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Nortel victime de cyberespionnage

Bureau de Nortel à Toronto

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

L'équipementier canadien en télécommunications Nortel, en faillite depuis 2009, a été la victime de pirates informatiques pendant près de 10 ans, affirme mardi le Wall Street Journal.

« En utilisant sept mots de passe volés à de hauts dirigeants de Nortel, y compris son directeur général, les pirates informatiques, qui semblaient travailler en Chine, ont pénétré dans les ordinateurs de Nortel dès 2000 », explique le quotidien.

Les pirates informatiques auraient téléchargé des documents techniques, des notes de recherche, des plans d'activité, des courriels d'employés et autres documents, selon une enquête interne menée par Brian Shields, qui a passé 19 ans de carrière chez Nortel.

Nortel aurait découvert le piratage en 2004, après qu'un employé eut signalé qu'un directeur avait téléchargé un document inhabituel, ce que ce dernier niait. Les pirates informatiques auraient caché des logiciels d'espionnage si profondément dans les ordinateurs que cela a pris des années aux enquêteurs pour réaliser l'ampleur du problème.

« Ils avaient accès à tout, et tout le temps qu'ils voulaient », a commenté Brian Shields, mentionnant que le système de Nortel contenait peu de barrières. Son rapport mentionne également que Nortel n'a rien fait pour améliorer la sécurité de son système informatique après avoir été mise au courant du problème, sauf changer les sept mots de passe.

M. Shields rapporte de plus que lorsque Nortel a commencé à vendre les différentes composantes de la compagnie en raison de ses problèmes financiers, elle n'a pas tenté de régler le problème et n'a jamais avisé les acheteurs potentiels des doutes qu'elle avait sur son système informatique.

Selon Mike Zafirovski, un des chefs de la direction de Nortel pendant la période où les pirates informatiques ont sévi, « les gens ne considéraient pas cette histoire comme quelque chose d'important. Nous n'avons jamais pensé que cela valait la peine d'en parler à des acheteurs potentiels ». M. Zafirovski affirme également avoir lu le rapport de Brian Shields, mais l'avoir pris à la légère, car il avait la réputation, dit-il, d'être une personne intelligente, mais qui crie facilement au loup.

La plus grande partie des biens de Nortel ont finalement été achetés par Avaya, Ciena Corp., Telefon AB L.M. Ericsson et Genband.

Des espions chinois

Cette histoire est révélée au moment où le vice-président chinois, Xi Jinping, est en visite à Washington pour promouvoir la confiance entre la Chine et les États-Unis.

Pour ce qui est de Nortel, l'ambassade chinoise à Washington a affirmé dans un communiqué que « les cyberattaques sont transnationales et anonymes » et qu'on ne devrait pas blâmer la Chine pour celles-ci « sans une enquête approfondie et des preuves irréfutables ».

Notons toutefois que les services secrets américains ont les cyberpirates chinois dans leur mire, et soupçonnent le gouvernement chinois d'être un complice dans l'espionnage des compagnies des pays développés. Le gouvernement chinois nie cependant toute allégation de cyberespionnage.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Wall Street Journal

Économie