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Duceppe s'invite dans le débat sur le leadership de Marois

Gilles Duceppe et Paulne Marois, lors d'une discussion dans l'autobus de campagne du Bloc québécois, le 30 avril 2011.

Gilles Duceppe et Paulne Marois, lors d'une discussion dans l'autobus de campagne du Bloc québécois, le 30 avril 2011.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La contestation de Pauline Marois à la tête du Parti québécois prend encore de l'ampleur, même si la formation se dit prête à envisager des discussions avec d'autres partis et députés indépendants en vue d'une éventuelle alliance stratégique des forces souverainistes. Tandis que des militants péquistes invitent Mme Marois à laisser sa place à l'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, celui-ci évaluerait ses appuis en coulisses.

Si, officiellement, il ne franchit pas le pas, il fait savoir depuis quelques jours aux membres de sa garde rapprochée qu'il est désormais prêt à succéder à la chef péquiste, indiquent plusieurs sources de Radio-Canada.

Interrogé par une journaliste de Radio-Canada sur son désir à diriger le PQ advenant le départ de Pauline Marois, l'ex-chef bloquiste a refusé de confirmer son intérêt ou de le démentir. « On n'en est pas là. Je n'ai pas de commentaire », a-t-il répondu.

Officiellement, il s'en remet à la réflexion des militants, qui se rencontreront en conseil national, du 27 au 29 janvier prochains.

Moi, j'ai confiance que les militants et Pauline Marois sauront prendre la bonne décision qu'il faut pour le parti et l'avenir à leur conseil national.

Une citation de :Gilles Duceppe

Le ténor souverainiste utiliserait cependant les membres les plus loyaux de son entourage pour faire savoir à des députés et à des organisateurs politiques qu'il est prêt à prendre la relève au Parti québécois.

M. Duceppe a par ailleurs récemment profité d'un repas avec la députée péquiste démissionnaire Louise Beaudoin pour lui demander si elle reviendrait au bercail advenant qu'il dirige le parti, affirmait le quotidien La Presse dans son édition de mercredi.

Son entourage indique cependant qu'il ne forcera pas Pauline Marois à partir et qu'il ne s'attaquera pas à elle.

À au moins quatre reprises depuis cet été, la leader souverainiste a invité Gilles Duceppe à se joindre au Parti québécois, que ce soit à titre de conseiller, de député ou de responsable d'un chantier sur la souveraineté, mais en vain. Une récente rencontre entre les deux leaders souverainistes au Mexique n'a pas donné davantage de résultats.

En novembre 2011, Mme Marois avait publié une lettre dans laquelle Gilles Duceppe disait ne pas être prêt à se joindre au Parti québécois. Il démentait se tenir en « réserve de la république » dans le but de lui succéder.

Gilles Duceppe s'était publiquement déclaré intéressé à diriger le Parti québécois dans la foulée de la démission d'André Boisclair en mai 2007. Il s'est finalement ravisé après 24 heures, en évoquant « l'importante et rapide récolte d'appuis de Pauline Marois ». Il disait qu'il était de son « devoir d'éviter au mouvement souverainiste un affrontement porteur de division et, donc, d'affaiblissement ».

Duceppe attendu en sauveur par certains militants

Cette fois-ci, Gilles Duceppe a déjà des appuis au sein de la formation.

Marc Laviolette et Pierre Dubuc, deux ténors du SPQ-libre, un club politique de gauche qui a été exclu du PQ par Pauline Marois en mars 2010, claironnent haut et fort que la chef péquiste doit démissionner. Les deux militants ne mâchent pas leurs mots au sujet de la crise actuelle au sein du parti.

Sur les ondes de Radio-Canada, mercredi, Marc Laviolette a soutenu que le PQ « va mal » et qu'un « changement de cap radical » est nécessaire.

M. Duceppe est l'homme de la situation. C'est un grand homme d'État, un souverainiste convaincu.

Une citation de :Marc Laviolette

« Dans le fond, moi, je suis tout simplement un militant souverainiste du Parti québécois qui refuse de jouer dans l'orchestre sur le pont du Titanic », a-t-il déclaré.

Pierre Dubuc est du même avis. Il soutient que plusieurs députés péquistes souhaitent aussi le départ de la chef, et il espère qu'ils « mettront leurs culottes » lors du conseil national du PQ.

« C'est unanime. Les gens n'osent pas le dire, mais nous, on a décidé de crever l'abcès. [...] Mme Marois, on le voit dans les sondages - mais ce n'est pas seulement dans les sondages, c'est dans nos contacts quotidiens avec les gens - que ça ne passe pas », a-t-il déclaré à Radio-Canada.

« C'est comme quelqu'un qui tombe en bas du 13e étage, illustre-t-il. Ça va bien à tous les étages jusqu'à temps qu'il frappe l'asphalte. Nous, on n'attendra pas le frapper le mur [lors de] l'élection pour dire que ça va mal parce que le risque, c'est la disparition du PQ. »

Mme Marois n'a pas commenté les informations des dernières heures. La chef péquiste refuse les demandes d'entrevue des médias. Un point de presse dont la tenue avait été évoquée mardi n'a finalement pas lieu. La députée Nicole Léger, qui fait partie de sa garde rapprochée, soutient que Mme Marois a un moral d'acier et qu'elle se prépare pour le conseil national.

« ll est en train de se préparer [...] une course à la direction, alors que la chef est toujours en place », avance de son côté le journaliste Pierre Duchesne.

« Non seulement [Gilles Duceppe] dit non, mais il envoie le message qu'il est prêt à s'asseoir dans le fauteuil de Madame », a expliqué l'analyste politique de Radio-Canada Pierre Duchesne. « Les anciens membres du SPQ-libre [...], Marc Laviolette, Pierre Dubuc, et il y en a d'autres, sont clairement une espèce de tête de pont pour M. Duceppe ».

Selon Pierre Duchesne, les discussions des derniers jours sur une possible alliance des forces souverainistes s'expliquent précisément par cette campagne larvée de Gilles Duceppe. « Bernard Drainville, comme d'autres au Parti québécois, ont entendu dire que M. Duceppe est un homme excessivement autoritaire. On ne veut pas chez certains, comme Drainville, voir M. Duceppe arriver ».

Le PQ s'ouvre à des alliances stratégiques

Après des sorties en ce sens par le député Bernard Drainville au cours des derniers jours, le PQ a fini par admettre mercredi qu'il envisageait des alliances avec d'autres formations souverainistes. Lisez notre article pour en savoir plus.

D'après Pierre Duchesne, Gilles Duceppe déteste de son côté Québec solidaire parce qu'il le tient en partie responsable de la défaite historique du Bloc québécois aux élections du 2 mai dernier. M. Khadir avait alors appelé les Québécois à voter pour le Nouveau Parti démocratique, plutôt que le Bloc québécois, dans certaines circonscriptions.

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