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Un deuxième général de l'armée syrienne fait défection

Cette photo fournie par l'agence SANA montre l'ampleur des detsructions dans le quartier Baba Amr de Homs.

Cette photo fournie par l'agence SANA montre l'ampleur des detsructions dans le quartier Baba Amr de Homs.

Photo : AFP

Radio-Canada

Un deuxième général de l'armée syrienne a annoncé mardi dans une vidéo diffusée sur YouTube qu'il se joint à la lutte de l'Armée syrienne libre (ASL) contre le régime du président Bachar Al-Assad.

Le général syrien Adnan Kassem Farzat explique qu'il entend ainsi dénoncer le bombardement par les forces gouvernementales de sa ville d'origine, Rastane, dans la province de Homs.

« De tels bombardements sont contraires aux valeurs de l'armée syrienne », a déclaré M. Farzat, qui devient le deuxième général de brigade syrien à rallier l'insurrection après Moustafa Cheikh.

Rastane, située le long de l'autoroute reliant Damas au nord du pays, se targue d'être une ville « libre ». Considérée comme un bastion de l'ASL, elle est régulièrement bombardée depuis le 5 février.

« Ce qui se passe à Rastane est identique à ce qui s'est passé à Baba Amr : blocus, tirs d'artillerie et au lance-roquettes », a indiqué un militant de la Commission générale de la révolution syrienne, Hadi Abdallah. « Les combattants de l'ASL sont encore à Rastane, ils ne céderont pas facilement, car personne ne veut d'un deuxième Baba Amr ».

Violents combats dans la province de Deraa

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 12 personnes ont été tuées dans le pays mardi. Trois civils ont notamment été tués dans la région d'Idlib et deux autres ont été abattus par des tireurs embusqués à Homs.

Les affrontements les plus mortels se déroulent cependant à Hirak, dans la province de Deraa, où d'importantes forces militaires comprenant des chars et des véhicules de transport de troupes blindés ont pris position et bombardent la ville, selon l'OSDH.

L'organisme basé à Londres cite des habitants selon lesquels une fillette a été abattue à Hirak et un homme est mort dans un village voisin lorsque sa maison a été touchée par une roquette de l'armée. Cinq soldats ont aussi été tués par des membres de l'ASL, selon les mêmes sources.

Les Comités locaux de coordination (CLC), qui organisent la contestation sur le terrain, dénoncent un pilonnage à l'artillerie lourde visant maisons et mosquées, de même qu'une campagne de perquisition au cours de laquelle « les troupes ont brûlé des maisons, volé des biens et mené des arrestations arbitraires ».

Les CLC affirment également que « des chars et des véhicules de transport de troupes assiègent la localité de Tibet Al-Imam dans la province de Hama ».

Le quartier Baba Amr de Homs demeure inaccessible

Entre-temps, la Croix-Rouge a pu commencer à distribuer des vivres et des couvertures à la population de certains secteurs de la ville de Homs, mais se voit toujours refuser l'accès au quartier de Baba Amr, repris la semaine dernière par les forces du président Bachar Al-Assad.

Le régime de Damas tente toutefois d'empêcher les Syriens de quitter le pays et a bombardé mardi la principale route par laquelle « ont été exfiltrés Édith Bouvier et tous les blessés » qui tentent de fuir au Liban, ont fait savoir le militant Hadi Abdallah et le chef de l'OSDH.

Le pont al-Adra, situé à trois kilomètres du Liban, dans la municipalité de Rableh, a été détruit.

Le pont al-Adra, situé à trois kilomètres du Liban, dans la municipalité de Rableh, a été détruit.

Photo : AFP

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 1500 personnes ont passé la frontière du Liban au cours des deux derniers jours, portant à près de 8000 le nombre de Syriens se trouvant actuellement sur le territoire libanais.

Les habitants de Homs qui ont réussi à fuir au Liban racontent avoir vécu en permanence dans la puanteur des corps décomposés et la poussière des immeubles détruits.

« Partout, ça sentait la mort. On sentait sans arrêt l'odeur des corps ensevelis sous les décombres », a raconté un dénommé Ahmed à Reuters. « Les corps décomposés s'entassaient dans les rues et on ne pouvait pas les enterrer. »

« Les soldats nettoient le quartier, pillent les maisons, arrêtent les gens et en exécutent certains », renchérit Omar, qui s'est enfui au lendemain de l'entrée de l'armée à Baba Amr.

« Ils disent avoir une liste de 1500 hommes à capturer [...] Ils tirent sur tout ce qui bouge, même sur les animaux. Il y a des corps partout dans les rues, certains portent des traces de torture », ajoute-t-il.

Torture de patients?

Lundi, la chaîne de télévision britannique Channel 4 a diffusé des images qui auraient été tournées en caméra cachée dans un hôpital militaire de Homs et qui laissent croire qu'on y torture des patients.

On peut notamment y voir des hommes portant des bandages, allongés sur des lits d'hôpital, auxquels ils sont attachés par des chaînes aux chevilles. Un fouet et un câble électrique sont posés sur une table à côté.

La chaîne de télévision britannique indique que les images ont été tournées ces trois derniers mois par un membre du personnel médical, dans l'hôpital militaire de Homs. Ce dernier aurait remis les images à un journaliste français.

« J'ai vu des détenus se faire torturer en se faisant électrocuter, fouetter, battre à coups de bâtons, se faire casser les jambes », affirme dans la vidéo l'employé de l'hôpital.

Ces informations, comme toutes celles concernant les morts enregistrées dans le pays, ne peuvent être vérifiées de source indépendante, les journalistes étrangers n'étant pas autorisés à entrer dans le pays.

Les Nations unies disent cependant disposer de vidéos qui montrent des exactions similaires à celles rapportées dans l'hôpital militaire de Homs, et des témoignages corroborant de tels actes.

Assad déterminé, Moscou inébranlable

Le président Al-Assad a déclaré mardi qu'il est déterminé à mener les réformes et à combattre le terrorisme dans son pays, selon des propos rapportés par l'agence officielle SANA.

« Le peuple syrien qui a fait échouer dans le passé les complots étrangers [...] a prouvé de nouveau sa capacité à défendre sa patrie et à construire une nouvelle Syrie à travers sa détermination à poursuivre les réformes parallèlement à la lutte contre le terrorisme soutenu par l'étranger », a-t-il affirmé.

La Russie, principal allié du régime syrien, a de son côté fait savoir que les Occidentaux ne devaient pas s'attendre à ce que Moscou modifie sa position dans le dossier après la présidentielle remportée par Vladimir Poutine.

« Nous aimerions appeler nos partenaires américains et européens à ne pas prendre leurs désirs pour des réalités. La position russe sur le règlement du conflit en Syrie n'a jamais dépendu d'événements conjoncturels et ne se forme pas en fonction de cycles électoraux, contrairement à certains de nos collègues occidentaux », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

« Le règlement du conflit ne peut se faire que dans le cadre d'un dialogue entre toutes les parties, à travers lequel les Syriens - et seulement eux - prendront les décisions concernant l'avenir de leur État », a souligné le ministère russe.

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