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Bernard Landry critique la stratégie de Pauline Marois

Bernard Landry nie avoir imposé son choix

Bernard Landry nie avoir imposé son choix

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À trois jours du Conseil national du Parti québécois, l'ex-premier ministre Bernard Landry s'en prend à la stratégie de « gouvernance souverainiste » défendue par la chef péquiste Pauline Marois.

Celui qui a gouverné le Parti québécois de 2001 à 2005 s'est invité mardi dans le débat sur le leadership de Mme Marois, en publiant une lettre ouverte dans les grands quotidiens québécois, puis en multipliant les entrevues.

M. Landry estime que la stratégie de gouvernance souverainiste prônée par Pauline Marois envoie un message « très néfaste » à la population. Selon lui, elle est à l'origine non seulement des difficultés du Parti québécois, mais aussi de la défaite cuisante du Bloc québécois le 2 mai dernier.

« On ne peut faire comme si on était souverain quand on est une simple province, ni agir comme si on était aux Nations unies quand on siège tout bêtement au Conseil de la fédération », assène M. Landry dans sa lettre. « Une telle doctrine envoie le message que si l'on peut agir en État souverain sans l'être, la souveraineté n'est donc pas indispensable ».

« Si on peut gouverner souverainiste sans l'être, pourquoi se battre pour la souveraineté? »

— Une citation de  Bernard Landry

Selon Bernard Landry, il importe de dissiper ce que l'ex-premier ministre péquiste Jacques Parizeau appelait « le flou artistique ». Il estime que la création d'un comité sur l'avenir stratégique du Québec, annoncée lundi par Pauline Marois, démontre que le Parti québécois commence à recentrer son discours sur l'indépendance.

« Je pense qu'eux-mêmes ont commencé à comprendre que quand on dirige le parti fondé par René Lévesque pour faire l'indépendance du Québec, on travaille à ça, et on en fait un objectif », a-t-il soutenu sur les ondes du Réseau de l'information.

« La mondialisation, l'action du gouvernement Harper et la diminution du poids du Québec dans l'appareil décisionnel canadien, tout ça pousse non pas à retarder, mais à accélérer » la nécessité de faire l'indépendance.

Le député péquiste Sylvain Gaudreault réagit

Pauline Marois n'a pas réagi aux propos de Bernard Landry, et il n'est pas prévu qu'elle le fasse mardi. Elle devrait s'adresser aux journalistes à l'occasion de la réunion du caucus péquiste qui se tiendra mercredi, à Joliette.

Le député péquiste Sylvain GaudreaultAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député péquiste Sylvain Gaudreault

Le député péquiste Sylvain Gaudreault a cependant défendu la pertinence de la gouvernance souverainiste, un projet qu'il juge « positif », et qui a d'ailleurs été avalisé par les membres du parti.

« C'est en ayant plus d'espace de liberté qu'on donne aux Québécois le goût d'avoir la liberté totale. Alors plus de liberté en matière de justice, plus de liberté en matière de culture, plus de liberté en matière d'environnement de relations internationales. Alors, qu'est-ce qui vient au bout de ça? C'est d'avoir la totale. Et la totale, c'est l'indépendance politique. C'est ça la gouvernance souverainiste. C'est de passer à l'action, c'est de donner le goût aux Québécois d'en avoir de plus en plus », affirme-t-il.

Sylvain Gaudreault invite par ailleurs Bernard Landry « à fréquenter les instances du Parti québécois comme militant, et à faire valoir ses idées comme les autres ».

« Moi, je fonctionne sur la base des choix et des votes qui ont été faits de façon démocratique à l'intérieur des instances. On a une stratégie qui a été adoptée par un congrès », ajoute-t-il.

« La patrie avant le parti », plaide Landry

Dans sa lettre aux médias, M. Landry dit être soucieux de ne pas personnaliser le débat et n'évoque pas nommément Mme Marois. Il ne manque toutefois pas de rappeler une phrase qui lui est chère : « la patrie avant le parti, et le parti avant les ambitions personnelles ».

S'il souligne que la « détresse actuelle » du Parti québécois ne se résume pas à une question de leadership, rappelle-t-il plus loin, les personnes qui le dirigent n'en ont pas moins le devoir « crucial et impérieux [de] mettre l'intérêt national avant toute forme d'ambitions personnelles ».

« Qui est le mieux placé pour nous conduire rapidement au pouvoir, étape essentielle vers l'indépendance? Cette réflexion s'impose à tous les militants qui doivent faire preuve de lucidité, de solidarité et d'unité pour renforcer notre option », écrit-il.

« Je suis bien placé, avec la trajectoire qui est la mienne, pour dire aux personnes concernées qu'elles doivent penser à la patrie avant tout », ajoute l'ex-chef péquiste, qui a démissionné après que les militants péquistes eurent approuvé son leadership dans une proportion de 76 %, qu'il a jugée trop faible.

Interrogé à RDI au sujet de l'opportunité pour les péquistes de conclure une alliance stratégique avec les autres forces souverainistes à l'Assemblée nationale, Bernard Landry soutient qu'il « doit y avoir au moins un dialogue ».

« Ça dépend des circonstances, ça dépend du contenu de ces ententes, mais ces ententes doivent être faites encore une fois non pas dans un intérêt partisan et électoraliste, mais dans l'intérêt de l'indépendance », précise-t-il.

La déclaration de Bernard Landry survient à trois jours du Conseil national du Parti québécois, où des militants du SPQ-libre comptent remettre en cause le leadership de Pauline Marois, et moins de 24 heures après que Pauline Marois eut exprimé le souhait que ces mouvements de contestation cessent.

Sur les déboires de Gilles Duceppe

Bernard Landry a profité de son entrevue au Réseau de l'information pour commenter les problèmes de Gilles Duceppe. Selon le quotidien La Presse, il a payé pendant des années le salaire de son directeur général et celui d'une conseillère à même le budget accordé par la Chambre des communes pour le fonctionnement de son cabinet. Selon M. Landry, La Presse a « commis une injustice » et doit rendre des comptes.

« Ce que La Presse a fait à Gilles Duceppe m'apparaît comme un lynchage, une sorte d'assassinat [...] alors qu'un fonctionnaire du Parlement dit qu'il n'a violé aucune règle et qu'un chef de parti a le droit de dépenser l'argent y compris pour des fins partisanes. Il dit en plus que ça ne coûte rien aux contribuables, que cet argent-là est déjà dans les mains du chef », dit-il, en faisant référence à des informations publiées mardi dans Le Devoir.

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