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Assemblée nationale (archives)

Assemblée nationale (archives)

Photo : La Presse canadienne

Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Survol des attentes exprimées par l'opposition à Québec et par certains groupes de pression en vue du dépôt du budget du ministre Raymond Bachand, le 20 mars 2012.

L'opposition

Du prochain budget Bachand, le Parti québécois espère voir « les vrais chiffres » sur le plan du retour à l'équilibre des finances publiques.

Se basant sur le dernier rapport du vérificateur général par intérim du Québec, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, estime que le gouvernement contrôle mal ses dépenses et sa dette.

Le PQ critique l'approche du ministre Raymond Bachand, voulant que le contribuable paie sa « juste part » des services publics, estimant que cela conduit à des « injustices ».

Le parti souverainiste demande l'abolition de la contribution santé, qui doit passer à 200 $ par année en 2012. Pour compenser la perte de revenus qui en découlerait, il fait certaines demandes précises : des impôts plus élevés pour ceux qui gagnent plus de 130 000 $ par année; une baisse du crédit d'impôt sur les dividendes; une plus forte taxation des gains de capital; l'élimination de la hausse des droits de scolarité jusqu'à la mise en place d'un sommet sur le sujet; la modification de la taxation sur les entreprises du secteur minier.

Québec solidaire souhaite l'abolition des « taxes et tarifs discriminatoires », en particulier de la contribution santé et de la hausse des droits de scolarité.

Il voudrait aussi voir des revenus qui proviendraient de deux sources : des seuils d'impôt additionnels pour les contribuables à revenus élevés et un accroissement des redevances minières et de celles sur l'eau utilisée par les grandes entreprises.

Troisièmement, explique la présidente et porte-parole du parti, Françoise David, « on souhaite que M. Charest cesse de mettre autant d'argent dans le Plan Nord et en mette dans un Plan Sud qui serait fondé avant tout sur de l'aide aux petites entreprises et aux entreprises d'économie sociale qui créent de l'emploi dans toutes les régions, que ce soit dans les services aux personnes, dans la restauration, dans le domaine culturel, les Centres de la petite enfance, les coopératives, les organismes sans but lucratif, etc. »

De son côté, la Coalition avenir Québec estime que le gouvernement devrait utiliser la totalité des 700 millions de dollars de redevances sur les ressources naturelles non renouvelables pour le remboursement de la dette.

Le chef de la CAQ, François Legault, réclame un plan de développement économique pour toutes les régions du Québec ainsi que des investissements dans les groupes de médecine familiale et les écoles.

Reprenant l'un de ses thèmes favoris, M. Legault estime que le gouvernement devrait profiter du budget pour réduire les structures bureaucratiques, en ciblant les commissions scolaires, les agences de santé et de services sociaux, les coûts des médicaments et Hydro-Québec.

Éducation

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) souhaitent que le gouvernement gèle la hausse prévue des droits de scolarité.

La FEUQ réclame que Québec s'engage à faire de l'accessibilité aux études une priorité, et propose notamment d'ajouter un quatrième palier d'imposition, indique la présidente de la fédération, Martine Desjardins. La CLASSE souhaite plus largement un « changement de cap » du gouvernement, ce qui inclurait entre autres l'abandon de la taxe santé et de la privatisation des services publics, précise le co-porte-parole du regroupement, Gabriel Nadeau-Dubois.

Lors des consultations prébudgétaires, la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) a résumé ses demandes par trois grandes recommandations :

  • maintenir le cap sur le refinancement des universités;
  • accroître les ressources pour attirer les étudiants étrangers;
  • assurer le financement de l'équité salariale dans les universités.

Plus précisément, le porte-parole des 18 établissements universitaires du Québec voudrait une « enveloppe récurrente significative » pour recruter et intégrer des étudiants étrangers. Au chapitre de l'équité salariale, « le prochain budget devrait prévoir les ressources financières nécessaires afin que les universités soient justement compensées ».

