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Entente de principe à Toronto : les cols bleus perdent des acquis majeurs

Des cols bleus qui déblaient la neige devant l'hôtel de ville

Des cols bleus qui déblaient la neige devant l'hôtel de ville

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Si les cols bleus de Toronto ont ratifié l'entente de principe que leur syndicat a conclue avec l'administration du maire Rob Ford, les syndiqués ont toutefois dit au revoir à d'importants acquis.

Plusieurs des cols bleus disent avoir accepté l'entente à contrecoeur, déçus par les concessions. Le syndicat n'a pas précisé combien de ses membres avaient voté en faveur de l'accord et quel pourcentage l'avait rejeté.

Le président du syndicat des 6000 employés extérieurs, Mark Ferguson, soutient que l'entente est le résultat de choix difficiles que les deux parties ont dû faire. « Je n'ai jamais négocié avec un employeur qui a eu recours à des tactiques aussi draconiennes », dit-il.

« C'est négocier avec un fusil sur la tempe », lance l'ambulancier Michael Kates, insatisfait de son contrat de travail.

La Ville de Toronto menaçait d'imposer les termes de sa dernière offre si elle n'arrivait pas à s'entendre avec le syndicat.

« Je ne me souviens pas d'avoir vu un employeur utiliser cette mesure, permise par la loi ontarienne sur les relations de travail », affirme le professeur en relations de travail à l'école de gestion de l'Université Ryerson, Maurice Mazerolle. « Mais la tactique a fonctionné et d'autres employeurs pourraient être tentés d'avoir recours à des mesures similaires là ou la loi le permet », poursuit-il.

Il s'agit de la première convention collective négociée sous Rob Ford, un maire élu pour dégraisser l'appareil municipal, et selon l'économiste politique du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario, Randy Robinson, le message est clair.

« Ce sera maintenant plus facile pour la Ville de mettre à pied des employés ou encore de privatiser leur emploi », déclare-t-il, ajoutant qu'il s'attend à ce que des milliers d'emplois soient perdus dans la Ville-Reine.

Les cols bleus ont abandonné une partie de leur sécurité d'emploi. Auparavant, tous les employés avaient la garantie de conserver un emploi à la Ville, même si leur poste était éliminé par la sous-traitance. Le nouveau contrat assure la sécurité d'emploi seulement à ceux qui ont 15 ans et plus d'ancienneté. Les possibilités de supplantation sont ainsi réduites.

« C'est inquiétant, mais c'est la nouvelle réalité du monde du travail », déclare le syndiqué Leo Lapointe.

Les cols bleus obtiennent en contrepartie des hausses salariales équivalant à 6 %, échelonnées sur quatre ans. Des augmentations offertes parfois en paiements forfaitaires et non sous la forme d'une hausse du salaire horaire, ce qui aura un impact sur le calcul des prestations de retraite et des heures supplémentaires.

Aux yeux du maire Rob Ford, le résultat est bon pour les syndiqués et une « bonne nouvelle pour les contribuables ». Ce dernier se réjouit de pouvoir soumettre à l'approbation du conseil municipal, mercredi, cet accord qui a permis d'éviter un conflit de travail.

La métropole poursuit ses négociations avec ses 23 000 cols blancs.

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Ontario