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Affaire Ian Davidson : la SQ enquêtera sur la divulgation d'informations aux médias

Ian Davidson (à droite)

Ian Davidson (à droite)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Sûreté du Québec enquêtera sur la divulgation d'informations aux médias dans le cadre de l'affaire Ian Davidson, à la demande du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil. Le directeur de la police de Montréal, Marc Parent, qui a été « consterné » et « choqué » par ces fuites, a indiqué que son service collaborera à l'enquête.

C'est la direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui a réclamé une enquête après avoir constaté que des informations classées confidentielles, qui faisaient partie de l'enquête policière sur Ian Davidson, se retrouvaient dans les médias.

Ian Davidson est cet ex-agent du renseignement criminel du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), soupçonné d'avoir tenté de vendre des informations de la police à des représentants du crime organisé. Le policier retraité s'est enlevé la vie le 18 janvier dernier, dans un hôtel de Laval. Il avait été prévenu que son identité allait être révélée le lendemain matin dans un quotidien montréalais.

Les informations divulguées concernaient, entre autres, l'écoute électronique faite dans le cadre de l'enquête sur M. Davidson, la surveillance de la navigation sur Internet et des déplacements de l'ex-policier, ainsi que certains actes criminels qu'auraient pu commettre des policiers pour avoir accès à de l'information dans cette affaire.

La direction des poursuites criminelles et pénales dit que ces informations n'auraient pas dû être révélées dans les médias et veut savoir comment cela s'est produit.

Un dossier délicat pour le SPVM

Le directeur du SPVM, Marc Parent, a répété à plusieurs reprises, en point de presse mercredi, que les fuites d'information dans les médias nuisent aux enquêtes policières et peuvent mettre en danger la vie de citoyens ou d'enquêteurs.

J'ai été consterné et choqué de lire, jour après jour, de l'information confidentielle dans les médias.

Une citation de :Marc Parent, directeur du SPVM

Le directeur de la police se défend de vouloir « faire le procès du travail journalistique », mais déplore que les fuites aient mis son service « dans une mauvaise position dans cette affaire ».

Marc Parent a expliqué que certaines informations dévoilées dans les médias étaient erronées, mais que, même dans ces cas, ces fuites étaient nuisibles puisqu'elles pouvaient « éveiller des réflexes » dans le monde interlope.

Le SPVM avait déjà lui-même déjà lancé une enquête sur les fuites dans l'affaire Davidson à la fin de l'année 2011. M. Parent précise qu'elle se poursuivra, en parallèle avec celle de la SQ.

Si les fuites proviennent de son service et que des personnes sont identifiées comme responsables, le directeur du SPVM assure que des accusations seront portées contre elles.

Marc Parent, directeur du Service de police de la Ville de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Parent, directeur du Service de police de la Ville de Montréal

Des journalistes sous écoute?

Le directeur du SPVM croit que les policiers ne doivent pas être les seules personnes ciblées par l'enquête de la Sûreté du Québec. L'ensemble « du système de la justice » doit être visé, a-t-il dit.

Des journalistes, eux aussi, devraient être interrogés par les enquêteurs de la SQ, car si un policier qui transmet une information confidentielle commet une infraction, un journaliste qui l'utilise le fait aussi, a expliqué l'avocat-criminaliste Jean-Claude Hébert, en entrevue à RDI.

Le directeur du SPVM a néanmoins dit que son service était « très loin de l'écoute électronique auprès des journalistes ».

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Brian Myles, s'inquiète tout de même de cette éventualité. Il demande au ministre Robert Dutil de clarifier le mandat de l'enquête pour en exclure les journalistes.

« En ce moment, je regarde ce que le ministre Dutil a demandé et il n'y a rien qui nous garantit qu'on ne commencera pas à mettre les journalistes sous écoute, qu'on ne fouillera pas dans nos sources, et ça c'est très grave », a déclaré Brian Myles.

Les demandes d'enquête de ce type sont plutôt rares. La dernière fois que le DPCP avait réclamé une telle enquête, c'était en mars 2011, dans l'affaire de la mise en échec, lors d'un match de la LNH, portée par le hockeyeur Zdeno Chara à Max Pacioretty. Aucune accusation n'avait finalement été retenue contre le joueur des Bruins Zdeno Chara.

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