ils reprochent principalement à Jean Charest et la ministre de l'Éducation Line Beauchamp de ne pas vouloir discuter avec eux.

« C'est un peu insultant. On est des citoyens et il n'y a pas juste nous qui se mobilisent pour ça. On pense qu'il devrait y avoir un dialogue parce que c'est un débat de société », a expliqué Suzanne Valière-Nolet, une des porte-parole des étudiants.

Ces étudiants, qui font partie de la CLASSE, n'avaient pas fourni l'itinéraire de leur marche.

Sit-in devant les bureaux de Jean CharestAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des étudiant devant les bureaux de Jean Charest, à Montréal.

La FEUQ et la FECQ ont de leur côté décidé de rendre publics les itinéraires des prochaines manifestations.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, a exprimé l'inquiétude des membres de l'organisation devant « la façon d'agir » des policiers lors des dernières manifestations. Selon lui, il y a eu une « surutilisation de la force ».

« La sécurité des militants est une priorité », a déclaré M. Léo Bureau-Blouin.

La semaine dernière, une manifestation a tourné à l'affrontement entre étudiants et policiers. Un étudiant a été gravement blessé à l'oeil.

Pour leur part, les étudiants du Collège Ahuntsic, qui ont rejoint le mouvement de grève la semaine dernière, ont manifesté devant leur établissement.

À Québec, une soixantaine d'étudiants ont bloqué lundi avant-midi tous les accès à une tour de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, où se trouvent les bureaux du recteur, Denis Brière.

Des professeurs solidaires des étudiants

Par ailleurs, une cinquantaine de professeurs du Collège Édouard-Montpetit, à Longueuil, ont manifesté devant leur établissement pour appuyer la grève des étudiants contre la hausse des droits de scolarité.

Les professeurs brandissaient notamment une grande banderole rouge sur laquelle on pouvait lire : « Ensemble bloquons la hausse ».

Yves de Repentigny, un porte-parole des professeurs, a expliqué leur appui par le fait que la question du droit à l'éducation dépasse le mouvement étudiant. « C'est une question qui concerne l'ensemble des citoyens et citoyennes du Québec », a-t-il déclaré.

Pour Gabrielle Benoît, une étudiante du collège, cet appui est la preuve que la lutte contre la hausse des droits de scolarité ne touche pas uniquement les étudiants.

Près de 150 000 étudiants sont en grève dans l'ensemble du Québec. Lundi, les étudiants du premier cycle de l'Université Concordia à Montréal ont voté pour la grève.

Comité de surveillance

Des étudiants en droit de l'UQAM ont constitué un comité de surveillance des interventions policières. Ces étudiants ont déjà produit un rapport sur l'intervention policière de la semaine dernière.

Ce comité demande aux étudiants de lui transmettre des vidéos et des témoignages afin de recueillir de la preuve qui peut éventuellement servir pour le dépôt de plaintes en matière de déontologie policière.

Ces étudiants veulent se servir de leurs connaissances pour contribuer à la contestation contre la hausse des droits de scolarité.

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