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Procès Shafia : la Couronne poursuivra ses plaidoiries jeudi

Mohammad Shafia, de sa femme Tooba Yahya et de leur fils Hamed lors de leur arrivée au palais de justice de Kingston le 10 janvier dernier.

Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed (archives)

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au procès des trois membres de la famille Shafia, à Kingston, en Ontario, les procureurs de la Couronne ont passé beaucoup de temps mercredi après-midi à parler des raisons pour lesquelles ils croient que Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed ont tué quatre de leurs proches.

La procureure qui a fait la présentation, Me Laurie Lacelle, a dit que la notion de crime d'honneur donne un contexte aux événements et aide à comprendre pourquoi des parents qui disent aimer leurs enfants pourraient aussi les tuer.

La Couronne a dépeint les quatre victimes, les trois filles et l'ex-femme de Mohammad Shafia, comme des alliées, des femmes qui partageaient les mêmes besoins de liberté, qui désiraient désespérément quitter le foyer des Shafia.

Selon la Couronne, les accusés tentaient d'étouffer ces désirs, tentaient de contrôler les victimes, mais lorsqu'ils ont cru avoir perdu le contrôle, ils ont commencé à planifier des meurtres.

De plus, Me Lacelle a soutenu que la seule explication possible de la présence de morceaux du phare avant de la Lexus familiale sur le site où les quatre femmes sont mortes est que ce véhicule avait servi à pousser la Nissan Sentra dans laquelle se trouvaient les victimes dans une écluse de Kingston.

« Ce n'était pas un accident, c'était un meurtre », a-t-elle dit.

Toutefois, la Couronne a peu parlé de ce qui prouverait que les accusés ont bel et bien tué, ce qui devrait se faire jeudi, lors de la suite des plaidoiries.

La défense rejette la thèse d'un crime d'honneur

De leur côté, les avocats des Shafia ont donné une version complètement opposée.

Au cours de la matinée, l'avocat du fils, Hamed, a conclu les plaidoiries de la défense en demandant au jury de rejeter la thèse d'un crime d'honneur que les accusés auraient commis pour laver l'honneur de la famille, apparemment souillé par le comportement de leurs trois filles et de l'ex-femme de Mohammad Shafia.

Selon Me Patrick McCann, le meurtre de quatre femmes pour restaurer l'image de cette famille, comme l'avance la Couronne, n'a aucun sens.

L'avocat a par ailleurs décrit les trois soeurs de son client comme des filles rebelles qui n'hésitaient pas à mentir pour obtenir la sympathie de leurs professeurs.

C'est pourquoi il a demandé au jury de ne pas trop s'attarder sur les témoignages du personnel de l'école qu'elles fréquentaient, des services de protection de la jeunesse et des policiers qui ont raconté à la cour que les trois adolescentes se disaient victimes de mauvais traitements de la part de leurs parents.

Le soir du drame demeure un mystère, soutient la défense

En ce qui a trait au soir des quatre meurtres, l'avocat de Hamed Shafia a expliqué aux jurés que la Couronne leur demande dans cette affaire de deviner les faits puisqu'elle n'a pu fournir que des preuves circonstancielles sur le déroulement des meurtres.

Ce qui n'est pas suffisant pour condamner des gens pour meurtre prémédité, a rappelé Me McCann.

L'avocat de Hamed Shafia, Me Patrick McCannAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocat de Hamed Shafia, Me Patrick McCann

Un argument clé qu'ont aussi soulevé les avocats de Mohammad Shafia et de sa femme plus tôt cette semaine.

Depuis mardi, la défense martèle qu'il était impossible de penser que les accusés aient pu noyer les membres de leur famille, de les mettre dans une voiture et de pousser enfin le véhicule dans une écluse de Kingston, le soir du drame.

Pour la défense, la mort des quatre femmes est le fruit d'un accident de la route, sans plus. La Couronne n'a pas, selon la défense, réussi à prouver sa cause hors de tout doute raisonnable.

On ne sait pas où, comment ni pourquoi. C'est ça le plus grand trou dans cette cause. Pourquoi auraient-ils utilisé la route suggérée par la police quand il y avait d'autres chemins possibles? Pourquoi?

Peter Kemp, avocat de Mohamed Shafia

Une fois la plaidoirie des procureurs de la Couronne terminée, probablement jeudi, le juge donnera ses instructions finales aux jurés avant le début des délibérations, vendredi.

Mohammad Shafia, sa seconde épouse Tooba Yahya et leur fils Hamed Mohammad Shafia sont accusés des meurtres prémédités de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, et de trois filles que Mme Yahya a eues avec Mohammad Shafia : Zainab, Sahar et Geeti.

Les quatre femmes ont été retrouvées mortes noyées dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

Avec les informations de CBC

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