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Trafic de drogue : mise en garde d'un avocat américain contre les peines minimales obligatoires

 Menottes
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le procureur qui a aidé les politiciens américains à rédiger les lois sur les peines minimales obligatoires, dans les années 1980, tient à servir une mise en garde aux parlementaires canadiens.

Imposer de longues peines de prison pour des infractions mineures en matière de drogue s'est avéré une erreur aux États-Unis et cela ne fonctionnera pas au Canada, a indiqué Eric E. Sterling, qui a été conseiller auprès de la commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants des États-Unis.

« Quant on commence à emprunter cette voie de construire plus de prisons et de condamner les gens à de longues peines, et que l'on se convainc que cela servira de moyen de dissuasion, on se trompe lourdement », a expliqué M. Sterling.

« Nous avons appris à la dure que les longues peines ne dissuadaient pas les gens de vendre de la drogue quand les profits sont si astronomiques », ajoute celui qui est maintenant le président de la Criminal Justice Policy Foundation, au Maryland.

Sterling compte parmi les 28 responsables américains de l'application de la loi, actuels ou anciens, qui ont exprimé par écrit leur désaccord aux sénateurs canadiens, de même qu'au premier ministre Stephen Harper et à ses homologues provinciaux, face au projet de loi C-10 du parti conservateur pour s'attaquer à la criminalité.

Ce projet de loi, qui fait l'objet d'audiences au Sénat, inclut des peines minimales obligatoires pour le trafic de drogue.

La lettre des responsables américains est la plus récente offensive dans la contestation du projet de loi C-10, et dans le débat portant sur la légalisation de la marijuana.

Plus tôt ce mois-ci, quatre anciens procureurs généraux de la Colombie-Britannique ont soutenu la même thèse, disant qu'interdire la marijuana alimentait les guerres de gangs et encombrait les tribunaux.

Malgré la pression qui persiste, le gouvernement conservateur a assuré qu'il n'avait aucunement l'intention de décriminaliser ni de légaliser la marijuana.


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