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Primaire républicaine : lutte à deux en vue en Caroline du Sud

Un échange entre Mitt Romney et  Newt Gingrich au cours du débat de jeudi, à Charleston.

Un échange entre Mitt Romney et Newt Gingrich au cours du débat de jeudi, à Charleston.

Photo : AFP / EMMANUEL DUNAND

Radio-Canada

La lutte pour la primaire républicaine de Caroline du Sud, qui se tient aujourd'hui, s'annonce plus serrée que ce que laissaient présager les sondages il y a une semaine à peine.

Longtemps en tête des sondages de cet État, Mitt Romney a vu fondre son avance sur son principal adversaire dans l'État du Palmetto, Newt Gingrich, au cours des derniers jours. Les deux hommes sont maintenant au coude-à-coude.

Alors qu'il jouissait d'une avance confortable jusqu'en fin de semaine dernière, l'ancien gouverneur du Massachusetts est désormais devancé par l'ex-président de la Chambre des représentants dans la plupart des sondages les plus récents, menés entre les 17 et 19 janvier et recensés par le site Real Clear Politics.

Si Mitt Romney devance son plus proche rival par sept points de pourcentage dans une des six enquêtes d'opinion, Newt Gingrich sort par contre gagnant des cinq autres. Il détient une mince avance variant entre deux et six points de pourcentage. Deux des sondages sont cependant à l'extérieur de la marge d'erreur.

L'ex-sénateur et ex-représentant de Pennsylvanie, Rick Santorum, un catholique ultraconservateur, et le représentant du Texas, Ron Paul, un libertarien, participent aussi à la primaire de samedi, mais ils devraient respectivement se classer troisième et quatrième, du moins si on en croit les sondages.

Des appuis qui varient selon le sexe

Mitt Romney est plus populaire auprès des femmes, tandis que Newt Gingrich rallie davantage les hommes dans les sondages.

S'il était jusqu'à tout récemment considéré le favori, Mitt Romney a d'ailleurs tenté de minimiser les attentes à son endroit. « Dès le début, j'ai dit que la bataille pour la Caroline du Sud est difficile pour un gars du Massachusetts », a-t-il déclaré vendredi matin à des journalistes, après un rassemblement ayant réuni à Gilbert plusieurs centaines de ses partisans ayant bravé la pluie.

« Mon degré d'enthousiasme a monté d'un cran, a-t-il ajouté. Mais nous avons devant nous un long processus - 1150 délégués à obtenir. Je souhaite évidemment de remporter la Caroline du Sud, mais je sais que si ces sondages sont exacts, indépendamment de qui remporte la course, nous obtiendrons tous deux de nombreux délégués. »

Comment sont répartis les délégués de la Caroline du Sud?

En vertu des règlements de l'État, le gagnant recevra automatiquement l'appui de 11 des 25 délégués qui seront envoyés à la convention nationale du parti. Chacun des sept districts remportés vaudra au gagnant deux délégués. Il s'agit d'une élection importante en raison de sa position sur le calendrier, mais elle procure peu de délégués. Ceux-ci ne représentent que 1,1 % du total des 2286 délégués de tous les États.

La répartition des délégués en Caroline du Sud est différente du mode adopté par le New Hampshire, premier État à tenir une primaire, le 10 janvier. Les délégués ont été répartis proportionnellement aux résultats des candidats. Les résultats des caucus de l'Iowa, tenus le 3 janvier, ne sont pas contraignants.

L'un des principaux stratèges de Mitt Romney a lui aussi ménagé une porte de sortie à son patron, reconnaissant sur les ondes de CNN que la défaite était envisageable. « Il faudrait plutôt demander: "A-t-il une chance en Caroline du Sud?" », a dit ce stratège.

Attaqué de tous côtés par ses adversaires, Mitt Romney a notamment dû justifier, au cours des derniers jours, son passé de dirigeant à la société de capital de risque Bain Capital, qui achetait des entreprises dans l'espoir des les rendre plus compétitives, et sa décision de ne pas avoir encore rendues publiques ses déclarations de revenus.

Gingrich optimiste

Newt Gingrich, qui a offert une performance musclée au cours des deux derniers débats, dont celui de vendredi, à Charleston, et en la faveur duquel le gouverneur du Texas Rick Perry, s'est désisté jeudi, a pour sa part affiché davantage d'optimisme.

« Si tous les électeurs conservateurs votent pour moi, nous allons l'emporter avec une avance étonnante », a-t-il prédit devant une foule de plus de 700 personnes, une affluence qui a nécessité l'ouverture d'une deuxième salle. « La journée de demain est extrêmement importante, a-t-il lancé. Nous allons faire un premier pas pour nous assurer qu'un conservateur remportera l'investiture [républicaine] », une allusion à son principal adversaire.

Les détracteurs de l'ancien gouverneur du Massachusetts le décrivent comme un politicien trop peu conservateur, en raison de certaines de ses politiques adoptées par le passé, notamment un plan de réforme de la santé ayant inspiré celle du président Obama, mais aussi des multiples changements de position sur diverses questions sociales, comme l'avortement.

Mais, avec deux divorces à son actif et autant d'infidélités connues, M. Gingrich doit lui-même affronter ses propres fantômes sur le terrain de la morale. En décembre, il a même promis de rester fidèle à sa femme actuelle s'il était élu, prêtant serment dans une lettre envoyée à un groupe évangéliste.

Jeudi, sa deuxième épouse, dont il est divorcé, a affirmé au réseau ABC que, lorsqu'elle avait appris l'existence de sa relation extra-conjugale, il lui avait proposé de vivre en « couple libre » afin de pouvoir poursuivre sa relation avec sa maîtresse, devenue depuis sa femme.

Si Newt Gingrich devait remporter la bataille de la Caroline du Sud - un État conservateur où la religion pèse lourd - les trois premières courses électorales auraient été remportées par autant de gagnants.

Pour Mitt Romney, une deuxième place serait décevante, alors que son équipe avait confiance de remporter une troisième victoire consécutive, après celles de l'Iowa et du New Hampshire.

Le Parti républicain a cependant connu un revirement électoral, jeudi, alors que l'ex-sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum a finalement été déclaré vainqueur des caucus de l'Iowa. Selon les résultats finaux, M. Santorum, un ultraconservateur catholique, l'aurait emporté par 34 voix sur Mitt Romney. Le soir du vote, les résultats officieux du scrutin avaient dans un premier temps accordé à ce dernier une minuscule avance de 8 voix sur M. Santorum.

La victoire au New Hampshire était cependant plus claire, M. Romney étant déclaré vainqueur, avec quelque 40 % des voix.

Depuis 1980, la Caroline du Sud a toujours voté en faveur du candidat républicain qui a fini par remporter l'investiture de son parti.

Avec les informations de Agence France-Presse, Washington Post, CNN, et New York Times

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