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La rencontre avec le premier ministre inquiète la chef d'Attawapiskat

Des abris de fortune à Attawapiskat

Des abris de fortune à Attawapiskat

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Les chefs des Premières Nations se réuniront demain à Ottawa pour leur rencontre avec le premier ministre Stephen Harper. Si la crise du logement à Attawapiskat semble avoir été l'élément déclencheur de ce sommet, la chef de bande d'Attawapiskat Theresa Spence entrevoit toutefois cette rencontre avec beaucoup d'appréhension.

Il s'agit d'une première réunion du genre depuis que le premier ministre Stephen Harper a pris le pouvoir.

J'ignore à quoi m'attendre, mais je crois qu'il y aura beaucoup de tension dans l'air et je suis nerveuse

Theresa Spence
Theresa Spence

Theresa Spence

Photo : Les classes portatives d'Attawapiskat

Theresa Spence se sent intimidée par l'attitude du gouvernement et craint que les revendications autochtones ne soient pas entendues, mais elle se dit tout de même encouragée parce qu'elle pourra s'assoir à une même table avec les autres chefs des premières nations.

Selon le sénateur conservateur originaire de la réserve de Kitigan Zibi au Québec, Patrick Brazeau, Stephen Harper sera ouvert, mais seulement si les chefs font preuve de transparence. « Le premier ministre est sincère à aller de l'avant pour améliorer les conditions de vie des autochtones. Il va peut-être proposer des idées qui vont être pragmatiques et enracinées dans la responsabilité », explique-t-il.

Theresa Spence, quant à elle, veut faire face au premier ministre parce qu'elle veut sortir son peuple de la misère. « Je ne veux plus voir ma communauté traverser ce qu'elle a dû traverser au fil des ans », souligne-t-elle.

Certains voient la rencontre comme un événement historique. Le Grand-chef adjoint de la Nation Nishnawbe Aski, qui représente 49 réserves en Ontario, espère s'entendre sur la manière de répondre aux besoins pressants des communautés.

Patrick Brazeau (archives)

Patrick Brazeau (archives)

Photo : La Presse canadienne / Ryan Taplin

Le sénateur Patrick Brazeau croit que les chefs devront faire preuve d'ouverture, en particulier concernant la Loi sur les Indiens. « Quand les gouvernements ont proposé des solutions à beaucoup de problèmes, ils ont reçu beaucoup de résistance de la part des chefs. Je pense que les solutions doivent venir des chefs eux-mêmes », poursuit-il.



Les questions des traités, de la gouvernance et de l'amélioration des conditions de vie des Premières Nations sont à l'ordre du jour.

De son côté, l'opposition au parlement espère que la rencontre soit plus qu'un exercice de relations publiques.

Harper veut éviter un nouvel accord de Kelowna

Lorsqu'il rencontrera les leaders autochtones mardi, le premier ministre Stephen Harper cherchera plus que tout à éviter une répétition de l'accord de Kelowna.

Cet accord, qui avait nécessité 18 mois de négociations, a été conclu en 2005 lors du plus récent face à face entre des leaders autochtones et un premier ministre canadien - à l'époque le libéral Paul Martin.

Cette entente complexe entre les provinces, le gouvernement fédéral et de multiples organisations autochtones prévoyait des investissements d'envergure, sur cinq ans, pour s'attaquer aux causes sous-jacentes de la pauvreté. Des fonds devaient notamment être mis de côté pour financer le logement, l'éducation, la santé et le développement économique.

Cependant, quand le gouvernement conservateur a pris le pouvoir quelques mois plus tard, en 2006, il n'a pas jugé bon de financer cette entente de 5 milliards $, la jugeant bâclée.

Le premier ministre Harper a promis de trouver une meilleure solution. Il a présenté des excuses formelles pour les sévices subis dans les pensionnats, et a finalement signé la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

À la veille de cette nouvelle rencontre entre les leaders autochtones et le gouvernement fédéral, les objectifs ambitieux et les bonnes intentions se multiplient, mais personne ne promet l'éradication de la pauvreté ou des dépenses de 5 milliards $ pour soulager les problèmes auxquels font face quotidiennement les autochtones.

Avec les informations de La Presse canadienne

Ontario

Autochtones