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Procès Shafia : première journée de délibérations terminée

Mohammed Shafia, Tooba Yahya et leur fils Hamed

Mohammed Shafia, Tooba Yahya et leur fils Hamed

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les jurés au procès de trois membres de la famille Shafia ont terminé leur première journée de délibérations. Les cinq hommes et sept femmes ont délibéré pendant neuf heures et n'ont pas demandé d'explications au juge.

Ils reprendront leurs délibérations dimanche à 9h.

Les jurés sont séquestrés jusqu'à l'obtention d'un verdict et ne peuvent communiquer avec l'extérieur. Ils doivent choisir entre trois verdicts : coupables de meurtres prémédités, coupables de meurtres non prémédités ou non coupables.

Dans les instructions qu'il a données, le juge Maranger a précisé qu'il n'était pas nécessaire de rendre un verdict identique pour tous les accusés, même s'ils font face aux mêmes accusations et qu'ils sont jugés ensemble.

Mohammad Shafia, sa seconde épouse Tooba Yahya et leur fils Hamed Mohammad Shafia sont accusés des meurtres prémédités de trois des filles du couple : Zainab, Sahar et Geeti (âgées de 19, 17 et 13 ans) et de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, âgée de 52 ans.

Les quatre femmes ont été retrouvées mortes noyées dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

Les trois accusés ont plaidé non coupables aux accusations portées contre eux.

Depuis le début du procès, les avocats de la défense ont plaidé le simple accident. La Couronne a plutôt argué qu'il s'agissait d'un meurtre prémédité commis pour laver l'honneur de la famille, et mis en scène pour faire croire à un accident.

Au cours du procès, qui a jusqu'à présent duré quatre mois, 160 éléments de preuve, dont des centaines de photographies ainsi que des dizaines d'heures d'écoute électronique et d'interrogatoires, ont été présentés aux jurés.

Cinquante-huit témoins, dont des enseignants, des adolescentes, des travailleurs sociaux, des policiers, des spécialistes des technologies, des professionnels médicaux, des membres de la famille Shafia ainsi que deux des accusés, ont aussi comparu.

Des éléments de preuve cachés aux jurés

Samedi, des éléments de preuve cachés aux jurés ont été dévoilés.

Parmi les preuves qui n'ont pas été présentées durant les quatre mois de procès, il y a notamment le témoignage d'un garçon de 8 ans, qui réside dans une maison en face de l'écluse où les quatre victimes ont été retrouvées.

Lors de l'enquête préliminaire, le jeune garçon a raconté s'être levé pour aller boire un verre d'eau dans la nuit du drame, soit le 30 juin 2009. C'est à ce moment-là qu'il a aperçu la forme de deux voitures près de l'écluse. Selon lui, il y avait un petit véhicule avec les phares éteints et un autre plus gros avec les lumières allumées. Il a dit avoir entendu un bruit d'éclaboussure, suivi d'un bref coup de klaxon.

Il a affirmé être sorti à l'extérieur de sa résidence pour voir plus clairement ce qui se passait à 200 mètres de chez lui. Il a toutefois précisé ne pas avoir vu ni entendu personne sur les lieux.

Me Conrad Lord, avocat spécialisé en droit criminel, avance quelques thèses quant à la non-divulgation de cette preuve. Il est d'avis que pour éviter des risques de contradictions et pour ne pas contaminer la preuve, la Couronne a peut-être préféré ne pas faire témoigner le garçon. L'avocat estime aussi que le long délai entre l'enquête préliminaire et le début du procès, en plus du jeune âge du garçon, pourraient justifier le geste de la Couronne.

Mohammad Shafia aurait aussi menacé le frère de sa deuxième femme, Fazil Javad, avec un couteau lors d'un rassemblement familial pour les funérailles, à la maison des Shafia, quelques jours après le drame.

Par ailleurs, une avocate de Montréal a affirmé que Mohammad Shafia lui aurait offert 10 000 $ pour faire arrêter le processus d'obtention des papiers d'immigration pour sa première femme, Rona. M. Shafia lui aurait dit que cette dernière causait des problèmes et qu'il souhaitait la voir repartir pour l'Afghanistan.

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