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Des éléments de preuve cachés aux jurés du procès Shafia

Mohammad Shafia, de sa femme Tooba Yahya et de leur fils Hamed lors de leur arrivée au palais de justice de Kingston le 10 janvier dernier.

Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed (archives)

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au moment où le jury entame sa première journée de délibérations dans le procès Shafia, des éléments de preuve, cachés aux cinq hommes et sept femmes, sont dévoilés.

Parmi les preuves qui n'ont pas été présentées durant les quatre mois de procès, il y a notamment le témoignage d'un garçon de 8 ans, qui réside dans une maison en face de l'écluse où les quatre victimes ont été retrouvées.

Lors de l'enquête préliminaire, le jeune garçon a raconté s'être levé pour aller boire un verre d'eau dans la nuit du drame, soit le 30 juin 2009. C'est à ce moment-là qu'il a aperçu la forme de deux voitures près de l'écluse. Selon lui, il y avait un petit véhicule avec les phares éteints et un autre plus gros avec les lumières allumées. Il a indiqué avoir entendu un bruit d'éclaboussure, suivi d'un bref coup de klaxon.

Il a affirmé être sorti à l'extérieur de sa résidence pour voir plus clairement ce qui se passait à 200 mètres de chez lui. Il a toutefois précisé ne pas avoir vu ni entendu personne sur les lieux.

L'avocat spécialisé en droit criminel, Conrad Lord, avance quelques thèses quant à la non-divulgation de cette preuve. Il est d'avis que pour éviter des risques de contradictions et pour ne pas contaminer la preuve, la Couronne a peut-être préféré ne pas faire témoigner le garçon. L'avocat estime aussi que le long délai entre l'enquête préliminaire et le début du procès, en plus du jeune âge du garçon, pourraient justifier le geste de la Couronne.

Retour sur les faits

Mohammad Shafia, sa seconde épouse Tooba Yahya et leur fils Hamed Mohammad Shafia sont accusés des meurtres prémédités de trois des filles du couple : Zainab, Sahar et Geeti (âgées de 19, 17 et 13 ans) et de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, âgée de 52 ans.

Les quatre femmes ont été retrouvées mortes noyées dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

Les trois accusés ont plaidé non coupables aux accusations portées contre eux.

Mohammad Shafia aurait aussi menacé le frère de sa deuxième femme, Fazil Javad, avec un couteau lors d'un rassemblement familial pour les funérailles dans la maison des Shafia, quelques jours après le drame.

Par ailleurs, une avocate de Montréal a affirmé que Mohammad Shafia lui aurait offert 10 000 $ pour faire arrêter le processus d'obtention des papiers d'immigration pour sa première femme, Rona. M. Shafia lui aurait dit que cette dernière causait des problèmes et qu'il souhaitait la voir repartir pour l'Afghanistan.

Deux thèses s'affrontent dans ce procès. Les avocats de la défense ont plaidé en faveur d'un simple accident dû à l'inexpérience de la conductrice. La Couronne a plutôt argué qu'il s'agissait d'un meurtre prémédité commis pour laver l'honneur de la famille, et mis en scène pour ressembler à un accident.

Les directives du juge Robert Maranger

Les jurés sont séquestrés jusqu'à l'obtention d'un verdict. Vendredi, le juge Robert Maranger a donné ses directives aux 12 jurés, contenues sur quelque 200 pages. Il leur a présenté les trois verdicts qu'ils pourraient rendre à l'endroit des trois accusés : coupables de meurtres prémédités, coupables de meurtres non prémédités ou non coupables.

Dans les instructions qu'il a données, le juge Maranger a précisé qu'il n'était pas nécessaire de rendre un verdict identique pour tous les accusés, même s'ils font face aux mêmes accusations et qu'ils sont jugés ensemble.

Soulignant l'importance de leurs responsabilités, le juge Maranger a demandé aux jurés de bien étudier la preuve présentée. Au cours de ce procès hautement médiatisé, qui a jusqu'à présent duré quatre mois, 160 éléments de preuve, dont des centaines de photographies ainsi que des dizaines d'heures d'écoute électronique et d'interrogatoires, ont été présentés aux jurés.

Cinquante-huit témoins, dont des enseignants, des adolescentes, des travailleurs sociaux, des policiers, des spécialistes des technologies, des professionnels médicaux, des membres de la famille Shafia ainsi que deux des accusés, ont aussi comparu.

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