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L'analyste économique en chef de Statistique Canada démissionne

Statistique Canada

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'analyste économique en chef de Statistique Canada, Philip Cross, quitte ses fonctions, craignant notamment que les débats y soient étouffés.

Reconnu pour son style direct, M. Cross tire sa révérence après avoir passé 36 ans à l'agence, dont les trois dernières comme plus haut responsable des principales statistiques économiques, indique le Globe and Mail.

Dans une entrevue accordée au quotidien, il invoque entre autres la décision de Statistique Canada de rendre ses données disponibles en ligne - en vigueur dès le 1er février -, ce qui lui permettra de poursuivre ses analyses à partir des mêmes données.

M. Cross cite également la façon dont ont été gérés les changements au formulaire long de recensement, annoncés par le gouvernement conservateur en juin 2010. M. Cross dit s'inquiéter de la moins grande place faite au libre échange des idées à l'interne. Les cadres supérieurs tolèrent moins la dissension, croit-il, particulièrement quand il est question du recensement de 2011 et du formulaire long, soit l'Enquête nationale auprès des ménages.

La décision du gouvernement Harper d'abolir le caractère obligatoire du formulaire long de recensement avait provoqué une levée de boucliers (Nouvelle fenêtre) dans le monde universitaire et politique et mécontenté la moitié des provinces, en plus de provoquer la démission du directeur de Statistique Canada, Munir Sheikh.

Le taux de réponse de 69,3 % à l'Enquête nationale sur les ménages, qui avait été distribuée au tiers des ménages canadiens, constitue sa principale préoccupation. M. Cross fait valoir que l'enquête est donc basée sur les réponses d'un cinquième de la population et s'inquiète d'un possible manque de représentativité. Il n'est pas encore clair, ajoute-t-il, quels segments de la population sont absents de l'échantillon.

« L'importance accordée au taux de réponse néglige la qualité et la distribution des réponses, mais la discussion sur ces dernières questions est limitée par l'insistance de la direction à faire valoir que le recensement et l'Enquête nationale auprès des ménages ont été un succès », analyse-t-il.

En juillet, un haut dirigeant de Statistique Canada avait expliqué que l'agence acceptait des formulaires longs avec des réponses manquantes, faisant craindre à des observateurs que les données recueillies soient encore moins fiables qu'appréhendées à l'origine.

Le porte-parole de Statistique Canada a déclaré que l'agence n'allait pas commenter le départ de son analyste économique, ajoutant ignorer quand ou si il serait remplacé.

M. Cross s'est joint à l'Institut C.D. Howe, un groupe de réflexion économique et social.

Sa décision survient quelques semaines avant que le gouvernement Harper ne précise l'ampleur des coupes dans ses ministères et dans les agences nationales, dont Statistique Canada.

Avec les informations de Globe and Mail

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