•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'inestimable fortune du clan Ben Ali

Zine el-Abidine Ben Ali et son épouse Leïla en 2009

Zine el-Abidine Ben Ali et son épouse Leïla en 2009

Photo : AFP / FETHI BELAID

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après la fuite de l'ex-président Zine El-Abidine Ben Ali le 14 janvier 2010, le monde entier a pu voir les images diffusées par la télévision tunisienne, montrant derrière une bibliothèque des liasses de billets, des bijoux, des pierres précieuses, des montres de luxe et même des bouteilles de vin millésimées. Les images étaient prises dans un des palais de Ben Ali.

La valeur du tout a été estimée à 175 millions d'euros (225 millions de dollars), dont 21 millions euros (27 millions de dollars) d'argent liquide.

Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg de la fortune du clan Ben Ali et de sa belle famille Trabelsi.

Le magazine Forbes avait estimé la fortune de l'ancien président tunisien deux ans avant sa chute à cinq milliards de dollars.

Cependant, Sherpa, une association française qui traque les fortunes mal acquises des dictateurs, estime quant à elle la fortune de 5 à 10 milliards de dollars.

Les avoirs (argent, biens immobiliers, chevaux de course, etc.) seraient répartis entre la France, la Suisse, le Brésil, l'Argentine, le Canada et les monarchies du Golfe.

Comment s'est constituée cette fortune?

L'ex-président Ben Ali, ses filles et ses gendres, sa seconde épouse Leïla Trabelsi, coiffeuse de profession, et ses frères ne possédaient rien de notable avant l'accession au pouvoir.

Comment au bout de 23 ans de règne, ce clan a-t-il pu acquérir autant de biens?

Mis à part les procédés habituels propres à ce type de pouvoir, comme la corruption, le clan Ben Ali a commencé à s'enrichir au début des années 2000.

Sous les injonctions du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement tunisien engage alors un programme de privatisation qui va permettre aux membres du clan d'acquérir des terres agricoles, des terrains, des entreprises grâce aux crédits octroyés par les banques tunisiennes.

L'opération a pris une telle ampleur que l'organisation de développement et coopération économiques (OCDE) a dû tirer la sonnette d'alarme, mais en vain.

Selon les autorités financières tunisiennes, les familles Ben Ali et Trabelsi possédaient 90 entreprises et avaient des participations dans 123 autres.

Quelques cas illustrant la main mise du clan sur l'économie du pays

Belhassen Trabelsi, le beau frère de l'ex-président, régnait en maître sur plusieurs secteurs de l'économie tunisienne.

Il possédait des parts dans la Banque de Tunisie, principale banque privée du pays. Il était propriétaire de la compagnie aérienne Karthago Airlines, de nombreux médias et de la plus importante cimenterie du pays. Il avait aussi des intérêts dans les secteurs de l'immobilier et du tourisme.

Sakhr Al-Materi (époux de Nesrine, la fille de Ben Ali) avait des parts dans deux banques privées, était à la tête d'un empire médiatique (radio et journaux). Il était également l'importateur exclusif de plusieurs marques de voiture.

D'autres membres du clan avaient la mainmise sur les marchés de la téléphonie mobile, d'Internet et des grandes chaînes de distribution d'alimentation (en association avec des groupes français).

Au lendemain de la chute du régime tunisien, la Suisse a gelé les avoirs de Ben Ali, la France a promis de surveiller les mouvements des comptes du clan, mais une année après la chute de Ben Ali, aucun pays n'a divulgué les chiffres exacts de la fortune du clan et ce qu'elle est devenue.

En octobre 2009, les journalistes français Nicolas Beau et Nicole Graciet avaient publié un livre d'enquête intitulé La régente de Carthage dans lequel ils ont dévoilé les procédés du clan Ben Ali-Trabelsi ayant conduit à leur main mise sur l'économie du pays.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !