•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Construction : Québec mise sur le bois, une fibre québécoise « noble »

L'Édifice de CSN Fondaction en construction
L'Édifice de CSN Fondaction en construction
Lili Boisvert

Le bois, une matière qui fait partie de « l'ADN des Québécois », selon le gouvernement, doit devenir un noyau dans la construction des bâtiments de la province.

C'est ce qui ressort du rapport visant à favoriser une utilisation accrue du bois dans la construction, présenté par le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, vendredi, à Québec.

Le gouvernement Charest se donne pour objectif de hausser de 20 % à 30 % la proportion de bâtiments non résidentiels - privés et gouvernementaux - construits en bois, d'ici à 2017-2018.

La stratégie qui émerge du rapport vise à faire d'une pierre deux coups. D'une part, elle redynamiserait l'industrie forestière, où la demande de produits traditionnels, comme le papier, est en déclin. Ensuite l'augmentation de l'utilisation du bois en construction contribuerait à l'atteinte des objectifs de développement durable et de réduction d'émissions de gaz à effet de serre du Québec. Le rapport souligne notamment que chaque mètre cube de bois utilisé en remplacement de matériaux plus énergivores évite l'émission d'une tonne de CO2 en moyenne.

« Le modèle d'affaires est tout en train de changer au Québec », a dit le ministre Gignac, qui anticipe que les considérations environnementales continueront de prendre de l'importance au cours des prochaines années.

Le gouvernement compte bien convaincre que cette vocation écologique se concilie parfaitement avec les diktats économiques. Pour chaque mètre cube de bois coupé, argue M. Gignac, « c'est 310 $ de valeur ajoutée de création de richesse par mètre cube », soit davantage que la moyenne canadienne qui s'élève à 180 $ par mètre cube.

Québec entend par ailleurs montrer l'exemple. L'utilisation du bois est un aspect qui devra être mieux considéré, à l'avenir, dans les appels d'offres du gouvernement.

Les normes seront aussi aplanies, promet Québec. « On va tourner toutes les pierres comme le propose le rapport pour être sûr qu'il n'y a pas de contraintes au niveau de la réglementation », a ajouté le ministre des Ressources naturelles.

Le rapport recommande aussi de miser sur la formation des ingénieurs et des architectes pour que ceux-ci soient sensibilisés aux avantages de cet usage. « Les ingénieurs et les architectes doivent être à l'aise de travailler avec ce matériau », a dit le ministre, qui explique qu'aucun cours sur le bois n'est présentement obligatoire dans les universités.

Commandé par le gouvernement, le Rapport du groupe de travail visant à favoriser une utilisation accrue du bois dans la construction a été préparé par un comité d'experts composé de représentant du gouvernement, du monde universitaire et du milieu de la construction. Il a été présenté au bâtiment de Québec de CSN Fondaction, un immeuble de six étages qui est le plus haut édifice du continent doté d'une structure de bois et conçu en vue d'une certification LEED.

L'immeuble en bois de FondactionL'immeuble en bois de Fondaction

Économie