•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une manifestation étudiante tourne à l'affrontement

Une manifestation étudiante tourne à l'affrontement le 7 mars 2012 au centre-ville de Montréal.

Une manifestation étudiante tourne à l'affrontement le 7 mars 2012 au centre-ville de Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Marie-Esperance Cerda

Radio-Canada

Une manifestation étudiante contre la hausse des droits de scolarité a tourné à l'affrontement entre policiers et étudiants, mercredi après-midi, au centre-ville de Montréal.

Quelques centaines d'étudiants ont investi en début d'après-midi les bureaux de Loto-Québec, à l'angle des rues Sherbrooke Ouest et Aylmer, où se trouvent également les bureaux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ). Ils ont refusé de quitter les lieux malgré l'injonction des policiers. Ceux-ci sont ensuite intervenus afin de les expulser de force.

Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et de nombreuses bombes sonores pour soutenir leur opération. Au moins cinq personnes ont été arrêtées et quatre autres ont été blessées.

Deux personnes ont été incommodées par les gaz lacrymogènes, et deux autres, un étudiant et un policier, ont subi des blessures et ont été transportés à l'hôpital.

Selon les associations étudiantes, un cégépien aurait grièvement été blessé après avoir reçu une grenade assourdissante à la tête et pourrait perdre l'usage de son oeil. De son côté, le SPVM tente toujours d'éclaircir les circonstances de l'incident, mais confirme qu'un étudiant a été hospitalisé pour une telle blessure.

Vers 21 h, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés calmement au parc Émilie-Gamelin pour faire une vigile, notamment en soutien à cet étudiant blessé. Certains d'entre eux ont ensuite déambulé devant le quartier général du SPVM sur Saint-Urbain pour dénoncer la brutalité policière ayant eu cours en après-midi.

Selon nos informations, certains ont tenté de défoncer, sans succès, l'entrée principale du QG du SPVM. Des dizaines de policiers ont réussi à repousser les manifestants, qui se sont ensuite dirigés vers un autre poste de police à proximité.

Vers 22 h, près de 200 manifestants occupaient toujours la rue Sainte-Catherine, selon le SPVM, avant de se disperser en petits groupes et de prendre différentes directions.

Quelques poubelles de même que des cônes ont été renversés dans les rues. Des bouteilles ont été lancées, des vitres de voiture ont été fracassées et le SPVM a procédé à deux nouvelles arrestations. En fin de soirée, une quarantaine d'étudiants s'apprêtaient à camper au parc Émilie-Gamelin.

Les manifestants s'en prennent au quartier général du SPVM, rue Saint-Urbain.

Les manifestants s'en prennent au quartier général du SPVM, rue Saint-Urbain.

Des revendications

Selon l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, la CREPUQ fait la promotion de la hausse des droits de scolarité.

Les étudiants avaient érigé en après-midi des barrières métalliques d'environ 2 mètres, semblables à celles que l'on retrouve parfois autour des chantiers de construction. C'est d'ailleurs l'érection de ces clôtures en pleine rue Sherbrooke qui a mené les policiers à intervenir.

Après les événements devant l'édifice Loto-Québec, des manifestants se sont déplacés en direction du pont Jacques-Cartier, avant de revenir pour marcher sur le boulevard René-Lévesque vers l'ouest, bloquant la voie.

Gabriel Nadeau-Dubois, de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante, estime que les policiers ont utilisé « une force disproportionnée » au cours de l'intervention. Leur nombre était par ailleurs imposant, selon la journaliste de Radio-Canada sur place.

M. Nadeau-Dubois juge que la manifestation était légitime, parce qu'il s'agit, selon lui, du seul moyen pour les étudiants de faire entendre leur voix. La CLASSE dit toutefois ne pas avoir orchestré les nouvelles actions entreprises en soirée.

Les étudiants ne peuvent pas aller passer une fin de semaine à Sagard pour faire valoir leur point de vue, ils ne peuvent pas engager des lobbyistes à temps plein!

Gabriel Nadeau-Dubois, de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante
Des policiers procèdent à une arrestation.

Des policiers procèdent à une arrestation.

Les étudiants ont scandé plus tôt qu'ils voulaient que la manifestation demeure pacifique.

Les manifestants étaient dispersés sur plusieurs pâtés de maison, ce qui a semblé compliquer la tâche des policiers.

Le SPVM indique que l'intervention musclée a été effectuée parce que le tracé de la manifestation n'avait pas été rendu public à l'avance.

Les différentes associations étudiantes ont promis des actions d'éclat dans les jours à venir. Celle de mercredi était pilotée par les associations étudiantes en sciences politiques et en droit de l'UQAM.

Charest intransigeant

Plus tôt mercredi, le premier ministre Jean Charest avait réitéré l'intention de son gouvernement d'aller de l'avant avec l'augmentation des droits de scolarité de 325 $ par année pendant cinq ans.

Le premier ministre québécois affirme que les contribuables continueront d'assumer la majorité des coûts de l'éducation post-secondaire, mais que les étudiants doivent aussi y contribuer.

M. Charest a fait aussi valoir que les bourses des étudiants seront majorées d'un montant équivalent à la hausse des droits de scolarité.

Quelque 126 000 étudiants sont maintenant en grève au Québec.

Alors que des étudiants en grève manifestaient à Montréal contre la hausse des droits de scolarité, le comédien Claude Legault a réagi à une polémique qu'ont provoquée ses propos plus tôt cette semaine dans les médias.

Il a dit regretter avoir déclaré que les étudiants qui contestent l'augmentation des droits de scolarité pouvaient utiliser la violence et renverser des voitures pour faire reculer le gouvernement Charest. Le comédien affirme que ses paroles ont dépassé sa pensée.

Les manifestants avaient érigé une clôture rue Sherbrooke.

Les manifestants avaient érigé une clôture rue Sherbrooke.

Les manifestants devant les bureau de Loto-Québec, rue Sherbrooke

Les manifestants devant les bureau de Loto-Québec, rue Sherbrooke

Les étudiants marchent sur René-Lévesque.

Les étudiants marchent sur René-Lévesque.

Avec les informations de La Presse canadienne

Société