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Bloc québécois : des fonds publics pour payer des employés du parti

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Gilles Duceppe

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a payé pendant des années le salaire du directeur général du parti et celui d'une conseillère à même le budget accordé par la Chambre des Communes pour le fonctionnement de son cabinet à Ottawa, rapporte La Presse.

Les fonds accordés doivent être utilisés pour des activités parlementaires et non partisanes. Cette pratique violerait donc les règles de la Chambre.

Selon les informations obtenues par le quotidien montréalais, le DG Gilbert Gardner recevait un salaire annuel de quelque 100 000 $ vers la fin de son mandat. Embauché en 2004, celui-ci travaillait à Montréal et s'affairait à la gestion et à l'organisation du Bloc québécois.

Le comité de régie interne des Communes, responsable d'établir les règles d'utilisation des fonds publics par les députés, n'écarte pas la possibilité d'ouvrir une enquête à ce sujet. « Ça doit être seulement pour des travaux parlementaires et non pas pour les travaux du parti. Il est possible qu'on ait une cause contre le député - dans ce cas-ci M. Duceppe - et qu'on le force à rembourser cet argent », a affirmé à La Presse le député du NPD Joe Comartin, l'un des porte-parole du comité.

Un livre sur le Bloc

Par ailleurs, la conjointe de l'ancien chef de cabinet de M. Duceppe, François Leblanc, a aussi reçu un salaire de plus de 90 000 $ en tant que conseillère, au moment où elle était aux études.

Marie-France Charbonneau a aussi été rémunérée pour l'écriture d'un livre sur les 20 ans du BQ. Au bureau du parti, on précise que la conseillère « a rarement mis les pieds à la Chambre des communes ».

Gilbert Gardner, Marie-France Charbonneau et François Leblanc ont tous perdu leur emploi après la déconfiture électorale du 2 mai dernier. Ils ont eu le droit à une indemnité de départ offerte aux employés de bureau de députés qui perdent leur emploi après des élections. Tous trois ont cependant été engagés peu de temps après par le bureau du BQ à Montréal.

Ils ont finalement été congédiés après l'arrivée du nouveau chef du BQ, Daniel Paillé.

Duceppe se défend d'avoir mal agi

L'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe soutient à La Presse qu'il a toujours payé les membres de son personnel selon les règles. Il confirme que M. Gardner recevait un salaire payé par son cabinet à Ottawa.

« Il n'y a jamais eu de cachette avec l'organigramme et on a toujours fait les choses très légalement », a-t-il affirmé. Il a précisé que des experts de la Chambre ont été consultés dans ce dossier pour s'assurer que les règles étaient suivies.

Interrogé par le quotidien, François Leblanc a défendu sa conjointe tout en soulignant qu'elle travaillait à Montréal et non à Ottawa.

Par voie de communiqué, il a tenté de justifier la façon de payer le DG du parti. « Quant à moi, cette pratique de payer le directeur général à même les fonds dédiés au cabinet du chef n'est pas interdite par les règles régissant le fonctionnement des cabinets », a-t-il écrit, ajoutant qu'il collaborerait avec la Chambre des communes si nécessaire.

Le député conservateur de Beauce, Maxime Bernier, s'est dit estomaqué et outré par cette façon de faire. « Le Bloc québécois doit suivre les règles parlementaires comme tous les partis », a-t-il dit en entrevue au RDI.

« Mon parti va demander une enquête au bureau de la régie interne [du Parlement] pour que ces sommes soient retournées au Parlement si elles ont été utilisées de façon inappropriée », a-t-il dit en entrevue au RDI.

Il affirme aussi que c'est le Parti conservateur qui paie les gens qui font du travail politique.

En entrevue à RDI, le député libéral de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau, s'est dit surpris par les révélations. À son avis, cela démontre un « manque de jugement flagrant » et un « manque d'éthique sérieux ».

« M. Duceppe s'annonçait plus blanc que blanc et critiquait ouvertement mon parti sur les commandites, mais en même temps le directeur général du Bloc québécois se faisait payer à même des fonds publics, qui étaient destinés au fonctionnement de son cabinet. »

Le député confirme que le directeur général du Parti libéral du Canada est payé par des fonds du parti et non pas par le budget parlementaire.

M. Garneau croit que cette procédure du BQ, qui a duré quelques années, devrait avoir des « conséquences ». « C'est une question de jugement. C'est très clair qu'on ne prend pas des fonds publics pour payer le salaire du directeur général du parti qui fait des choses partisanes. Ce sont des fonds qui devraient être séparés l'un de l'autre. »

De son côté, l'actuel président du Bloc québécois, Daniel Paillé, a indiqué qu'il ne réagira pas à ce sujet puisqu'il n'a pas accès aux informations relatives à cette affaire. Il ajoute qu'il n'était pas à la direction du parti durant cette période.

Avec les informations de La Presse canadienne, et La Presse

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