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Peine de mort : le sénateur Boisvenu dit être soutenu par des centaines de gens

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que ses propos sur la peine de mort n'en finissent plus d'alimenter la polémique, Pierre-Hugues Boisvenu soutient qu'il n'est pas seul à penser ainsi. Après s'être rétracté et excusé mercredi pour avoir dit que chaque meurtrier devrait pouvoir se suicider dans sa cellule, le sénateur conservateur a annoncé jeudi qu'il avait reçu « une avalanche d'appuis ».

Lors du point presse à l'origine de la controverse, le défenseur des victimes d'actes criminels avait déclaré qu'il faudrait que « chaque assassin [ait] le droit à sa corde dans sa cellule », afin qu'il puisse « décider de sa vie ».

Moi, je dis toujours, dans le fond, il faudrait que chaque assassin aurait [sic] le droit à sa corde dans sa cellule, il décidera de sa vie.

Les propos du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

Il avait aussi affirmé qu'il serait utile de rouvrir le débat sur la peine de mort « pour des gens qui n'ont aucune possibilité de réhabilitation », faisant au passage référence aux 10 millions de dollars qu'aurait coûtés le procès de la famille Shafia aux contribuables canadiens.

Une plainte à la SQ

Un citoyen de Saguenay a déposé une plainte à la Sûreté du Québec contre le sénateur Boisvenu, affirmant que ses propos étaient une incitation au suicide.

Mis dans le pétrin par les médias, tancé à Ottawa par l'opposition et critiqué par les associations de prévention du suicide, Pierre-Hugues Boisvenu a repris la main jeudi en indiquant qu'il avait reçu des commentaires de 500, voire 600 personnes, qui disent le soutenir et partager son point de vue.

Selon le sénateur québécois, ces gens considèrent que les médias ont exagéré l'affaire et qu'il ne faisait qu'exprimer publiquement ce que plusieurs pensent tout bas.

Cette déclaration-là était inappropriée dans le contexte de mes fonctions de sénateur. J'émettais une opinion personnelle qui n'engageait pas du tout le gouvernement.

Pierre-Hugues Boisvenu

En entrevue jeudi midi à Maisonneuve en direct, le président de l'institut Ipsos au Québec, Luc Durand, confirme que les opinions des Canadiens, interrogés en 2008 sur le sujet, sont « mitigées ». 50 % se disent favorables au retour de la peine de mort, 49 % y sont opposés, le dernier 1 % s'avouant indécis, dit-il.

Le sondeur souligne qu'il existe des disparités régionales. « L'Ouest est pour à 60 % alors que le Québec et les provinces atlantiques sont contre à 40 % », constate Luc Durand.

On n'ira pas se battre pour son retour, mais si la peine de mort revient au Canada pour les tueurs en série, on ne va pas pleurer non plus.

Elizabeth Pousoulidis, de l'Association de familles de personnes assassinées ou disparues du Québec

Depuis sa nomination en 2006, le premier ministre Stephen Harper a toujours soutenu qu'il ne comptait pas rouvrir la discussion sur la peine de mort, qui a été officiellement abolie au Canada en 1976.

En entrevue sur CBC, le chef du gouvernement avait déclaré le 20 janvier 2011 que la peine de mort pourrait être une « sentence acceptable dans certains cas », ajoutant qu'il n'entendait pas « ramener ce débat à la Chambre des communes ».

Barrière internationale

Sur le plan légal, le professeur en droit et doyen de la Faculté de droit à l'Université d'Ottawa, Stéphane Grammond, rappelle que le Canada a ratifié en 2005 le pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui vise à abolir la peine de mort. Il estime que ce pacte est l'un des obstacles juridiques empêchant le retour de la peine capitale au pays. Le juriste ose croire que la polémique suscitée par le sénateur Boisvenu n'est qu'un « ballon politique lancé pour contenter une base militante ».

Stéphane Grammond considère par ailleurs que les propos Pierre-Hugues Boisvenu ne relèvent pas de l'offense criminelle. Ils ne seraient donc pas passibles de poursuites. En revanche, il souligne que l'aide au suicide constitue un crime et que la corde dans les cellules suggérée par le sénateur pourrait être considérée en tant que telle.

Avec les informations de La Presse canadienne

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