•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Syrie : l'ONU dans Homs « dévastée »

Le quartier Inshaat de Homs a été lourdemment endommagé par le pilonnage de l'armée syrienne, qui a commencé au début du mois de février.

Le quartier Inshaat de Homs a été lourdemment endommagé par le pilonnage de l'armée syrienne, qui a commencé au début du mois de février.

Photo : AFP / HO

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des quartiers entiers de la ville syrienne de Homs sont « dévastés », a constaté la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, arrivée mercredi en Syrie.

Valérie Amos et une équipe du Croissant-Rouge syrien (CRAS) ont pu entrer un court instant dans le quartier de Baba Amr, assiégé et pilonné par l'artillerie pendant un mois avant que les forces gouvernementales ne le reprennent le 1er mars.

La responsable de l'ONU a tenté de rejoindre des quartiers aux mains de l'Armée syrienne libre (ASL), mais « n'a pas été en mesure de le faire » pour des raisons de sécurité, d'après sa porte-parole Amanda Pitt. Cette dernière a souligné que Damas lui avait pourtant « confirmé qu'elle pourrait se rendre là où elle voudrait », Valérie Vamos ayant souhaité accéder « sans entrave » aux populations touchées par les violences.

Pendant près d'une heure, Mme Vamos et ceux qui l'accompagnaient « ont entendu des coups de feu ». « Les parties [de la ville] qu'ils ont vues étaient totalement dévastées », a expliqué Mme Pitt. L'équipe du CRAS a relevé que « la plupart des habitants de Baba Amr avaient quitté le quartier, vers des régions où le CICR peut leur distribuer de l'aide ».

Selon l'ONG Human Rights Watch, les bombardements ce quartier rebelle ont fait quelque 700 morts et des milliers de blessés.

Une équipe conjointe CICR/Croissant-Rouge syrien a distribué mercredi de la nourriture, des couvertures et une aide médicale à des familles ayant fui le quartier de Baba Amr. Un total de 350 familles, composées en moyenne de 6 personnes, auraient été aidées de la sorte au cours des deux derniers jours.

Le CICR attendait depuis vendredi le feu vert du régime du président Bachar Al-Assad pour entrer dans ce quartier, privé d'eau, d'électricité et de médicaments depuis plusieurs semaines déjà, selon les mouvements d'opposition.

Valerie Amos est arrivée mercredi en Syrie pour une visite de trois jours. Elle entend convaincre le régime de donner aux travailleurs humanitaires un accès sans réserve aux populations civiles.

Avant de se rendre à Homs, Mme Amos s'était entretenue à Damas avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem. Ce dernier lui aurait assuré que le gouvernement tentait d'apporter nourriture et assistance médicale aux citoyens, malgré les « sanctions injustes imposées par quelques pays occidentaux et arabes et qui affectent la population ».

Valerie Amos a été reçue par le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Valerie Amos a été reçue par le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem.

Photo : AFP / STR

La Russie accuse la Libye d'entraîner des rebelles syriens

L'ambassadeur russe à l'ONU a accusé mercredi le gouvernement libyen d'abriter un camp d'entraînement pour des rebelles syriens qui ont mené des actions contre le régime de Damas.

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles il existe en Libye, avec le plein soutien des autorités, un centre d'entraînement spécial pour des rebelles syriens; ces personnes sont ensuite envoyées en Syrie pour attaquer le gouvernement en place », a lancé Vitali Tchourkine lors d'une réunion du Conseil de sécurité dédiée à la Libye.

Offensive à venir dans la province d'Idleb

Selon le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe plusieurs courants de l'opposition, 42 chars et 131 véhicules de transport de troupes ont récemment quitté la ville de Lattaquié en direction de Saraqeb, dans la province d'Idleb, dans le nord du pays.

Le CNS appelle « la communauté internationale, la Ligue arabe et les organisations internationales à agir de manière urgente à tous les niveaux afin d'éviter la réédition du massacre de Baba Amr, où des centaines de martyrs sont tombés ».

Le CNS et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) soutiennent qu'au moins 19 personnes ont été tuées mercredi par l'armée en Syrie, dont près de la moitié dans la province d'Idleb. Un enfant a également été abattu dans le quartier de Khalidiyé, à Homs, et un autre Syrien a perdu la vie dans la province d'Alep.

Le Conseil national syrien a aussi fait état de la mort de « plusieurs martyrs » lors d'un bombardement à Maaret Al-Noomann, une petite ville de la province d'Idleb.

L'OSDH rapporte pour sa part que sept personnes ont également été blessées par des tirs « lors d'un raid et d'une campagne d'arrestations menées par les forces régulières dans la localité de Kfar Nobol », dans la province d'Idleb.

Le communiqué appelle les « révolutionnaires » à Damas, Alep et Hama « à prendre toutes les initiatives nécessaires pour alléger la pression » sur Idleb.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, a indiqué mercredi que près de 8500 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie depuis le début de la révolte contre le régime il y a un an.

L'agitation diplomatique se poursuit

Alors que de plus en plus militants demandent à tout le moins la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, le président américain Barack Obama a écarté l'option « de lancer, comme certains l'ont suggéré, une action militaire unilatérale ou de croire qu'existe une solution simple ». « Ce qui se passe en Syrie est bouleversant et scandaleux », a-t-il estimé.

Les États-Unis pourraient cependant prodiguer une aide non militaire aux opposants, comme des moyens de communication, a indiqué mercredi le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta.

De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammed Amr, a mis en garde les pays qui se montraient favorables à l'armement de l'opposition et de l'Armée syrienne libre (ASL), qui regroupe les soldats déserteurs. Cela « mènerait à une escalade dans le conflit militaire et déclencherait une guerre civile en Syrie », a-t-il déclaré par voie de communiqué.

Le président tunisien Moncef Marzouki a pour sa part répété sa proposition d'accorder l'asile au président Bachar Al-Assad afin « d'arrêter les massacres » en Syrie.

Un émissaire chinois s'est aussi rendu à Damas mercredi afin de faire valoir les propositions de Pékin pour résoudre la crise syrienne. « La Chine déploie des efforts diplomatiques pour parvenir à une solution politique à la crise syrienne », a déclaré l'ancien ambassadeur de Chine à Damas, l'émissaire Li Huaxin.

Nouveaux pourparlers sur la Syrie à l'ONU

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU ont entamé mardi des discussions à huis clos sur un nouveau projet de résolution présenté par Washington, qui prévoit l'arrêt des violences et un accès sans entrave des agences humanitaires aux zones les plus touchées.

Il condamne également « les atteintes nombreuses, systématiques et flagrantes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales de la part des autorités syriennes, et demande au gouvernement syrien d'y mettre un terme immédiat », selon une copie du texte consulté par l'agence Reuters.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !