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Les Communes ne ferment pas la porte aux nourrissons

La députée Sana Hassainia et son enfant

La députée Sana Hassainia et son enfant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un imbroglio aux Communes, mardi, se soldant par l'expulsion d'un bébé, a forcé le président de la chambre à clarifier les règles concernant les nouveau-nés et à lancer une discussion au Parlement sur la conciliation travail-famille des députées.

Mardi, la députée du NPD Sana Hassainia s'est fait demander de sortir son bébé des Communes alors qu'elle s'apprêtait à participer à un vote. Le bébé de trois mois, prénommé Jack en mémoire du défunt chef du NPD, était allaité par sa mère quelques minutes avant un vote sur le registre des armes à feu. Mme Hassainia n'a pas pu trouver son mari dans l'antichambre du parlement avant d'entrer aux Communes afin de lui confier le bébé. Elle a donc décidé d'entrer pour voter avec son enfant dans les bras. « On m'avait dit que ça s'était produit par le passé et que c'était permis », explique-t-elle.

Une fois en chambre, un page envoyé par le président lui a dit qu'il lui était interdit d'amener son fils en chambre en vertu du règlement. Des députés avaient remarqué la présence du bébé et certains l'ont pris en photo.

Les explications pour justifier l'expulsion ont ensuite différé. « On m'a dit que tout étranger était interdit [aux Communes], que les photos étaient interdites, puis que c'était un malentendu », explique la mère.

Le président de la chambre a affirmé plus tard que le page n'avait pas communiqué le bon message à Mme Hassainia.

Pouvoir voter et allaiter

« En tant que femme, en tant que politicienne, c'est important pour nous de pouvoir concilier travail-famille », a dit Mme Hassainia en entrevue à Radio-Canada.

Il faut savoir que les 76 femmes élues aux Communes n'ont pas droit à des congés parentaux. Mais pour la députée néo-démocrate, cela ne change rien. Même si elle en avait eu un, elle assure qu'elle ne l'aurait pas pris. Elle croit d'ailleurs que ses collègues, elles non plus, ne seraient pas prêtes à prendre des congés parentaux si elles y avaient droit. « On ne veut pas de privilège, on veut juste pouvoir travailler, et aussi s'occuper de nos familles. »

Dans la situation actuelle, cela n'encourage pas les femmes qui souhaitent avoir des enfants à se présenter comme députées. Pour une maman qui serait toute seule, ou qui n'a pas le soutien de son mari ou de sa famille autour, c'est quasiment impossible.

Une citation de :Sana Hassainia

Mercredi, la bloquiste Maria Mourani a demandé au président de clarifier les règles, si règles il y a, et a demandé l'abolition de toute interdiction pour les députés d'amener leur bébé avec eux en chambre. Elle a déclaré elle-même s'être déjà fait dire qu'elle ne pouvait venir en Chambre avec son bébé naissant.

Le président de la chambre, Andrew Scheer, s'est engagé à clarifier les règles concernant la présence de poupons aux Communes. « Le bureau du président a assuré aujourd'hui que, dorénavant, je pouvais me présenter à un vote avec le bébé dans les bras », a ensuite annoncé Sana Hassainia.

Des ministres conservateurs se sont par ailleurs montrés solidaires de la députée Sana Hassainia. La ministre du Travail, Lisa Raitt, a affirmé ne voir aucun problème à la présence de bébés aux Communes, et le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a déclaré que le Parlement devait être ouvert et jouer un rôle de leader.

Le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae, a profité de l'incident pour affirmer qu'il est important de recruter des femmes en politique et qu'à ce titre, il faut trouver des formules pour leur rendre la vie plus facile.

Avec les informations de La Presse canadienne

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