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Frappe de l'UPAC : le maire de Saint-Constant dit qu'il n'a rien à se reprocher

Le maire de Saint-Constant, Gilles Pepin

Le maire de Saint-Constant, Gilles Pepin

Radio-Canada

Le maire de Saint-Constant, Gilles Pepin, assure qu'il n'a rien à se reprocher, malgré le fait qu'il a été directement visé par une série de perquisitions menées mercredi par des enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et de l'escouade Marteau de la Sûreté du Québec.

« Quand tu n'as rien à te reprocher, tu n'as rien à te reprocher. Moi je marche la tête haute, et je vais toujours marcher la tête haute. [...] Parce que je fais mon travail. Je travaille pour les citoyens et j'ai à coeur la ville de Saint-Constant », affirme le maire de la municipalité de 25 000 habitants.

L'UPAC et l'escouade Marteau n'ont pas procédé à des arrestations mercredi. Ils se sont contentés de rechercher des preuves. Les perquisitions menées à cet effet ont notamment eu lieu :

  • à l'hôtel de ville de Saint-Constant;
  • au bâtiment des travaux publics de la Ville;
  • à la résidence de Gilles Pepin;
  • à la résidence de son fils, Danny Pepin;
  • dans un commerce appartenant à Gilles et à Danny Pepin;
  • dans une entreprise de construction de la région.

Danny Pepin agit aussi à titre d'agent électoral officiel de son père.

L'UPAC enquête sur l'administration du maire Pepin depuis plusieurs semaines. Elle se penche entre autres sur des allégations de financement électoral illégal, une infraction pour laquelle le maire Pepin a déjà été condamné dans le passé.

En 2007, le maire Pepin et cinq de ses conseillers avaient été destitués par les tribunaux pour des dépenses électorales illégales. La Cour supérieure avait annulé l'élection parce que l'équipe de Gilles Pepin avait dépassé de 40 % le maximum permis pour les dépenses électorales.

Le maire Pepin a depuis été réélu lors d'une partielle en 2008, puis de nouveau en 2009. Les campagnes ne se sont cependant pas déroulées au goût du Directeur général des élections (DGE), qui a envoyé deux constats d'infraction au maire Pepin et deux autres à son fils, pour des violations alléguées à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités. Les deux hommes ont plaidé non coupables.

Le DGE accuse le maire Pepin d'avoir recueilli une contribution électorale de 400 $ alors qu'il n'était pas autorisé à le faire et d'avoir aidé un citoyen à faire sciemment une contribution de 1000 $ autrement que sur ses propres biens.

Le premier dossier a fait l'objet d'un procès le 10 novembre dernier; le second sera entendu en septembre prochain. Le maire est passible d'amendes de 500 $ pour chacune de ces infractions.

Danny Pepin est accusé d'avoir transmis un rapport de dépenses électorales incomplet en juillet 2008 et d'avoir transmis un rapport financier contenant un renseignement erroné en mars 2009. Le procès dans le premier dossier a eu lieu le 8 décembre dernier; la seconde affaire sera entendue en novembre prochain. Danny Pepin est passible d'amendes de 1000 $ pour chacune de ses infractions.

En décembre, La Presse avait en outre révélé que deux conseillers municipaux, une ex-députée et plusieurs anciens militants ont porté plainte au DGE contre le parti du maire Pepin. Ils l'accusent d'avoir inventé de fausses activités de financement camouflant des entrées d'argent occultes.

François Corriveau, membre d'un comité de vigilance qui dénonce les agissements de l'administration municipale, se réjouit des perquisitions effectuées mercredi « C'était le temps qu'il y ait des gens quelque part qui mettent leurs culottes et qu'ils perquisitionnent chez des gens qui sont soupçonnés de collusion ou autre chose. Ça fait longtemps qu'on attend ça à Saint-Constant », dit-il.

Des policiers à l'entrée de la mairie

Des policiers à l'entrée de la mairie

Ironiquement, la Ville de Saint-Constant avait annoncé par voie de communiqué mardi qu'elle avait reçu avec satisfaction le rapport du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire concernant la vérification du processus suivi pour l'attribution des contrats. La vérification portait sur 57 dossiers s'échelonnant sur une période de près d'un an et demi.

Le maire Pepin se félicitait que le ministère ait conclu que « la Ville de Saint-Constant, à tous les égards importants, a généralement respecté les dispositions législatives prévues par la Loi sur les cités et villes et les dispositions réglementaires en découlant ».

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