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Deux hauts dirigeants de SNC-Lavalin quittent brusquement la firme

Bureaux de SNC-Lavalin à Montréal
Bureaux de SNC-Lavalin à Montréal (archives)

Deux hauts dirigeants de SNC-Lavalin viennent de quitter l'entreprise dans la foulée de révélations troublantes concernant les liens que la firme d'ingénierie montréalaise entretenait avec la famille de l'ex-dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi.

Dans un communiqué laconique publié jeudi soir, SNC-Lavalin a annoncé que son vice-président directeur de la division construction, Riadh Ben Aïssa, et Stéphane Roy, vice-président aux finances de la même division, ne travaillent plus pour la compagnie.

« Des questions concernant la conduite d'employés de SNC-Lavalin ont récemment alimenté l'opinion publique. SNC-Lavalin réitère que tous ses employés doivent respecter son Code de déontologie et de conduite dans les affaires », indique-t-elle, sans jamais mentionner le nom du dictateur déchu.

Réagissant à cette annonce, M. Ben Aïssa a indiqué par voie de communiqué vendredi soir qu'il avait remis sa démission à SNC-Lavalin, son employeur depuis 27 ans. Il a ajouté que les déclarations de la société lui causent préjudice et qu'il avait l'intention de la poursuivre pour rétablir les faits et sa réputation.

Stéphane Roy est l'homme qui a embauché en juillet 2011 Cynthia Vanier, détenue au Mexique relativement à un présumé complot visant à faire entrer Saadi Kadhafi, l'un des fils du défunt dictateur libyen, et sa famille sous de faux noms et avec de faux papiers mexicains.

Mme Vanier, deux Mexicains et un Danois sont accusés de tentative de trafic de personnes sans papier, d'implication dans le crime organisé et de falsification de documents officiels relativement à cette affaire.

À la fin du mois de janvier, une porte-parole de SNC-Lavalin, Leslie Quinton, avait affirmé que SNC-Lavalin n'avait plus eu de lien avec Mme Vanier depuis son embauche à l'été 2011, pour une mission d'observation en Libye.

Une mystérieuse rencontre au Mexique

Or, CBC a révélé cette semaine que Stéphane Roy était au Mexique le 11 novembre dernier, soit le lendemain de l'arrestation de Cynthia Vanier, et qu'il y a rencontré une de ses acolytes, Gabriela Davila Huerta.

C'est lors de cette rencontre que les forces de l'ordre mexicaines sont venues arrêter Gabriela Davila Huerta, qui fait maintenant face aux mêmes accusations que Cynthia Vanier. M. Roy n'a pas été arrêté.

M. Roy répondait à une invitation de Cynthia Vanier, qui lui demandait de venir rencontrer des responsables mexicains pour un projet de traitement des eaux. La direction de SNC-Lavalin avait pourtant indiqué qu'elle n'était pas intéressée par cette rencontre et l'avait annulée.

SNC-Lavalin, qui a signé des contrats de plusieurs milliards de dollars avec la Libye de Kadhafi, n'a pas dit qui avait autorisé le voyage de Stéphane Roy ni qui était au courant.

SNC-Lavalin, complice de l'extraction hors de Libye de Kadhafi?

CBC a aussi révélé qu'à la fin du mois d'août ou au début du mois de septembre SNC-Lavalin avait payé un billet d'avion pour la Tunisie à un garde du corps de Saadi Kadhafi, Gary Peters.

Ce dernier affirme qu'il a pris part à une vidéoconférence dans les locaux de SNC-Lavalin aux côtés de Riadh Ben Aïssa. Les deux hommes étaient en communication avec Stéphane Roy et Saadi Kadhafi et discutaient des plans visant à déplacer Saadi Kadhafi.

Dans les jours qui ont suivi, Gary Peters est entré en Libye et s'est joint à un convoi escortant Saadi Kadhafi vers le Niger. Le garde du corps dit être resté à la frontière, que le fils de Mouammar Kadhafi a franchie.

Saadi Kadhafi, qui était sous le coup d'une interdiction de voyager des Nations unies, se trouverait toujours au Niger, bien qu'il fasse l'objet d'un mandat d'arrêt international.

La porte-parole de SNC-Lavalin, Leslie Quinton, a fait savoir dans un courriel que Peters s'était bel et bien rendu en Tunisie pour y rencontrer des responsables de la compagnie, mais qu'aucun contrat n'avait été conclu entre les deux parties.

« SNC-Lavalin n'a pas approuvé et n'approuverait pas une tentative de mission d'extraction ou tout autre geste qui violerait les lois ou les règlements régionaux ou internationaux », indique-t-elle.

Avec les informations de CBC

Économie