•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Syrie : le Qatar demande au Conseil de sécurité d'arrêter la «machine à tuer»

Le premier ministre qatari, le cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani

Le premier ministre qatari, le cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani

Photo : AFP / Don Emmert

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au cours d'une réunion tenue à huis clos mardi, la Ligue arabe et le Qatar ont pressé le Conseil de sécurité de l'ONU d'agir pour mettre fin aux violences en Syrie.

Les 15 membres permanents du Conseil de sécurité, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, et le premier ministre qatari, le cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, se sont réunis à New York pour discuter du nouveau projet arabe de sortie de crise en Syrie. La résolution prévoit le transfert des pouvoirs du président Al-Assad à son vice-président, et l'ouverture de négociations avec les opposants au régime.

Signe de l'importance de la rencontre, Hillary Clinton, Alain Juppé et William Hague, respectivement ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, étaient tous présents pour donner leur appui au plan de la Ligue arabe.

Dès l'ouverture de la réunion, le premier ministre qatari a donné le ton en demandant au Conseil de sécurité d'agir pour arrêter la « machine à tuer » du régime syrien et mettre fin à une « tragédie humanitaire ».

Le secrétaire général de la Ligue arabe a enchaîné en exhortant le Conseil à prendre des « mesures rapides et décisives ».

Nabil Al-Arabi a précisé que les pays arabes voulaient éviter une intervention militaire étrangère dans la crise syrienne, une déclaration qui semble vouloir apaiser les craintes de Moscou. Le premier ministre qatari a proposé au Conseil de sécurité de privilégier des mesures qui feraient pression économiquement sur le régime syrien.

Prenant la parole par la suite, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a estimé que l'inaction du Conseil de sécurité affaiblissait la « crédibilité » de l'ONU. Elle a également voulu se faire rassurante au sujet d'une possible intervention militaire, estimant qu'il n'y avait pas à craindre que la Syrie devienne une nouvelle Libye.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a pour sa part appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à sortir de son « silence scandaleux » sur la Syrie en adoptant une résolution soutenant les initiatives de la Ligue arabe. Il s'est montré positif au sortir de la rencontre, soulignant qu'il restait « une chance » de trouver un compromis avec Moscou « au cours des prochains jours ».

Selon les diplomates, aucun vote n'était prévu au cours de la réunion de mardi.

Le Canada dénonce le massacre des civils en Syrie

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a dénoncé mardi le massacre des civils innocents en Syrie, ajoutant que le temps est maintenant venu pour le Conseil de sécurité de l'ONU de s'attaquer à cette situation qui ne cesse de se détériorer.

Le ministre Baird a d'ailleurs exhorté les Canadiens se trouvant toujours en Syrie à quitter le territoire. Il a ajouté que le personnel de l'ambassade canadienne à Damas avait été réduit au strict minimum.

Le niet russe et le rejet de Damas

La Russie, qui avait déjà fait savoir qu'elle s'opposerait au plan arabe, qu'elle qualifie « d'inacceptable », a réitéré sa position mardi soir.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vitaly Tchourkine, a déclaré que Moscou estime que les Nations unies ne devaient pas s'immiscer dans un conflit « interne ».

Selon lui, il y a peut-être une « dernière chance de briser la spirale de violence » en Syrie. Mais, a-t-il précisé, le Conseil de sécurité « ne peut pas imposer les conditions d'un règlement interne [de la crise]. Il n'a tout simplement pas le pouvoir pour le faire ».

L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, a rejeté le projet de résolution, assurant que Damas ferait face à ses « ennemis ». Il a poursuivi en accusant les puissances occidentales et les pays membres de la Ligue arabe de « fomenter la crise ».

« On ne peut à la fois être pyromane et pompier », a-t-il déclaré, dénonçant la politique du « deux poids deux mesures » mise en place, selon lui, à l'encontre de la Syrie.

Des Syriens portent les cercueils de civils tués dans les violences qui ont fait une centaine de morts la veille.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Syriens portent les cercueils de civils tués dans les violences qui ont fait une centaine de morts la veille.

Photo : Reuters

Journée de deuil et de colère

Le Conseil national syrien (CNS) a appelé la population à tenir une « journée de deuil et de colère » mardi en réponse aux « massacres » qui ont fait plus d'une centaine de morts dans la seule journée de lundi, selon les militants des droits de l'homme.

Le CNS, qui regroupe la majorité des courants d'opposition contre le régime de Damas, accuse les forces de sécurité du président Bachar Al-Assad d'avoir intensifié la répression en commettant des « massacres » contre les civils et déplore l'absence de « mesures rapides » de la part de la communauté internationale.

Cinquante-cinq civils ont été tués lundi par les forces de sécurité du régime, dont 40 dans la seule région de Homs, au centre du pays, a indiqué mardi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Neuf personnes ont perdu à la vie à Deraa (sud), cinq dans la banlieue de la capitale Damas et une autre à Idleb (nord-ouest), a précisé l'OSDH. Dix soldats dissidents, six membres des forces de sécurité et 25 soldats de l'armée régulière ont aussi été tués.

Les affrontements entre partisans et opposants du président Bachar Al-Assad se sont multipliés au cours des derniers jours au pays, notamment dans les banlieues de la capitale. « D'intenses fusillades » étaient toujours entendues mardi à Zamalka et Arbeen, alors que l'armée syrienne poursuivait son offensive pour reprendre le contrôle des poches de résistance de la région, selon les militants sur place.

À 40 km au nord de Damas, les forces du régime « ont commencé à faire sauter les maisons à Rankous en posant des explosifs, alors que les habitants sortaient à peine des immeubles », a affirmé à l'AFP Abou Omar, porte-parole des militants de la petite localité agricole, précisant que la route menant à la ville « est totalement coupée, ainsi que les communications, l'eau et l'électricité, et ils manquent de lait pour bébé ».

Selon l'OSDH, les violences ont fait au moins 22 nouveaux morts mardi, alors que des combats entre l'armée et les soldats dissidents se poursuivaient dans les provinces d'Idleb, de Homs et de Damas.

Depuis le début du soulèvement à la mi-mars, quelque 5400 civils ont été tués dans la répression exercée par le régime, selon les Nations unies. Le régime du président Al-Assad soutient quant à lui qu'environ 2000 membres des forces de sécurité ont été tués par « des bandes armées ».

Ces images publiées sur YouTube montrent un char de l'armée syrienne dans la petite localité de Rankous, à 40 km de Damas.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ces images publiées sur YouTube montrent un char de l'armée syrienne dans la petite localité de Rankous, à 40 km de Damas.

Photo : AFP/YouTube

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !