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LIN-croyable Lin!

Jeremy Lin

Jeremy Lin

Photo : AFP / David Sherman

Radio-Canada

Jeremy Lin a déjà conquis les États-Unis, il s'attaque maintenant au Canada. La « Lin-sanity » a atteint son paroxysme, mardi soir, dans la victoire des Knicks de New York sur les Raptors, à Toronto.

Un texte de Renaud St-Laurent

La nouvelle coqueluche de la planète sport a ajouté à la folie qui l'entoure. Avec moins d'une seconde à écouler au match et un pointage égal, il a réussi un panier de trois points spectaculaire qui a donné une victoire de 90-87 au Knicks.

Lin a terminé la rencontre avec 27 points, le plus haut total parmi les joueurs des deux équipes, et 11 mentions d'aide.

Plus tôt dans la journée, plusieurs dizaines de journalistes avaient envahi la salle de conférence de presse de l'Air Canada Centre pour entendre Lin, poussant l'entraîneur-chef Mike D'Antoni à qualifier cette meute d'« unique ».

Si la scène n'a rien de spécial pour les joueurs du Canadien de Montréal ou des Maple Leafs, pour l'organisation des Raptors, la visibilité occasionnée par le passage du jeune prodige taïwanais n'est pas banale.

Mardi soir, les Raptors ont fait salle comble pour une troisième fois en 13 matchs cette saison.

La montée fulgurante du meneur de jeu des Knicks n'est pas étrangère à cette popularité inattendue le soir de la Saint-Valentin : 3000 des 18 000 billets disponibles ont trouvé preneur depuis vendredi, jour où Lin a battu à lui seul les Lakers de Los Angeles et Kobe Bryant à la télévision nationale.

Lin, du divan au trône

L'histoire de Jeremy Lin a rapidement séduit l'Amérique. Le jeune garde de Palo Alto, en Californie, a été ignoré par les gros programmes universitaires de basketball, puis boudé de nouveau par les équipes de la NBA au terme de son stage universitaire à Harvard.

Les Warriors de Golden State et les Rockets de Houston (avec qui il a séjourné 12 jours) ne lui ont jamais donné la chance de briller. Les Knicks ne croyaient pas non plus avoir déniché une perle rare en le réclamant au ballottage le 27 décembre dernier.

Lin devait d'abord et avant tout servir de police d'assurance en raison de quelques blessés dans l'équipe. Dans l'obscurité totale, Lin a voyagé entre New York et la ligue de développement.

Anonyme au point où les gardes de sécurité du Madison Square Garden croyaient qu'il était un thérapeute de l'équipe https://twitter.com/#!/JLin7/status/154679577669664768. Nomade au point où il a préféré dormir sur le divan de l'appartement de son frère plutôt que de se trouver un logement à New York.

En l'absence des deux meilleurs joueurs de l'équipe, Carmelo Anthony et Amar'e Stoudemire, Lin n'a pas raté sa chance lorsque D'Antoni a fait appel à ses services.

Avec la jeune sensation aux commandes, les Knicks ont maintenant remporté leurs six derniers matchs. Ils ont relégué aux oubliettes leur début de saison de misère (8 victoires en 23 rendez-vous).

« Il est tout ce qu'il y a de plaisant dans le sport, a précisé D'Antoni. C'est un négligé qui a fait sa place de la bonne manière. Personne n'aurait pu écrire cette histoire! »

Au cours de cette période, Lin a maintenu une moyenne de près de 27 points par match. Sa récolte après 4 matchs (114 points) éclipse celle de Michael Jordan et Shaquille O'Neal, deux légendes de la discipline.

« C'est un miracle, a déclaré Lin en conférence de presse à Toronto. Lorsque quelque chose comme ça se produit, plusieurs éléments doivent être mis en place. Si vous regardez mon histoire, les empreintes de Dieu sont partout. Vous pouvez parler de coïncidences. Mais au bout du compte, il y a 20 ou 30 choses, toutes hors de mon contrôle, qui devaient survenir pour que je sois ici devant vous. Voilà pourquoi c'est un miracle. »

L'effet Lin

Au-delà de la couverture médiatique souvent comparée à celle entourant le quart Tim Tebow de la NFL, c'est une tempête économique qui déferle sur la Big Apple.

Les ventes de produits dérivés ont augmenté de 3000 % au cours de la dernière semaine. Le prix des billets a grimpé, même chose pour les cotes d'écoute des matchs des Knicks. Même les actions en bourse de la Madison Square Garden Company, propriétaire des Knicks, ont augmenté depuis vendredi.

« J'essaie de ne pas porter attention à tout ça, a souligné Lin. J'ai passé beaucoup de temps avec ma famille et mes amis. Lorsque je suis avec l'équipe, nous demeurons concentrés. »

Avec le retour de Stoudemire et celui imminent d'Anthony, le nouveau prince de New York devra apprendre à partager son trône avec celui qui l'occupait il y a de cela deux semaines à peine.

« Plusieurs espèrent que ça ne fonctionne pas, a blagué D'Antoni. Mais il n'y a aucune raison que ça ne fonctionne pas. S'il y a un problème, nous en discuterons. »

Lin, toujours très humble, n'a pas de problème à partager son royaume. « Je suis un membre de cette équipe, c'est tout. Ça va être un gros changement d'avoir 2 des 10 meilleurs joueurs de la ligue de retour sous peu. »

Et si le conte de fées devait se terminer? « Les équipes vont commencer à concentrer leurs efforts sur moi, je vais devoir m'améliorer. »

Même s'il fait rêver les New-Yorkais quand il s'envole au panier, Lin a encore les pieds sur terre.

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