•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Basse-Côte-Nord : rencontre cruciale à Saint-Augustin

Basse-Cote-St-Augustin
Rivière Saint-Augustin

C'est sous escorte policière que les fonctionnaires de Transports Québec ont rencontré, mercredi soir, les villageois de Saint-Augustin. Depuis des mois, la communauté est divisée sur la construction d'un pont sur la rivière Saint-Augustin.

La Sûreté du Québec a dû intervenir plusieurs fois au cours des derniers mois pour calmer la population du petit village anglophone de 800 personnes.

À Saint-Augustin, le débat sur la construction du pont, alimenté par des conflits personnels, a pris des proportions colossales. Cet automne, des citoyens ont bloqué l'accès au bureau municipal pendant cinq semaines.

La Commission des affaires municipales, qui assurait la gestion du village, alors sous tutelle, a dû demander une injonction pour interdire à un groupe de 46 personnes d'empêcher les élus et les employés administratifs de s'approcher des locaux et bâtiments municipaux.

Des incidents violents, un incendie suspect, des fenêtres fracassées et un coup de feu ont donné au village un visage digne du « Far West ». Plusieurs craignent désormais pour leur sécurité.

Deux rives

Basse-Cote-Nord-St-AugustinIncendie du garage de Lloyd Jones, conseiller de Saint-Augustin Photo : LLoyd Jones

Tout le monde au village s'entend pour dire qu'un pont est nécessaire à la petite communauté afin de la relier à l'aéroport et au quai fédéral, situés de l'autre côté de la rivière et où vivent aussi les habitants de la réserve innue Pakua Shipi.

Le transport entre les deux rives est assuré par une embarcation à moteur hors-bord et par un hydroglisseur qui est utilisé pendant les périodes de gel et de dégel. La construction d'un pont est une demande qui date donc de plusieurs années.

Au cours des derniers mois, le dossier a alimenté les tensions, certains villageois accusant la municipalité de ne pas en faire assez pour défendre le projet.

C'est le cas, notamment, de l'entrepreneur et nouveau conseiller municipal, Glen McKinnon. « Depuis un an et demi, deux ans, la situation a changé et le projet de pont à été retardé jusqu'à... on ne le sait pas. Il ne reste plus d'argent pour faire ce projet, on veut savoir qu'est-ce qui s'est passé avec ce dossier », commente M. McKinnon.

Un projet à revoir

Effectivement, en janvier 2010, un rapport de la firme Genivar a évalué la construction à 47 millions de dollars, soit près de 50 % du budget alloué à l'époque par Québec pour prolonger la route 138 en Basse-Côte-Nord, de Kegaska jusqu'à Vieux-Fort. C'était aussi le double du montant prévu par la Corporation de la route 138 pour réaliser l'ouvrage. Genivar a été mandaté pour chercher une autre solution.

En attendant, la Société des traversiers a fait l'achat, en septembre dernier, d'un aéroglisseur pour effectuer la navette entre les deux rives. Le service sera assuré hiver comme été à compter de l'automne 2012.

Policiers à la rescousse

À la fin de l'automne, l'Administration municipale a pu reprendre ses activités. Les réunions publiques se déroulent depuis sous présence policière.

Deux nouveaux conseillers ont été élus, qui appuient le conseiller déjà en poste Glen McKinnon, à la tête du groupe de manifestants.

Basse-Cote-St-Augustin-maireRandy Maurice, maire de Saint-Augustin

Le maire Randy Maurice admet que la tension demeure élevée et que certaines réunions se terminent abruptement parce que la situation devient incontrôlable.

M. Maurice attribue en partie cette situation à l'isolement du village, sans lien routier avec le reste de la province. « C'est comme une sorte de culture, constate-t-il, on est habitués d'être laissés à nous-mêmes, le seul temps où l'on voit des policiers, c'est lorsqu'il y a un problème. »

La rencontre pour faire le point sur le pont réunissait des représentants du ministère des Transports, de la Corporation Pakatan et de la firme Génivar.

D'après un compte-rendu de la journaliste Vanessa Racine en reportage à Saint-Augustin pour le Téléjournal de l'Est du Québec

Société