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Procès Shafia : le père, la mère et le fils coupables de meurtres prémédités

Mohammad Shafia, son épouse et son fils, ont été reconnus coupables de meurtres prémédités dimanche à Kingston.

Mohammad Shafia, son épouse et son fils, ont été reconnus coupables de meurtres prémédités dimanche à Kingston.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Mohammad Shafia, son épouse, Tooba Yahya, et leur fils Hamed ont été reconnus coupables de meurtres prémédités de trois des filles du couple et de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, au palais de justice de Kingston, dimanche.

Ils sont automatiquement condamnés à la prison à vie, sans possibilité de libération avant 25 ans. Ils faisaient face à 12 chefs d'accusation.

Le juge Robert Maranger a déclaré : « Il est difficile de concevoir un crime plus ignoble et plus haineux. La raison apparente de ces honteux meurtres commis de sang-froid est que ces quatre totalement innocentes victimes avaient outragé votre concept complètement tordu de l'honneur, lequel n'a absolument pas sa place dans une société civilisée. »

Après le verdict, les trois membres de la famille Shafia ont maintenu leur innocence. S'adressant au juge, Mohammad Shafia a déclaré que le verdict était « injuste » et qu'il n'était pas un criminel. Quant à Tooba Yahya, elle a aussi décrété « votre honorable justice est injuste ». Elle a ajouté qu'elle n'était pas une meurtrière mais une mère. Hamed a dit au juge qu'il n'avait pas noyé ses soeurs.

L'avocat de Tooba Yahya a annoncé son intention de faire appel.

Les jurés ont rendu leur verdict au terme de 15 heures de délibérations, commencées samedi matin.

Ils devaient choisir entre trois verdicts : coupables de meurtres prémédités, coupables de meurtres non prémédités ou non coupables.

Le procureur de la Couronne s'est dit très satisfait du verdict : « Il s'agit d'un beau jour pour la justice canadienne. Notre société démocratique est là pour protéger les droits de tous. C'est une journée très triste parce que le jury a déterminé que quatre personnes qui aimaient la liberté ont été assassinées par leur propre famille dans les circonstances les plus troublantes qui soient. Nous pensons à ces quatre femmes merveilleuses qui sont mortes d'une mort inutile. Ce verdict envoie un message très clair concernant les valeurs que nous chérissons au Canada », a déclaré Gerard Laarhuis.

Le ministre de la Justice du Canada, Rob Nicholson, a aussi réagi au verdict. « Notre gouvernement s'est engagé à protéger les femmes et les autres personnes vulnérables contre toutes les formes de violence et à tenir les agresseurs responsables de leurs actes. Nous avons été clairs : ces meurtres, comme tous les autres, sont barbares et inacceptables au Canada », a déclaré le ministre Nicholson, dans un communiqué.

Mohammad Shafia, sa seconde épouse Tooba Yahya et leur fils Hamed Mohammad Shafia étaient accusés des meurtres prémédités de trois des filles du couple : Zainab, Sahar et Geeti (âgées de 19, 17 et 13 ans) et de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, âgée de 52 ans.

Les quatre femmes ont été retrouvées mortes noyées dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

Les trois accusés avaient plaidé non coupables aux accusations portées contre eux.

Tout au long du procès, les avocats de la défense ont plaidé le simple accident. La Couronne soutenait plutôt qu'il s'agissait d'un meurtre prémédité commis pour laver l'honneur de la famille, et mis en scène pour faire croire à un accident.

Le procès a duré près de quatre mois. Quelque 160 éléments de preuve, dont des centaines de photographies ainsi que des dizaines d'heures d'écoute électronique et d'interrogatoires, ont été présentés aux jurés.

Cinquante-huit témoins, dont des enseignants, des adolescentes, des travailleurs sociaux, des policiers, des spécialistes des technologies, des professionnels médicaux, des membres de la famille Shafia ainsi que deux des accusés, ont aussi comparu.

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