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Grève générale illimitée de milliers d'étudiants en vue

Une pancarte brandie par des étudiants lors de la manifestation à Victoriaville
Une pancarte brandie par des étudiants lors de la manifestation à Victoriaville
Radio-Canada

Opposée à la hausse prévue des droits de scolarité au Québec, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui regroupe plusieurs associations étudiantes, a annoncé jeudi soir que le déclenchement de la grève générale illimitée était imminent.

Les associations membres de la CLASSE avaient indiqué qu'elles mettraient leur menace de grève à exécution dès que 7 associations étudiantes regroupant 20 000 personnes et réparties sur au moins trois campus auront obtenu un mandat de grève générale illimitée.

Le seuil a été dépassé en après-midi, a indiqué la Coalition dans un communiqué émis dans la soirée.

À l'heure actuelle, 18 associations réparties sur cinq campus et représentant quelque 20 210 étudiantes ont voté en faveur d'un débrayage, selon le site Internet de la coalition étudiante. D'autres votes étaient prévus jusqu'au 2 mars.

« On est vraiment à la veille du déclenchement d'une grève générale illimitée dans le mouvement étudiant », avait déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE, quelques heures avant que le cap des 20 000 appuis soit franchi. « C'est vraiment une question de jours avant que le système d'éducation au Québec commence à être sérieusement paralysé », avait-il prédit.

Des associations pourraient débrayer à partir de lundi prochain, d'autres à partir du lundi subséquent et d'autres attendront au mois de mars.

La CLASSE précisera la suite de son plan d'action mardi prochain, jour de la rentrée parlementaire. La Coalition espère convaincre le gouvernement Charet de renoncer à hausser les frais de scolarité de 325 $ par année pendant cinq ans.

La FEUQ et la FECQ se font entendre

Des étudiants manifestant devant le Centre des congrès, à Victoriaville, où se tient le caucus libéral.Des étudiants manifestant devant le Centre des congrès, à Victoriaville, où se tient le caucus libéral.

Plus tôt dans la journée, des étudiants de de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont profité du caucus du Parti libéral du Québec à Victoriaville, pour dénoncer eux aussi la hausse prévue de 1625 $ des droits de scolarité sur 5 ans.

Environ 200 étudiants se sont rassemblés devant le Centre des congrès où se tient le caucus libéral, brandissant leurs pancartes et faisant sonner leurs trompettes, en espérant se faire entendre par les ministres libéraux.

Les étudiants estiment que la hausse prévue des droits de scolarité ne fait qu'aggraver l'endettement des étudiants et des jeunes familles. Selon eux, seulement 33 % des étudiants qui ont recours à de l'aide financière en reçoivent sous forme de bourses, tandis que le 66 % restant doit avoir recours à des prêts de plus en plus longs à rembourser.

Lors d'un congrès général tenu fin janvier, la FECQ et la FEUQ n'ont pas écarté la possibilité de déclencher une grève générale d'ici la fin de la session si le gouvernement Charest maintient la hausse prévue des droits de scolarité.

Elles ont convenu que chaque association fera entre-temps une action d'éclat visant directement les libéraux de Jean Charest chaque semaine et ont prévenu que le gouvernement « devra s'attendre à passer une très mauvaise St-Valentin », alors que la rentrée parlementaire coïncide avec le 14 février.

La FECQ et la FEUQ organisent en outre une manifestation nationale le 22 mars à Montréal. Elles espèrent mobiliser une foule encore plus nombreuse que le 10 novembre dernier, alors qu'environ 30 000 étudiants s'étaient rassemblés pour dénoncer la hausse des droits de scolarité.

Québec reste ferme

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a indiqué que le gouvernement ne reculerait pas. « Il y a des votes qui se prennent. Il y a, dans certains cégeps, des étudiants qui majoritairement ont rejeté un mandat de grève générale. Je pense qu'on n'en est pas rendu là. On va suivre la situation de près », a-t-elle dit en après-midi, avant l'annonce de la CLASSE.

« Mais, vraiment, je vous le dis, la décision, elle est prise. [...] C'est une décision dans un cadre budgétaire et, je pense, qui reçoit la compréhension d'une bonne partie de la population su Québec », a-t-elle ajouté.

Ottawa-Gatineau

Société