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Syrie : l'ONU se prépare pour une crise humanitaire

Dans les rues d'Idleb, dans le nord du pays.

Dans les rues d'Idleb, dans le nord du pays.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rodrigo Abd

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Nations unies vont constituer des réserves de nourriture suffisantes pour répondre aux besoins de 1,5 million de Syriens, a affirmé John Ging, du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

« Il faudra faire davantage », a cependant prévenu M. Ging au terme d'une réunion de coordination sur l'aide humanitaire internationale pour la Syrie qu'il présidait jeudi à Genève, en Suisse.

La rencontre réunissait des représentants des États membres, des organisations régionales, comme la Ligue arabe et la Commission européenne, des ONG, dont le Comité international de la Croix-Rouge, et des agences de l'ONU comme le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

L'ambassadeur de Syrie auprès de la mission de l'ONU à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui, a dénoncé la tenue de cette rencontre, contraire selon lui à la Charte des Nations unies. « La Syrie ne traverse pas de crise humanitaire », a-t-il affirmé.

La responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, s'est rendue à Homs, mercredi, dans le cadre d'une visite dont l'objectif consiste à obtenir un accès humanitaire « sans entrave » aux populations touchées par les violences.

Elle est brièvement entrée dans le quartier de Baba Amr, assiégé et pilonné par l'artillerie pendant un mois, avant que les forces du régime de Bachar Al-Assad ne le reprennent le 1er mars.

« Les dégâts sont considérables, ce quartier de Homs est complètement détruit et je m'inquiète de savoir ce que sont devenus les gens qui y vivaient. »

— Une citation de  Valerie Amos

Mme Amos a dit avoir vu des quartiers « totalement dévastés » à Homs. Elle n'a cependant pas pu se rendre dans des quartiers tenus par l'opposition armée pour des raisons de sécurité, a précisé sa porte-parole, Amanda Pitt.

Le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, qu'elle avait précédemment rencontré à Damas, lui avait pourtant « confirmé qu'elle pourrait se rendre là où elle voudrait », a souligné Mme Pitt.

De son côté, l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Kofi Annan, a dit craindre « une plus grande militarisation » du conflit qui déchire le pays depuis un an. « La solution réside dans un règlement politique », a-t-il affirmé, à 48 heures de sa visite à Damas.

Près de 12 000 Syriens ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis le début du mouvement de contestation du régime de Bachar Al-Assad en mars 2011, a déclaré jeudi un responsable du ministère turc des Affaires étrangères.

Le nombre de réfugiés s'est accru de façon notable au cours des derniers jours. Les autorités turques estiment que de 150 à 200 Syriens traversent chaque jour la frontière, trois fois plus que la moyenne observée depuis la fin de l'année dernière.

13 morts au cours de la journée

Les violences se sont poursuivies dans le pays, jeudi. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 13 personnes sont mortes. L'organisme rapporte des morts dans la province de Deir Ezzor, à Hama, à Idleb et à Damas.

Les funérailles d'un soldat apparemment tué par ses collègues se sont transformées en manifestation anti-Assad, jeudi, dans le quartier Mezzeh de Damas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les funérailles d'un soldat apparamment tué par ses collègues s'est transformé en manifestation anti-Assad, jeudi, dans le quartier Mezzeh de Damas.

Photo : La Presse canadienne / AP/STR

Selon le Conseil national syrien et l'OSDH, au moins 27 personnes ont été tuées mercredi par l'armée.

La livre syrienne se déprécie considérablement

La monnaie syrienne a considérablement chuté en 24 heures sur le marché noir de Damas, où les Syriens se précipitent pour acheter des dollars, rapportent des changeurs interrogés par Reuters.

Un dollar permet d'acheter de 90 à 100 livres syriennes, alors qu'il permettait de s'en procurer environ 47 il y a un an. Le taux de change officiel est de 57 livres pour un dollar.

La chute de la monnaie nationale s'expliquerait en partie par les plus récentes sanctions adoptées par l'Union européenne contre la Banque centrale syrienne, mais encore davantage par les propos du sénateur américain John McCain, qui s'est exprimé cette semaine en faveur de frappes militaires en Syrie.

Un membre du régime fait défection

Le vice-ministre syrien du Pétrole a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu'il démissionnait de son poste et qu'il rejoignait l'opposition au président Bachar Al-Assad, devenant le plus haut cadre du régime à faire défection depuis le début de la révolte.

« Je dis à ce régime : vous avez infligé une année de chagrin et de tristesse à ceux que vous désignez comme votre peuple, lui refusant la vie et l'humanité minimale et conduisant la Syrie au bord du gouffre », a déclaré Abdo Houssameldine, dans une vidéo publiée par des opposants sur YouTube. M. Houssameldine a servi le gouvernement pendant 33 ans.

Dans une vidéo publiée sur YouTube, vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Houssameldine, annonce sa démission.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans une vidéo publiée sur YouTube, vice-ministre syrien du Pétrole, Abdo Houssameldine, annonce sa démission.

Photo : AFP / YouTube

Le Conseil national syrien, qui regroupe les principaux groupes de l'opposition, a salué la décision du vice-ministre de quitter le régime. Le chef du CNS, Burhan Ghalioun, s'est dit convaincu que « d'autres membres du gouvernement et politiciens feront de même ».

De son côté, le département d'État américain a estimé jeudi que la défection de M. Hussameddine constituerait une « très bonne nouvelle » si elle était confirmée.

Abdo Houssameldine s'en prend également à la Chine et à la Russie, qu'il accuse d'être « des partenaires des assassinats » de Syriens, faisant référence à leur opposition systématique à tout projet de résolution de l'ONU condamnant le régime de Bachar Al-Assad.

L'émissaire chinois en Syrie a quant à lui exhorté jeudi non seulement le gouvernement syrien, mais aussi l'opposition, à mettre fin aux violences. Il a également demandé au régime de Damas de collaborer avec les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour permettre l'envoi de l'aide humanitaire dans les zones touchées par les combats.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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