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Le projet de pipeline Keystone XL rejeté

Des tuyaux du projet pipeline Keystone XL de TransCanada sont empilés près de Gascoyne, au Dakota du Nord.

Des tuyaux du projet pipeline Keystone XL de TransCanada sont empilés près de Gascoyne, au Dakota du Nord.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président américain, Barack Obama, a confirmé mercredi que son administration ne donnerait pas le feu vert au projet de pipeline de la pétrolière TransCanada.

Il a déclaré qu'il ne pouvait pas assurer la sécurité du projet dans les délais demandés par le Congrès américain.

Cependant, le département d'État a annoncé qu'il permettra à TransCanada de présenter à nouveau son projet de pipeline après avoir modifié son tracé pour le faire passer en dehors de la région écologiquement fragile de Sandhills, au Nebraska.

TransCanada anticipait cette décision

Le président de TransCanada, Russ Girling, a affirmé que la décision du gouvernement américain de refuser son projet était un des scénarios que l'entreprise avait anticipé.

« Nous sommes déçus, mais TransCanada reste pleinement engagée dans la construction du pipeline Keystone XL », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ajouté que l'entreprise fera une nouvelle demande de permis avec un nouveau tracé. Il espère que cette fois le dossier sera étudié rapidement pour que le pipeline soit mis en service à la fin de 2014.

Le projet Keystone XL de TransCanada, évalué à plus de 7 milliards de dollars, vise à transporter du pétrole provenant des sables bitumineux de l'Alberta vers les côtes du Texas.

Le Canada souligne le besoin de diversifier ses marchés pétroliers

Par voie de communiqué, le premier ministre Stephen Harper a indiqué avoir été informé par le président Obama du rejet du projet. M. Harper a dit à M. Obama être « profondément déçu » de cette décision. Il a ajouté que le Canada continuera de travailler afin de diversifier ses exportations énergétiques.

Le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, a quant à lui rappelé que le projet de TransCanada devait créer des milliers d'emplois des deux côtés de la frontière en plus d'assurer la sécurité énergétique des États-Unis.

La première ministre albertaine déçue

La première ministre de l'Alberta, Alison Redford, s'est également dite profondément déçue de la décision du gouvernement américain.

« Nous croyons que ce projet assurera la sécurité énergétique des États-Unis en plus de créer des milliers d'emplois », a-t-elle soutenu.

Mme Redford a affirmé que l'Alberta considère toujours les États-Unis comme son principal partenaire commercial, mais que cette décision du département d'État renforce la détermination de son gouvernement de se tourner vers d'autres marchés, dont celui de l'Asie, notamment avec le projet d'oléoduc Northern Gateway qui se rendrait jusqu'au port de Kitimat en Colombie-Britannique.

Les environnementalistes savourent leur victoire

Greenpeace a déclaré que la décision de l'administration américaine de refuser le projet de pipeline Keystone XL était une importante victoire pour tous ceux qui ont exprimé jour après jour leurs inquiétudes sur les impacts que ce pipeline pourrait avoir sur les changements climatiques, l'eau potable et leur santé.

« Ils se sont levés contre les plus grandes pétrolières et les plus sales de la planète et ils ont gagné », a clamé un responsable de l'organisme, Mike Hudema.

Pour sa part, le Conseil des Canadiens qualifie la décision de l'administration Obama de pas dans la bonne direction. L'organisme a aussi affirmé que cette décision est un avertissement pour le gouvernement Harper, puisqu'un puissant mouvement a réussi à démontrer l'opposition généralisée contre ce pipeline et l'expansion des sables bitumineux.

« Nous voulons voir une transition juste vers un avenir énergétique durable en Amérique du Nord et nous espérons que la décision rendue aujourd'hui nous mènera davantage vers cet avenir », a déclaré la présidente du Conseil des Canadiens, Maude Barlow.

Les républicains passent à l'attaque

Les républicains ont profité du rejet du projet actuel pour attaquer l'administration Obama, l'accusant de nuire aux emplois américains qui seraient créés par Keystone XL au profit de la sécurité énergétique de la Chine. Le Canada n'aura d'autre choix, ont-ils dit, que d'acheminer le pétrole des sables bitumineux vers d'autres marchés en Asie, faisant allusion au projet Northern Gateway présentement à l'étude.

Le département d'État américain devait répondre à une échéance votée par le Congrès américain le 23 décembre l'obligeant à rendre une décision sur le projet avant le 21 février.

L'échéance était issue d'un compromis entre démocrates et républicains voté le 23 décembre qui avait permis du même coup de reconduire pendant 60 jours des allégements fiscaux, ainsi que le souhaitait l'administration Obama.

Tracé existant et expansion origalement proposée de l'oléoduc Keystone XL.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tracé existant et expansion originellement proposée de l'oléoduc Keystone XL

Photo : TransCanada

Ce projet était devenu une source de discorde entre le président et les candidats à l'investiture républicaine en vue de l'élection présidentielle de novembre prochain.

L'administration américaine avait déjà annoncé en novembre dernier qu'elle étudierait un nouveau tracé pour l'oléoduc Keystone XL, repoussant au début de 2013 une décision qu'elle devait prendre au sujet de ce projet.

Le gouvernement américain avait ainsi répondu aux nombreuses inquiétudes de groupes écologistes et de citoyens sur le passage de l'oléoduc dans la région écologiquement sensible de Sandhills dans l'État du Nebraska.

Un deuxième projet de pipeline, entièrement au Canada

Des audiences sont présentement en cours à Kitimat dans le Nord de la Colombie-Britanique pour un autre projet de pipeline. S'il est approuvé et construit, l'oléoduc Northern Gateway d'Enbridge acheminerait le pétrole des sables bitumineux vers le port de Kitimat, principalement à destination de l'Asie. Les environnementalistes et les bandes autochtones s'opposent vivement au projet.

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