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Appels trompeurs : RackNine poursuit en diffamation Pat Martin et le NPD

Le député néo-démocrate Pat Martin (archives)

Le député néo-démocrate Pat Martin (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'entreprise RackNine, au coeur de l'affaire des appels trompeurs effectués lors des dernières élections fédérales, poursuit le député néo-démocrate Pat Martin et son parti pour avoir tenu des propos diffamatoires envers la compagnie.

Le centre d'appels privé d'Edmonton accuse Pat Martin et le Nouveau Parti démocratique d'avoir fait des déclarations portant préjudice à l'entreprise et à son propriétaire dans une série d'entrevues données à plusieurs médias du pays et dans des textes parus sur le site Internet du parti, entre le 23 et le 25 février.

L'entreprise reproche aussi à M. Martin et au NPD d'avoir refusé de se rétracter et de présenter des excuses à la compagnie dans les jours qui ont suivi les déclarations.

Dans le document déposé vendredi à la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta, la compagnie reproche par exemple à Pat Martin d'avoir déclaré, lors d'une conférence de presse le 23 février : « Je prédis que RackNine deviendra le Groupaction du Parti conservateur et que nous verrons que l'ampleur et l'audace des voyous de RackNine auront de quoi faire rougir Richard Nixon », en faisant référence à la fois à une entreprise impliquée dans le scandale des commandites au Parti libéral et à l'affaire du Watergate, aux États-Unis.

La poursuite dresse la liste d'autres occasions où M. Martin évoque des tactiques de « punks » des conservateurs et de la compagnie en faisant référence aux appels automatisés envoyés aux électeurs.

Le document cite aussi le député qui affirme que l'organisateur conservateur de Guelph, une des circonscriptions visées dans l'affaire, a appelé en personne Matt Meier, le propriétaire de RackNine, le jour du vote.

RackNine réclame 5 millions de dollars en dommages, en plus de dommages punitifs à être déterminés par la Cour.

Rappelons que le député de Winnipeg-Centre n'en est pas à ses premiers déboires pour avoir tenu des propos controversés. En novembre, il avait publié des mots grossiers sur son compte Twitter, en réponse à la clôture du débat sur le budget fédéral par les conservateurs. Puis, début février, il avait lancé une insulte au sénateur Pierre-Hugues Boisvenu. Ces gestes lui avaient été reprochés à Ottawa et dans les médias.

Affaire des appels trompeurs

Des électeurs de nombreuses circonscriptions ont signalé avoir reçu lors du scrutin de 2011 des appels leur indiquant un changement de bureau de vote, alors que cela n'était pas le cas. D'autres ont indiqué avoir reçu des appels partisans à répétition ou à des heures inappropriées.

Interrogé vendredi soir au sujet de la poursuite de RackNine, le député néo-démocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, a refusé de commenter l'affaire. « Vous comprendrez que si on est rendu dans une procédure judiciaire, je ne me prononcerai pas directement sur cet élément », a-t-il dit en entrevue à RDI.

M. Aubin a tenu toutefois à rappeler l'ampleur des révélations des derniers jours concernant les appels trompeurs.

« Il n'y avait pas juste RackNine. On a découvert RMG [Responsive Marketing Group] après. Où est-ce que ça va s'arrêter? Combien de firmes sont parties prenantes à ce stratagème? Ça fait partie de l'enquête qu'on doit continuer à développer. On en découvre un peu plus chaque jour. C'est inquiétant, et c'est du jamais vu au Canada », a-t-il dit.

Selon la CBC, des enquêteurs d'Élections Canada se rendront la semaine prochaine au centre d'appel de Responsive Marketing Group de Thunder Bay pour y interroger plusieurs employés en lien avec les plaintes déposées dans la circonscription de Guelph.

Vendredi, Élections Canada a annoncé qu'il enquêtera sur les appels trompeurs robotisés lors de la dernière campagne électorale fédérale, confirmant les informations qui circulaient à ce sujet depuis quelques jours dans les médias.

Son porte-parole John Enright n'a pas précisé si l'enquête s'étendra au-delà de la circonscription de Guelph, où l'agence fédérale a commencé ses investigations dans les jours suivant l'élection.

Il a cependant précisé avoir reçu pas moins de 31 000 signalements de citoyens disant avoir été victimes de ces appels automatisés annonçant faussement, au nom d'Élections Canada, que leur bureau de scrutin avait changé de lieu. Ces appels pourraient avoir empêché de nombreux électeurs de voter.

Requête de Matthew Meier et RackNine contre Pat Martin et le NPD (Nouvelle fenêtre)

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