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Un répit pour l'industrie des sables bitumineux en Europe

Site d'exploitation de sables bitumineux à Fort McMurray, en Alberta.

Site d'exploitation de sables bitumineux à Fort McMurray, en Alberta.

Photo : iStock / AP/Jeff McIntosh

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ottawa se réjouit qu'un comité d'experts de la Commission européenne ait refusé d'approuver un amendement à la Directive sur la qualité des carburants qui aurait été nuisible pour le pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta.

« Nous sommes heureux de constater que de nombreux pays membres de l'Union européenne sont opposés à cette mesure discriminatoire », a dit le ministre canadien des Ressources naturelles Joe Oliver.

« Nous ne sommes pas opposés au but de la Directive sur la qualité des carburants, mais nous ne pouvons absolument pas accepter que le brut canadien tiré des sables bitumineux fasse l'objet d'une discrimination injuste, sans fondement scientifique », poursuit-il.

L'amendement à la Directive sur la qualité des carburants, dont l'objectif est de réduire de 10 % les émissions polluantes émises par le transport, devait être approuvé par 255 des 345 experts d'un comité pour être automatiquement envoyé au Parlement européen.

Or 54 experts de ce comité relevant du commissaire à l'environnement ont approuvé la proposition, jeudi, tandis que 128 l'ont rejetée et 128 autres se sont abstenus.

Malgré ce vote, le commissaire à l'environnement pourrait décider d'envoyer l'amendement au Parlement. Il est toutefois plus vraisemblable qu'il sera renvoyé aux ministres de l'Environnement des 27 pays membres de l'UE, qui pourraient se prononcer sur le sujet en juin.

Le commissaire à l'environnement, Janez Potočnik, devrait faire connaître sa décision plus tard jeudi.

L'amendement controversé, en bref

L'amendement à la Directive sur la qualité des carburants propose d'attribuer une valeur d'émissions de gaz à effet de serre à chaque source de carburant, et ce, de l'extraction à la consommation. Les sables bitumineux sont conséquemment désavantagés, puisque l'extraction de la ressource produit une quantité importante de carbone.

Le projet d'amendement prévoit classer le pétrole issu des sables bitumineux comme du « bitume naturel » et se voit attribuer une valeur d'émission 23 % plus élevée que le pétrole conventionnel. Le gaz liquéfié est également considéré moins polluant que le « bitume naturel », tandis que le charbon liquéfié l'est davantage.

Le Canada ne vend que très peu de pétrole issu des sables bitumineux à l'Europe. Ottawa craint cependant qu'une étiquette de « pétrole sale » ait à terme un effet d'entraînement qui nuirait à l'industrie pétrolière canadienne.

Le gouvernement Harper a donc fait campagne à Bruxelles contre cet amendement, tout comme les grandes compagnies pétrolières du monde, dont la française Total, la britannique BP ou l'anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell, qui ont investi dans les sables bitumineux de l'Alberta.

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, jeudi, à OttawaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Joe Oliver, jeudi, à Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le ministre Oliver a répété jeudi que le brut tiré des sables bitumineux constitue une « source d'énergie stable, sûre et responsable dans le monde » et qu'Ottawa refuse d'accepter qu'il « fasse l'objet d'une discrimination injuste, sans fondement scientifique ».

« Des études indépendantes ont montré que la quantité de gaz à effet de serre émise pendant le cycle de vie du brut tiré des sables bitumineux est semblable, et parfois même inférieure, à celle de plusieurs bruts qui sont actuellement importés et quotidiennement utilisés dans les pays de l'UE », affirme le ministre Oliver.

Si l'UE va de l'avant avec l'exécution de sa directive ou de toute autre mesure injustifiée et discriminatoire, le Canada n'hésitera pas à défendre ses intérêts.

Le ministre des Ressources naturelles Joe Oliver

Le Canada a déjà menacé de poursuivre l'Union européenne devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si elle persiste à présenter les sables bitumineux comme une source de pétrole sale. Ottawa n'a cependant pas l'intention de se retirer des négociations sur la conclusion d'un accord de libre-échange Canada-UE.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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