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Exclusif

Le Centre jeunesse de Montréal ferme d'urgence un centre privé

Centre d'accueil privé

Le centre est situé au troisième étape de cette immeuble

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Centre jeunesse de Montréal a décidé de fermer d'urgence le centre La Transition et de la ressource intermédiaire Lafontaine, qui accueillent de très jeunes enfants retirés de leurs familles.

Situé dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le centre privé héberge temporairement des jeunes de deux à six ans, en attendant de leur trouver une famille d'accueil. Au fil des années, une vingtaine de jeunes enfants y ont passé plus de six mois, certains jusqu'à deux ans.

Le centre est situé au troisième étage d'un triplex qui ne possède pas de cour et qui n'a aucun parc à proximité. Les enfants ont donc très peu la chance de sortir. « La semaine, ces enfants-là ne vont pas jouer dehors. La seule façon pour qu'ils sortent c'est d'aller chercher les autres enfants à l'école avec l'éducateur, [mais] ce n'est pas une période de jeu », dit Julie Thierry, une éducatrice spécialisée qui travaillait au centre.

Souvent le matin, une seule éducatrice spécialisée devait réveiller, habiller et nourrir les huit enfants hébergés au centre, selon les informations obtenues par la journaliste Pasquale Turbide, de l'émission Enquête. « Il y a des matins, je me souviens, ça a été des débordements totaux. Deux jeunes qui sont en train de s'agresser dans la cuisine pendant qu'un autre veut faire tomber la bibliothèque sur lui. Je veux dire où tu priorises à ce moment-là? T'es toute seule, tu sais », explique Marie-Hélène Gilbert, une éducatrice spécialisée qui travaillait aussi au centre.

Pour s'occuper de ces enfants aux problèmes complexes, le propriétaire disait n'embaucher que du personnel qualifié. « Notre ressource, ce sont seulement des éducateurs spécialisés. C'est sûr que nous on n'embauche pas de menuisiers ni de plombiers, ça va de soi », affirme Daniel Roy.

En fait, le propriétaire du centre a embauché au moins une coiffeuse et un apprenti pompier, son fils. Une bonne partie des autres employés n'avaient pas de formation pertinente et peu d'expérience.

M. Roy, diplômé en marketing, recevait le montant maximal pour cette clientèle, presque 114 $ par jour par enfant. Sa femme et lui partaient en vacances trois mois par année et ils exploitaient deux autres entreprises dans le triplex, dont une agence de voyages sans permis. C'est officiellement pour cette raison que le Centre jeunesse de Montréal a résilié le contrat avec le foyer privé.

Il reste que le Centre jeunesse était tenu d'évaluer régulièrement le foyer de groupe. En trois ans, cela n'a jamais été fait. Le directeur général s'engage à revoir la surveillance des ressources intermédiaires.

« On va faire un examen de nos processus et de nos pratiques pour voir s'il n'y a pas lieu de les modifier pour prévenir qu'on se retrouve dans cette situation-là », assure Jean-Marc Potvin, directeur général du Centre jeunesse de Montréal.

Quant aux enfants du centre, ils ont été déplacés le 9 janvier dernier dans un autre foyer de groupe privé de Montréal.

Une version plus longue de ce reportage sera présentée à l'émission Enquête, le 9 février.

D'après un reportage de Pasquale Turbide

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