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Fin des plaidoiries au procès Shafia

Le palais de justice de Kingston a été évacué en raison d'un problème de sécurité.

Le palais de justice de Kingston a été évacué en raison d'un problème de sécurité.

Photo : Lorian Bélanger

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les plaidoiries finales de la Couronne au procès Shafia, hautement médiatisé, se sont terminées jeudi soir, après avoir repris en milieu d'après-midi à la suite de l'évacuation, pendant plusieurs heures, du palais de justice de Kingston, en Ontario, pour des raisons de sécurité.

Les instructions du juge Robert Maranger aux jurés ont été reportées à vendredi. Le magistrat a précisé qu'elles prendraient toute la journée. Les 12 jurés entreprendront ensuite leurs délibérations.

Une évacuation retarde les procédures

Les forces de l'ordre ont ordonné l'évacuation du palais de justice vers 9 h 30 pour un « problème de sécurité ». Des témoins ont affirmé à Radio-Canada que des policiers et même le juge avaient expliqué que l'évacuation était due à une alerte à la bombe. La police a toutefois refusé de confirmer ou d'infirmer l'information.

Une centaine de personnes se trouvaient dans l'édifice lorsque l'évacuation rapide a été ordonnée. Les trois accusés, Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed, ont été évacués à bord d'un fourgon cellulaire. Les jurés ont été pour leur part renvoyés chez eux.

Des policiers de l'escouade tactique et des agents de la Police provinciale de l'Ontario ont été dépêchés sur les lieux par mesure de précaution et un périmètre de sécurité a été bouclé.

Les mesures de sécurité au palais de justice ont été renforcées, notamment avec l'utilisation de détecteurs de métaux, et elles le resteront jusqu'à la fin du procès.

La Couronne s'attaque à la thèse de l'accident

Lorsque les procédures ont finalement repris, la Couronne a poursuivi sa plaidoirie finale. La procureure de la Couronne, Laurie Lacelle, a affirmé que les accusés, d'origine afghane, n'acceptaient pas le style de vie nord-américain de leurs filles.

Elle a déclaré aux jurés que les trois accusés, qui ont ont tous trois plaidé non coupables à quatre accusations de meurtre prémédité, étaient aussi responsables les uns que les autres d'avoir planifié et commis les quatre meurtres, afin de se débarrasser de certains membres de la famille qui la déshonoraient.

Il y avait une branche malade dans l'arbre généalogique des Shafia. Leur décision a été de tailler l'arbre et de le replanter dans la bonne forêt.

La procureure de la Couronne, Laurie Lacelle

Chacun des accusés avait son rôle dans ce plan, a avancé la procureure Lacelle, même la mère, qui devait s'assurer que ses filles ne se doutent pas de ce qui allait leur arriver.

Selon l'exposé qu'elle a présenté, la preuve amassée par les policiers contre les accusés sur les lieux du crime est largement suffisante et accablante pour démontrer hors de tout doute raisonnable que la mort des trois filles du couple Shafia et de l'ex-femme du père, Mohammad, est le fruit de meurtres prémédités et non d'un accident de la route, comme le prétend la défense.

La voiture de marque Lexus (droite) de la famille Shafia a des traces d'impact qui correspondent à celles sur l'autre voiture, la Nissan (gauche), retrouvée dans le canal Rideau, a indiqué un expert en reconstitution de scènes d'accident de la Police provinciale de l'Ontario (26 octobre 2011).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La voiture de marque Lexus (droite) de la famille Shafia a des traces d'impact qui correspondent à celles sur l'autre voiture, la Nissan (gauche), retrouvée dans le canal Rideau, a indiqué un expert en reconstitution de scènes d'accident de la Police provinciale de l'Ontario (26 octobre 2011).

Dans sa plaidoirie, la procureure a rappelé au jury que les policiers avaient découvert des fragments d'un phare de la voiture de Mohammad Shafia à l'endroit même où la voiture des victimes a été retrouvée, coulée dans le canal Rideau, à Kingston.

La procureure est aussi revenue sur le témoignage d'un témoin expert selon lequel plusieurs éléments démontrent que la voiture de Mohammad Shafia a été utilisée pour pousser celle des victimes dans le canal de navigation.

La Couronne a aussi rappelé que la voiture des victimes avait été retrouvée avec le contact du moteur et les phares éteints. Qui plus est, aucune des victimes ne portait sa ceinture de sécurité et les dossiers des sièges étaient inclinés à 45 degrés.

Des détails que les accusés auraient oubliés, selon la Couronne, lorsqu'ils ont tenté de maquiller la scène du crime pour faire croire à un accident de la route.

Un crime d'honneur, selon la Couronne

Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et  leur fils Hamed lors de leur arrivée au palais de justice de Kingston le 10 janvier dernier.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed (archives)

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

La procureure Laurie Lacelle a ajouté que les trois accusés sont les dernières personnes à les avoir vues en vie et qu'ils sont aussi les trois seules personnes au monde qui avaient des raisons de vouloir faire disparaître ces quatre femmes.

D'après la théorie avancée au soutien de l'accusation, il s'agirait d'un crime d'honneur destiné à laver la réputation de la famille supposément ternie par les trois filles qui étaient trop émancipées et qui revendiquaient trop de libertés au goût de leurs parents, ce qui heurtait les valeurs culturelles de la famille d'origine afghane.

Retour sur les faits

Mohammad Shafia, sa seconde épouse Tooba Yahya et leur fils Hamed Mohammad Shafia sont accusés des meurtres prémédités de trois des filles du couple: Zainab, Sahar et Geeti (âgées de 19, 17 et 13 ans) et de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, âgée de 52 ans.

Les quatre femmes ont été retrouvées mortes noyées dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

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