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Harper nie vouloir réduire l'aide financière aux aînés

Le premier ministre Stephen Harper à la Chambre des communes

Le premier ministre Stephen Harper à la Chambre des communes

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre Stephen Harper a nié lundi vouloir réduire l'aide financière versée aux aînés, mais compte réviser le programme de sécurité de la vieillesse afin qu'il soit viable à l'avenir.

La semaine dernière à Davos, le premier ministre Harper a fait savoir que son gouvernement allait apporter des changements au système canadien des revenus de retraite, mais sans toucher au Régime de pensions du Canada.

Cette déclaration a fait bondir l'opposition en ce jour de rentrée parlementaire à Ottawa, accusant le gouvernement de vouloir effectuer des compressions dans les prestations aux aînés.

« La réalité est qu'on ne coupe pas les programmes aux aînés. Au contraire, on va réduire le déficit à zéro, comme nous l'avons promis pendant l'élection sans couper nos aînés. En même temps, nous nous assurons que le système de revenus de retraite demeure viable pour les générations à venir », a dit le premier ministre lors de la période des questions, rappelant que les changements qui seront apportés viseront à assurer la pérennité du programme de sécurité de la vieillesse.

Critiques de l'opposition

La chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique, Nycole Turmel, reproche au gouvernement Harper d'aider les entreprises et de faire des dépenses inutiles au détriment des aînés et des familles. « On sait très bien que le prochain budget sera une question de choix. Vous pourriez aider les aînés. Vous pourriez renforcer le système des pensions. Mais le [gouvernement] préfère continuer de réduire les impôts des grandes entreprises. Il y a des milliards qui ont été dépensés, ou qui vont être dépensés, pour des mégaprisons, des F35 qui ne fonctionnent pas », a-t-elle dit.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae, a pour sa part accusé Stephen Harper de renier la promesse qu'il a faite en campagne électorale. « Le premier ministre en a parlé au cours de la campagne électorale. Il a dit au cours du débat des chefs et il l'a redit en novembre même, que le gouvernement n'allait pas réduire les transferts aux particuliers ni aux personnes âgées. »

Selon leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan, il y a actuellement quatre travailleurs pour un prestataire du programme de sécurité de la vieillesse. Si rien n'est fait, dit-il, cette proportion passera à deux pour un dans 20 ans, alors que les sommes versées en vertu de ce programme vont tripler.

« Pour nous assurer que le système reste en place, qu'il est viable et durable, sur un horizon de 10, 20, 30 ans, nous devons faire des changements aujourd'hui. Mais pour ceux qui sont à la retraite aujourd'hui, ou qui s'en approchent, ils peuvent être rassurés : leurs prestations ne subiront aucun changement », a dit Peter Van Loan.

Le système canadien des revenus de retraite

Le Régime de pensions du Canada (RPC) prévoit le versement d'un montant équivalant à 25 % des cotisations mensuelles moyennes d'un contribuable. Les versements sont bonifiés de 6 % par année pour ceux qui attendent d'avoir 65 ans avant d'en faire la demande. Il est possible de recevoir des prestations à partir de 60 ans, mais en assumant une pénalité. Les Québécois n'ont pas accès au RPC, les prestations de retraite étant assurées par la Régie des rentes du Québec.

Le programme de la Sécurité de la vieillesse est offert à presque tous les Canadiens à partir de 65 ans, qu'ils soient retraités ou non. Il faut avoir habité au pays pendant au moins 40 ans. Les citoyens canadiens vivant à l'étranger peuvent aussi la recevoir s'ils ont vécu 20 ans au pays après l'âge de 18 ans.

Le Supplément de revenu garanti ne s'adresse qu'aux aînés qui ont des revenus inférieurs à 15 888 $ par année pour un célibataire, 20 976 $ pour un couple qui reçoivent des prestations du programme de Sécurité de la vieillesse, et 38 112 $ pour un couple dont un seul des membres reçoit des prestations du programme de Sécurité de la vieillesse.

Le budget fédéral constituera la pierre angulaire de la session parlementaire qui reprenait lundi, a confirmé le leader du gouvernement en Chambre, lors d'une conférence de presse destinée à donner un aperçu du menu législatif des prochains mois.

Les compressions budgétaires devraient notamment être plus importantes que prévu. Le ministre Maxime Bernier a d'ailleurs précisé dimanche que le gouvernement devait « trouver des économies de 10 % du budget de fonctionnement du gouvernement, soit environ 8 milliards de dollars ».

Ces compressions, qui sont deux fois plus importantes que celles annoncées lors de la dernière campagne électorale, se traduiront notamment par des modifications du système canadien des revenus de retraite, a confirmé M. Van Loan lundi.

Pensions des députés

Interrogé sur la possibilité que les pensions des députés soient aussi réduites, le ministre conservateur Steven Blaney a répondu que cette question relevait du Bureau de régie interne, dans lequel siègent tous les partis reconnus à la Chambre des communes.

Il laisse toutefois entendre que les conservateurs sont en faveur d'une baisse. « Comme gouvernement et comme député, j'estime que nous sommes tous appelés à faire notre part. C'est notre point de vue qui va être présenté au Bureau de régie interne », a-t-il dit.

Peter Van Loan a par ailleurs annoncé que le projet de loi visant à créer un régime de pensions agréé collectif sera le premier à être débattu en Chambre. Le projet, annoncé dans le budget de juin 2011, vise à permettre aux travailleurs autonomes et aux petits entrepreneurs de mieux épargner en vue de leur retraite.

La tension monte

Du côté de l'opposition, la table est mise pour un affrontement sur l'économie en ce début de nouvelle session parlementaire. Le Nouveau Parti démocratique s'inscrit en faux contre la logique des baisses d'impôts et du déficit zéro à tout prix.

« Il faut être capable de retrouver des revenus suffisants pour l'État et être capable d'investir dans les choses qui sont importantes, que ce soit l'environnement, la recherche et le développement ou le logement. S'il faut reporter d'un an ou deux, on le fera parce que ce n'est pas une religion », a soutenu dimanche le député néo-démocrate de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice.

L'opposition est inquiète de voir le gouvernement profiter de sa majorité, non seulement pour imposer ses priorités comme la lutte contre la criminalité et pour l'abolition du registre des armes à feu, mais aussi pour lancer des réformes majeures, à moyen terme, comme la réduction des coûts du système de sécurité de la vieillesse.

« C'est une ancienne stratégie conservatrice de créer une atmosphère de crise et puis d'arriver avec des solutions qui sont très dures et très autocratiques de la part du gouvernement pour les justifier », a conclu Bob Rae.

Les compressions budgétaires du gouvernement fédéral pourraient notamment se traduire par l'abolition de 60 000 à 68 000 postes dans la fonction publique au cours des prochaines années, selon un rapport rendu public la semaine dernière par le Centre canadien des politiques alternatives.

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