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Nouvelles sanctions de l'Union européenne contre l'Iran

Drapeau de l'Union européenne
(archives) Photo: AFP / Jens Kalaene
Radio-Canada

Les pays membres de l'Union européenne se sont mis d'accord lundi matin pour imposer de nouvelles sanctions à l'Iran pour son programme nucléaire controversé.

Ces sanctions vont de l'embargo pétrolier à l'interdiction de produire des pièces et billets de banque pour le compte de la banque centrale iranienne, ainsi que celle de vendre de l'or ou d'autres métaux précieux à l'Iran.

« Un accord de principe pour un embargo pétrolier contre l'Iran a été trouvé », a indiqué à l'AFP une source diplomatique, à l'issue d'une réunion tenue à Bruxelles. L'accord a ensuite été entériné par les ministres européens des Affaires étrangères.

Les sanctions ne devraient toutefois pas entrer en vigueur avant le 1er juillet prochain, a précisé un diplomate de l'UE à l'agence Reuters.

La pression des sanctions vise à s'assurer que l'Iran prenne au sérieux notre demande de venir autour de la table.

Catherine Ashton ,chef de la diplomatie européenne

Un embargo sur le pétrole iranien pourrait ébranler Téhéran, car 18 % du brut qu'elle produit est acheté par des pays européens. Cela représente également 5,8 % du pétrole brut importé en 2012, soit 30,3 millions de tonnes, selon la Commission européenne.

L'Agence internationale de l'énergie indique pour sa part que l'UE a importé 600 000 barils de brut par jour d'Iran entre janvier et octobre 2011.

La République islamique, qui n'a pas donné suite à la proposition de reprise des négociations de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), se voit imposer ces nouvelles mesures qui visent à assécher ses sources de financement.

L'UE, qui a déjà imposé le gel d'avoirs contre 433 sociétés iraniennes et 113 personnes, pense pouvoir compter sur d'autres fournisseurs, dont l'Arabie saoudite, pour compenser l'arrêt des importations d'Iran.

« Guerre psychologique »

« Les sanctions de l'Union européenne contre le pétrole iranien constituent une guerre psychologique (...) Imposer des sanctions économiques est illogique et injuste mais cela n'empêchera pas notre nation de faire prévaloir ses droits », a réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, cité par la télévision publique.

Auparavant, le vice-président de la commission des Affaires étrangères du Parlement iranien a de nouveau agité la menace d'une fermeture du détroit d'Ormuz.

« Si les ventes du pétrole iranien sont perturbées, le détroit d'Ormuz sera certainement fermé », a déclaré Mohammad Kossari.

« Gesticulation diplomatique »

Interrogé par Le Monde, Bernard Hourcade, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS), a qualifié la décision européenne de « gesticulation diplomatique ».

Selon lui, la part du pétrole iranien importé par l'Europe est estimée à 5 ou 6 %. Pour lui, le marché européen est un marché mineur pour l'Iran.

M. Hourcade a expliqué que ces nouvelles sanctions constituaient un revers politique important pour l'Iran, mais économiquement, les conséquences sont « limitées ».

Selon lui, l'Iran continuera de vendre son pétrole à la Chine et la Corée du Sud et l'Inde sont déjà intéressés par le pétrole destiné au marché européen.

Israël n'a pas tardé à réagir et s'est félicité des sanctions que l'Union européenne s'apprête à annoncer à l'encontre de l'Iran. Dans une déclaration à la radio militaire, le ministre chargé des services de renseignement Dan Meridor a affirmé que « le durcissement de ces sanctions et le ton adopté par les Européens sont importants, car cela fait comprendre aux Iraniens qu'il n'est pas acceptable qu'ils poursuivent leur programme nucléaire ».

Sur fond de tensions diplomatiques

Cette annonce survient un peu plus d'une semaine après que le Japon se fut engagé à réduire progressivement ses importations de pétrole iranien afin d'intensifier la pression sur le programme nucléaire de Téhéran.

Les États-Unis avaient également annoncé le 31 décembre dernier de nouvelles sanctions contre l'Iran, sanctionnant notamment les banques qui traitent avec le pays.

Le programme nucléaire iranien est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l'Iran à la communauté internationale, qui soupçonne la République islamique de développer l'arme nucléaire sous le couvert d'un programme nucléaire civil.

Après huit ans d'enquête sur l'Iran, l'AIEA a publié un rapport indiquant que le pays avait travaillé à la mise au point d'une arme nucléaire, des allégations rejetées par Téhéran.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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