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Fermeture de l'usine d'Electro-Motive à London

Employés d'Electro-Motive à London

Employés d'Electro-Motive à London

Photo : Radio-Canada/Ève Caron

Radio-Canada

La compagnie américaine Caterpillar a fermé son usine de locomotives de London, en Ontario, après avoir mis en lock-out ses 450 travailleurs il y a un mois.

La filiale Electro-Motive Diesel était le seul fabricant de locomotives au Canada.

Dans un communiqué, l'entreprise, dont le comportement a été dénoncé par le premier ministre ontarien, dit « regretter » la décision, qui était devenue nécessaire, selon elle, au point de vue financier.

Les coûts d'exploitation de l'usine étaient intenables et les efforts pour négocier une nouvelle convention collective plus concurrentielle ont échoué.

Communiqué de Caterpillar

L'entreprise demandait notamment à ses employés d'accepter une réduction de salaire de 50 %.

Malgré la fermeture de l'usine de London, la compagnie assure ses clients que leurs commandes de locomotives seront livrées à temps.

Le fabricant possède une usine en Illinois, aux États-Unis, et a signé dans le passé une entente avec la firme Bombardier pour l'assemblage de locomotives au Mexique.

Indignation face à l'annonce

Différents syndicats ont dénoncé l'arrogance de Caterpillar au cours des dernières semaines.

Vendredi, Ken Lewenza, le président des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), a exprimé sa colère et sa frustration devant cette décision.

« Caterpillar n'avait aucune intention de garder cette usine ouverte. Dès la première journée, nous croyions que Caterpillar tentait de provoquer une crise en imposant des coupes importantes qui n'étaient pas possibles. Nos membres auraient volontiers continué à travailler dans les conditions précédentes, mais ce n'était pas assez pour cette compagnie extrêmement rentable », a déclaré M. Lewenza.

Le syndicat a souligné que Caterpillar avait annoncé 4,9 milliards de dollars en profits la semaine dernière, le montant le plus élevé de ses 86 ans d'existence.

M. Lewenza a par ailleurs reproché au gouvernement son inaction dans la fermeture de l'usine.

Le gouvernement Harper est entièrement dans la poche de l'élite corporative et a complètement ignoré les travailleurs canadiens et leurs familles. Je suis dégoûté de ce gouvernement et de son indifférence envers les travailleurs et les chômeurs. Le gouvernement Harper a été élu par les Canadiens, mais il semble capable de représenter uniquement les multinationales.

Ken Lewenza, président des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA)

La Fédération ontarienne du travail a elle aussi admis ne pas être surprise de la fermeture de l'usine, soutenant que tous les travailleurs devraient s'inquiéter de l'échec du gouvernement Harper dans la protection des emplois et des intérêts canadiens.

« De pareilles pertes d'emploi vont continuer à décimer des villes dans tout le pays tant que le premier ministre Harper permettra à l'avidité corporative de tirer d'incroyables profits aux dépens des Canadiens », a déclaré le président, Sid Ryan.

Critiques du gouvernement ontarien

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, avait critiqué la compagnie mardi dernier, l'accusant de ne pas agir avec respect à l'endroit des travailleurs.

Le ministre ontarien du Développement économique, Brad Duguid, a affirmé pour sa part que la fermeture de l'usine de London montrait que « le défi, c'est que notre économie est en pleine transition. »

« Il y aura des occasions, avait-il dit, où des entreprises décideront de déménager leurs usines. Mais il y a aussi des entreprises qui décident de venir investir en Ontario. Nous sommes la 2e destination la plus attrayante pour les investisseurs après la Californie, selon le magazine Forbes. »

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, avait tenu une conférence de presse en 2008, dans l'usine de London, pour y promouvoir les bienfaits de la réduction du fardeau financier des entreprises.

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