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Le PQ envisage des alliances avec d'autres formations souverainistes

La chef péquiste Pauline Marois. En arrière-plan, le député Bernard Drainville.

La chef péquiste Pauline Marois. En arrière-plan, le député Bernard Drainville.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Parti québécois admet étudier la possibilité de conclure des alliances avec d'autres formations et députés souverainistes, confirmant ainsi des rumeurs qui circulaient depuis quelques jours.

« La question d'alliances possibles entre le Parti québécois et d'autres forces souverainistes et progressistes fait l'objet de discussions au sein du caucus et de l'équipe de Pauline Marois depuis plusieurs semaines », indique le parti dans un communiqué émis mercredi.

« En décembre, la chef du Parti québécois a demandé à son équipe d'évaluer plus concrètement les pistes de rapprochement possibles et de procéder à une analyse fine des avantages et des inconvénients que cela pourrait comporter. »

— Une citation de  Extrait du communiqué du PQ

Plusieurs membres du caucus qui sont intéressés par cette réflexion ont été « informés de la tenue de cette analyse », qui est en cours, précise le communiqué.

« Par le biais de contacts informels, l'intérêt que porte Pauline Marois à cette question a été transmis à Québec solidaire », ajoute le document.

« L'objectif de la démarche, conclut la formation, est d'avoir le plus grand nombre de députés souverainistes à l'Assemblée nationale. »

Interrogée en décembre sur un rapprochement avec Québec solidaire, Pauline Marois avait pourtant déclaré : « Nous ne partageons pas leur point de vue, et là ça devient très difficile de pouvoir faire quelque alliance que ce soit. »

La confirmation des rumeurs contenue dans le message du PQ suit les sorties récentes du député péquiste Bernard Drainville, qui a publiquement réclamé haut et fort de telles alliances, non seulement avec d'autres partis souverainistes comme Québec solidaire et Option nationale, mais aussi avec des députés péquistes démissionnaires, en arguant que des élections pourraient être déclenchées à tout moment, et que les souverainistes ne sont pas prêts.

Sur la foi d'une source dite « sûre », Le Devoir affimait dans son édition de mercredi que le PQ et Québec solidaire discutaient depuis plusieurs mois de la possibilité de conclure une alliance stratégique, et ce, avec l'accord de Pauline Marois.

La chef souverainiste avait jusqu'ici refusé d'aborder la question publiquement, contrairement au député de Marie-Victorin, parce qu'elle jugeait que les discussions avec le parti codirigé par Amir Khadir et Françoise David n'étaient pas suffisamment avancées, précisait le quotidien.

« L'objectif, c'est qu'on ait le plus grand nombre possible de députés souverainistes à l'Assemblée nationale », indique la source du Devoir, afin de former « la plus grande coalition de souverainistes possibles ».

Les deux partis pourraient par exemple décider de ne présenter qu'un seul candidat dans certaines circonscriptions.

Selon l'analyste politique de Radio-Canada Pierre Duchesne, les discussions des derniers jours sur une possible alliance des forces souverainistes s'expliquent par une campagne larvée de l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe, qui serait intéressé à prendre la tête du parti. « Bernard Drainville, comme d'autres au Parti québécois, ont entendu dire que M. Duceppe est un homme excessivement autoritaire. On ne veut pas chez certains, comme Drainville, voir M. Duceppe arriver », a expliqué le journaliste.

Duceppe intéressé à prendre les rênes du PQ?

Alors que des militants péquistes invitent Pauline Marois à laisser sa place à l'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, celui-ci évaluerait ses appuis en coulisses. Lisez notre article Duceppe s'invite dans le débat sur le leadership de Marois pour en savoir plus.

Québec solidaire dément toute négociation formelle

Québec solidaire a de son côté minimisé l'importance des contacts évoqués par le PQ. Les deux porte-parole du parti, François David et Amir Khadir, ont démenti par voie de communiqué toute négociation formelle, passée ou en cours.

En entrevue à RDI, la présidente de la formation a expliqué qu'il n'y avait aucun pacte électoral et encore moins de fusion en vue. Elle a en outre précisé qu'il n'y avait eu qu'un unique entretien, à la demande du PQ, afin de « tester notre intérêt ».

« La seule chose qu'il y a eu cet automne [...], c'est une rencontre entre une personne qui n'est pas du cabinet de Mme Marois et qui n'est pas député non plus, une personne qui a la confiance de Mme Marois et de son entourage ». Cette personne « est venue nous voir, Amir et moi, pour nous demander si nous avions, comme parti politique, à Québec solidaire, un intérêt éventuel à discuter de pacte. »

« Nous avons répondu deux choses. La première, c'est que jusqu'à présent, le mandat de nos membres, c'est non à tout pacte avec tout parti politique que ce soit, mais que, cela dit, il peut y avoir des changements de conjonctures, a-t-elle ajouté. Si la direction du Parti québécois nous arrivait avec une proposition, cette fois-là, formelle, nous en prendrions bonne note et nous aurions voir nos membres pour en discuter. C'est tout ce qui s'est passé. ».

Par la suite, le PQ n'est jamais revenu avec une proposition, a-t-elle affirmé.

Au cours de la rencontre de l'automne, a poursuivi Mme David, l'élection partielle de Bonaventure n'a pas été soulevée.

Si elle dit souhaiter une « ouverture au dialogue », Françoise David s'interroge néanmoins sur la possibilité de rapprochement des troupes souverainistes « d'ici aux prochaines élections, qui pourraient venir plus vite que prévu ».

Pas question toutefois de saborder la formation qu'elle dirige. « Ce que je veux dire clairement, c'est que Québec solidaire est là pour rester et qu'on veut avoir plusieurs députés à l'Assemblée nationale », a-t-elle conclu.

Selon Le Devoir, Amir Khadir est davantage ouvert à une alliance que Françoise David, qui compte se présenter comme candidate dans la circonscription de Gouin, actuellement représentée par le péquiste Nicolas Girard.

Quel impact aurait eu une alliance stratégique en 2008?

Quelques circonscriptions raflées par les libéraux aux élections de décembre 2008 auraient pu tomber dans l'escarcelle souverainiste, suivant l'hypothèse qu'une alliance entre le Parti québécois et Québec solidaire aurait additionné leurs votes dans les urnes.

Dans Laurier-Dorion, l'addition des voix récoltées par le PQ (7700) et QS (2963) aurait permis de vaincre le libéral Gerry Sklavounos. Les souverainistes auraient obtenu 10 663 voix, contre 9769 pour ce dernier.

Dans Dubuc, le PQ (9271) et QS (708), avec 9979 voix au total, auraient triomphé de Serge Simard (9695).

Dans Châteauguay, le PQ (13 142) et QS (703), avec 13 845 voix, auraient battu l'actuel ministre Pierre Moreau (13 637).

En décembre 2008, le PQ a obtenu 51 sièges, contre 66 pour les libéraux, 7 pour l'ADQ et 1 pour QS. Une union PQ-QS leur aurait permis, selon cet exercice spéculatif, d'obtenir à l'Assemblée nationale 55 sièges, contre 63 pour le PLQ.

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