Logement

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) demande que le gouvernement respecte son engagement électoral de 2008 sur le financement d'un minimum de 3000 logements sociaux par année, dans le cadre du programme AccèsLogis. Le FRAPRU réclame également une bonification des programmes existants pour que des logements sociaux soient construits partout au Québec, particulièrement dans les régions éloignées où les coûts de construction sont très élevés, ajoute le coordonnateur de l'organisme, François Saillant.

Municipalités

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) s'attend à ce que le gouvernement s'engage à prévoir des mesures pour aider les communautés aux prises avec d'importantes pertes d'emploi dans le secteur forestier, et à ce qu'il investisse davantage dans les réseaux routiers locaux des municipalités. L'organisme, qui représente 1000 municipalités et MRC, souhaite que ses membres puissent percevoir des redevances sur les ressources naturelles, redevances que ceux-ci aimeraient voir augmenter.

L'organisme demande en outre un fonds de 10 millions de dollars pour des projets de développement énergétique, ainsi qu'une aide pour les habitations communautaires en milieu rural. Selon son porte-parole Dany Rousseau, la FQM se préoccupe de l'équilibre budgétaire visé par le gouvernement, puisqu'elle juge que ses responsabilités, notamment en termes de traitement des matières résiduelles, ne cessent d'augmenter.

Montréal

Si elle détenait les cordons de la bourse, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) s'emploierait à maintenir l'objectif d'arriver à l'équilibre budgétaire en 2013-2014 « qui doit se faire par une compression des dépenses du gouvernement et non par une augmentation du fardeau fiscal, par des tarifs ou des impôts, que ce soit pour le contribuable ou les entreprises », explique le président et directeur général de la CCMM, Michel Leblanc. Ceci pour maintenir la cote de crédit du gouvernement et pouvoir lui permettre d'affronter la situation s'il y a d'autres ralentissements économiques.

La Chambre souhaite aussi que soient maintenus les grands projets de transports comme l'échangeur Turcot et celui des mégahôpitaux, et de les réaliser dans les délais et budgets prévus.

Troisième priorité, travailler sur les ressources humaines. Notamment en renforçant l'intégration des immigrants dans des emplois qui reflètent leur formation et en augmentant leur nombre, « parce qu'il y a une crainte de manquer de travailleurs qualifiés dans les prochaines années. Ceci pour remplacer les départs et accompagner la croissance économique », ajoute Michel Leblanc.

Arts et culture

L'organisme Culture Montréal réclame des « allocations adéquates au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), ainsi qu'au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCFQ) et aux programmes de soutien à la création, à la production, à la diffusion et à la formation en arts ».

Il demande aussi un soutien financier pour mettre en place une stratégie culturelle adaptée au contexte numérique, recommandée dans des rapports du CALQ (Nouvelle fenêtre) et de la SODEC, a indiqué la directrice des communications de Culture Montréal, Sandra O'Connor, dans un courriel.

L'organisme voudrait en outre que Québec investisse dans des programmes visant à stimuler la fréquentation des événements artistiques dans les communautés culturelles et dans le réseau scolaire. Culture Montréal souhaite également que des mesures gouvernementales favorisent la survie et le développement des ateliers collectifs d'artistes et des lieux de production culturelle à Montréal.

Agriculture

De son côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) réitère qu'elle a besoin du soutien de l'État, notamment pour le financement des programmes agricoles et pour les sommes consacrées à la promotion des aliments du Québec. L'UPA réclame en outre au gouvernement qu'il accélère le rythme de livraison du programme sensé venir en aide aux producteurs qui souffrent des mesures de resserrement du programme d'assurance-stabilisation des revenus agricoles introduites en 2009 et que l'union voudrait voir abolies. L'UPA souhaite également la création d'un « Plan agricole » qui permettrait entre autres de mieux partager les risques entre l'industrie et l'État au moyen de programmes de soutien.

Entreprises

Reconnaître la « priorité manufacturière » doit être au coeur des engagements du gouvernement, selon les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ). Le gouvernement doit repenser le modèle économique actuel, dans lequel l'industrie manufacturière a une part de moins en moins grande du PIB, souligne la directrice, recherche et relations gouvernementales de MEQ, Audrey Azoulay. Pour arriver à cette fin, le budget doit assurer la compétitivité fiscale des entreprises et augmenter la croissance économique.

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