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Report des plaidoiries au procès Shafia

Procès Shafia

Photo : Lorian Belanger

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les plaidoiries finales au procès de trois membres de la famille Shafia, accusés d'avoir tué quatre de leurs proches, ont été repoussées d'une journée.

Les dernières argumentations des avocats devaient commencer lundi à Kingston, en Ontario. Elles auront plutôt lieu mardi.

Les plaidoiries de la Couronne et des trois avocats de la défense devraient durer deux jours. Le juge devrait ensuite prendre une journée pour donner ses dernières instructions au jury.

Après 38 jours d'audiences au palais de justice de Kingston, les témoignages se sont terminés mercredi.

Les trois membres sont accusés des meurtres prémédités de trois adolescentes et d'une femme.

L'expert de la culture et des langues afghanes, qui a notamment enseigné aux militaires américains et canadiens déployés en Afghanistan, a nuancé le concept de crime d'honneur mis de l'avant par la Couronne pour justifier les quatre meurtres. Les procureurs avaient eux-mêmes terminé la présentation de leur preuve avec le témoignage d'une experte qui avait expliqué cette notion.

Après avoir écouté les enregistrements où le père, Mohammad Shafia, insulte et menace ses filles décédées, le professeur a soutenu que ces expressions étaient communément utilisées en Afghanistan par les hommes en colère.

Il a ajouté qu'elles ne voulaient pas nécessairement dire, par ailleurs, que le père aurait réellement découpé ses filles en morceaux.

Ce 58e et dernier témoignage fait en sorte que Hamed Mohammad Shafia ne sera pas appelé à la barre. Son avocat avait déjà confirmé son intention de ne pas le faire témoigner.

L'affaire en bref

Tooba Yahya (42 ans), son mari Mohammad Shafia (58 ans) et leur fils Hamed Mohammad Shafia (21 ans) sont accusés des meurtres prémédités de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad (50 ans), et de trois filles que Mme Yahya a eues avec son mari : Zainab (19 ans), Sahar (17 ans) et Geeti (13 ans).

Les quatre victimes ont été retrouvées mortes dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009. La Couronne défend la thèse du crime d'honneur, ce que nient formellement les trois accusés.

Lundi, la défense avait appelé à la barre des témoins le demi-frère de Mohammad Shafia, Anwar Yaqubi, qui a clamé l'innocence des trois membres de sa famille accusés.

M. Yaqubi, un médecin résidant aux Pays-Bas, a été contre-interrogé par les procureurs de la Couronne mardi. S'emportant, il a lancé que ce sont les policiers de Kingston qui devraient être traduits en justice pour leur rôle dans cette affaire.

Il a notamment souligné qu'il ne fallait pas prendre son demi-frère au sérieux lorsqu'il menaçait de découper des gens en morceaux et que les parents afghans doivent parfois utiliser des mots horribles pour discipliner leurs enfants.

M. Yaqubi, issu du deuxième mariage de la mère de Mohammad Shafia, avait soutenu lundi qu'il n'avait que peu de contacts avec la famille de Mohammad Shafia. Il a néanmoins précisé que Rona Amir et Tooba Yahya, les deux épouses de son demi-frère, étaient comme des soeurs.

Avant que M. Yaqubi ne soit appelé à la barre des témoins, le jury avait entendu une demi-soeur de Mohammad Shafia, Farida Nayebkheil. Venue du Danemark, elle a précisé que ses contacts avec la famille de l'accusé étaient sporadiques, mais s'est dite convaincue que les trois accusés étaient victimes d'une erreur judiciaire.

Mme Nayebkheil, qui a insisté sur le fait qu'elle n'avait jamais entendu parler du concept de crime d'honneur, a cependant admis en contre-interrogatoire qu'elle avait appris la mort de ses nièces deux semaines après les faits. Par ailleurs, elle n'a pas été en mesure d'identifier une des victimes sur une photo de famille.

La Couronne avait terminé lundi son contre-interrogatoire de Tooba Yahya. La femme, qui était à la barre des témoins depuis une semaine, a continué de nier toute implication dans les crimes dont elle est accusée.

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