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Les filles Shafia, victimes d'un imbroglio linguistique?

Sahar Shafia avait alerté son école des mauvais traitements dont elle se disait victime chez elle.

Sahar Shafia avait alerté son école des mauvais traitements dont elle se disait victime chez elle

Photo : La Presse canadienne / HO

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La rumeur court qu'un imbroglio bureaucratique typiquement canadien s'est produit lorsque les filles Shafia ont voulu obtenir de l'aide des autorités, il y a trois ans.

Des responsables de la Direction de la protection de la jeunesse, au Québec, ont révélé à La Presse Canadienne que les travailleurs sociaux travaillant sur ce dossier ne possédaient pas toutes les informations à propos de ce qui se passait dans la famille.

La protection de la jeunesse est divisée selon la langue à Montréal, une agence s'occupant des plaintes en anglais et l'autre, des plaintes en français.

Lorsque les services français de la DPJ ont reçu une plainte en avril 2009, ils ne savaient pas que leurs collègues anglophones avaient enquêté sur une plainte déposée par les soeurs Shafia l'année précédente.

Jusqu'à tout récemment, il n'existait pas de registre provincial pour aider les différentes agences à partager des informations sur des dossiers.

Le chef de la protection de la jeunesse dans l'agence anglophone Batshaw de Montréal estime que si les travailleurs sociaux avaient eu les détails de la plainte précédente, ils auraient pu traiter l'affaire différemment.

Un responsable de la protection de la jeunesse a précisé que le dossier aurait alors été considéré comme étant un doublon, ce qui aurait déclenché des signaux d'alarme chez les enquêteurs.

« Lorsque vous avez une situation qui se répète, qu'un an s'est écoulé et que les choses ne se sont pas améliorées, voire même si elles ont empiré, s'il n'y a pas seulement un enfant qui se plaint de la situation et qui est effrayé, cela accroît certainement nos inquiétudes », a déclaré Madeleine Bédard, la directrice de la protection de la jeunesse de l'agence Batshaw Youth and Family Services, l'institution anglophone, lors d'une entrevue.

Un changement de politique est déjà en vigueur. Un nouveau registre panquébécois, qui permet le partage d'informations, a en fait été lancé seulement un mois après la dernière plainte des filles Shafia en 2009.

Les corps de Zainab, Sahar et Geeti Shafia, ainsi que celui de Rona Amir Mohammad, ont été découverts dans une voiture au fond du canal Rideau à Kingston, le 30 juin 2009. Dimanche, trois autres membres de la famille montréalaise, dont le père et la mère, ont été reconnus coupables de quatre accusations de meurtre au premier degré.

Lorsque l'Agence Batshaw a reçu la plainte initiale, en 2008, Mme Bérard a dit que des enquêteurs avaient immédiatement entrepris leur travail. La directrice de l'agence indique toutefois qu'ils ne disposaient pas de preuves d'agression ou de détresse psychologique nécessaires pour poursuivre leur travail, étant donné que Sahar Shafia s'est plus tard rétractée.

Mme Bérard a assuré qu'une enquête interne complète avait été menée. Celle-ci a démontré que les services de protection de la jeunesse avaient agi en vertu des protocoles alors en vigueur.

Puisque la culture a joué un rôle dans l'affaire Shafia, l'agence rencontre désormais des leaders et des consultants afin de faire la promotion d'une meilleure sensibilisation dans les communautés culturelles.

Le gouvernement du Québec est demeuré muet sur l'affaire, lundi, soulignant la possibilité d'un appel et citant des questions de respect de la vie privée, en plus de refuser d'indiquer si un ou plusieurs changements de politique étaient nécessaires après l'affaire Shafia.

La famille Shafia conservera son compte en banque bien garni, même en prison

Lors des semaines précédant le moment où il a aidé à tuer ses soeurs et la première femme de son père, quelqu'un a utilisé l'ordinateur portable d'Hamed Shafia pour effectuer une recherche en ligne.

Cette personne avait fait la recherche suivante : « un prisonnier peut-il garder le contrôle de ses biens immobiliers? »

Hamed, son père Mohammad Shafia et sa mère Tooba Yahya sont désormais eux-mêmes prisonniers, et ils découvriront que la réponse est oui.

Les trois individus ont été condamnés à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Ils se trouvaient derrière les barreaux depuis leur arrestation le 22 juillet 2009.

Mohammad Shafia était un homme d'affaires prospère, a appris le jury lors du procès.

Il a d'ailleurs commencé jeune dans le domaine, en Afghanistan, se lançant dans la vente de produits électroniques avec de l'argent provenant de son grand-père.

Après son arrivée à Montréal en 2007, il a acheté un centre commercial à Laval pour plus d'un million de dollars avec une mise de fonds au comptant. La même année, il a vendu une maison à Kaboul pour près du même prix. Il oeuvrait dans le domaine de l'importation, achetait et vendait des voitures par l'entremise de sites d'enchères en ligne et voyageait également pour affaires vers Dubaï régulièrement

Lorsqu'elle est morte, sa première femme Rona était en possession d'environ 23 000 $ de bijoux.

Shafia faisait aussi construire une grande résidence à Brossard pour sa famille.

Tous les biens qu'il possédait avant sa condamnation demeurent sa propriété, ont indiqué des avocats criminalistes.

Pendant leur peine de prison, les membres de la famille Shafia posséderont un compte bancaire spécial avec des composantes pour les opérations et l'épargne, avec des limites strictes concernant la manière dont ils peuvent dépenser leur argent.

Le défi sera pour eux de déterminer s'ils peuvent conserver leur demeure et leurs autres biens tout en n'ayant pas d'emploi.

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