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L'ONU préoccupée par la situation des prisonniers libyens

Des détenus s'entassent dans une prison improvisée de Misrata, en Libye.
Des détenus s'entassent dans une prison improvisée de Misrata, en Libye. Photo: Manu Brabo
Radio-Canada

Le gouvernement de transition en Libye doit prendre le contrôle de tous les centres de détention du pays pour empêcher de nouveaux abus contre les prisonniers, a déclaré vendredi la haute commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Navi Pillay.

D'anciennes milices rebelles détiennent jusqu'à 8000 prisonniers dans une soixantaine de centres de détention en Libye, selon Mme Pillay. « Il y a de la torture, des exécutions extrajudiciaires, des viols d'hommes et de femmes dans ces prisons », a-t-elle déclaré à l'Associated Press.

Mme Pillay se dit particulièrement préoccupée par le sort des détenus d'Afrique subsaharienne, soupçonnés d'avoir été des mercenaires de Mouammar Kadhafi par les anciennes brigades révolutionnaires.

Médecins sans frontières a annoncé jeudi la suspension de ses activités dans les prisons de Misrata, car les détenus y sont « victimes de tortures et ne peuvent recevoir des soins médicaux d'urgence », souligne l'ONG dans un communiqué.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnistie internationale a de son côté fait état jeudi de mauvais traitements répandus contre les détenus dans d'autres villes ayant conduit à la mort de plusieurs prisonniers.

Trois mois après la mort de Mouammar Kadhafi, capturé et tué lors de la chute de sa ville natale de Syrte le 20 octobre 2011, ces accusations constituent un motif d'embarras pour le Conseil national de transition (CNT), au pouvoir, qui tente d'établir son autorité sur un pays divisé.

Mme Pillay, qui a informé mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU de la situation en Libye, estime que le gouvernement de transition libyen aura besoin d'aide pour prendre le contrôle des prisons et les gérer convenablement. « Il faut faire quelque chose immédiatement pour aider les autorités afin que l'État prenne le contrôle de ces centres de détention », a-t-elle déclaré.

Associated Press

Le Canada condamne des actes de torture perpétrés par le gouvernement

Le Canada a interpellé des diplomates libyens à Ottawa et à Tripoli, vendredi, après avoir pris connaissance de rapports documentant des actes de torture systématiques perpétrés par le nouveau gouvernement intérimaire de la Libye.

Le ministère des Affaires étrangères a envoyé des notes aux capitales libyenne et canadienne afin d'exprimer son mécontentement face aux informations contenues dans des rapports qui font état de torture et de décès de loyalistes dans des prisons libyennes.

Les organismes Amnistie internationale et Médecins sans frontières (MSF) ont tous deux sonné l'alarme jeudi.

Amnistie internationale a déclaré que de nombreux prisonniers étaient morts après avoir été victimes de torture dans les dernières semaines et les derniers mois. L'organisme de défense des droits de la personne a fait état de la procédure répandue de mauvais traitements envers les loyalistes, fidèles à l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi.

MSF a annoncé son retrait de la ville de Misrata, affirmant qu'on y amenait certains détenus pour les soigner dans le seul but qu'ils puissent être interrogés par la suite.

Les nouveaux dirigeants de la Libye ont bénéficié du soutien de nombreux pays occidentaux, dont le Canada, dans leur lutte pour renverser Mouammar Kadhafi.

« Nous sommes très préoccupés par ces allégations, et nous en discuterons officiellement avec le gouvernement intérimaire de la Libye à Ottawa et à Tripoli », a indiqué Joseph Lavoie, porte-parole du ministre des Affaires étrangères John Baird, dans un courriel.

« Le Canada continuera d'aider les Libyens à mettre sur pied une société juste et démocratique qui respecte les droits de la personne et la primauté du droit », a-t-il ajouté.

L'ambassade de la Libye à Ottawa n'a pas retourné les appels de La Presse Canadienne.

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