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Transferts en santé : les provinces font front commun et accouchent d'un plan d'action

 Le premier ministre du Québec, Jean Charest, au côté de son homologue de Colombie-Britannique, Christy Clark

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, au côté de son homologue de Colombie-Britannique, Christy Clark

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de la fédération, qui se tenait à Victoria, en Colombie-Britannique, s'est soldé par une rare unanimité des premiers ministres des provinces et des territoires sur la question des transferts fédéraux en santé.

S'ils ont renouvelé leurs critiques à l'endroit du gouvernement Harper pour vouloir imposer un nouveau système de calcul sans avoir consulté ses partenaires provinciaux, ils ont aussi montré qu'ils entendaient prendre le leadership dans ce dossier, en annonçant la création de deux groupes de travail.

Un premier groupe, qui sera dirigé par le premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, et composé des ministres provinciaux et territoriaux des Finances, sera mandaté pour évaluer les impacts de la décision d'Ottawa. M. Selinger dressera ensuite le portrait de la situation et fera rapport auprès du Conseil.

Au cours d'un point de presse réunissant tous ses homologues, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a de nouveau accusé le gouvernement fédéral « de se désister de ses responsabilités », qualifiant cette situation d'« exceptionnelle ». Lui et ses collègues, a-t-il dit, s'attendaient à ce que le fédéral lance un processus de consultation auprès des provinces en décembre, et non qu'il annonce une décision unilatérale.

Ce que nous avons décidé aujourd'hui, fait exceptionnel, c'est que nous allons, nous, faire ce travail. [...] Comme le fédéral refuse le dialogue et la discussion, on va le faire, nous.

Une citation de :Le premier ministre du Québec, Jean Charest

« C'est une des meilleures réunions du Conseil de la fédération que j'ai faites depuis que je suis premier ministre du Québec », s'est-t-il réjoui, évoquant des « discussions ouvertes [et] très enrichissantes ».

Québec estime à 200 millions de dollars par année le manque à gagner occasionné par le plan annoncé par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.

Selon le plan dévoilé en décembre par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, Ottawa continuera à augmenter les paiements de transfert en santé de 6 % par année jusqu'en 2017, mais par la suite, l'augmentation sera ramenée à la croissance du PIB nominal, qui tourne actuellement autour de 4 %. Le mode de calcul se fera par ailleurs en fonction du PIB par habitant. Le financement ne prend pas en compte les coûts liés au vieillissement de la population et au nombre de personnes âgées que compte chaque province.

Au cours du point de presse, le premier ministre Jean Charest a précisé que l'augmentation de 6 % annoncée s'appliquait à la part du fédéral, qui assume 20 % du budget total des soins de santé. En bout de ligne, calcule-t-il, les sommes promises ne constituent donc qu'une augmentation de 1,2 %.

L'innovation au menu

De gauche à droite : Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, ainsi que ses homologues de la Colombie-Britannique, Christy Clark, et de l'Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

De gauche à droite : Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, ainsi que ses homologues de la Colombie-Britannique, Christy Clark, et de l'Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Les premiers ministres ont aussi annoncé la création d'un groupe de travail sur l'innovation en matière de santé.

Ce groupe, qui réunira l'ensemble des ministres de la Santé des provinces et des territoires, sera coprésidé par le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz, et le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall.

Selon les chefs des gouvernements provinciaux, l'objectif de cette initiative « est de favoriser la mise en place d'un processus coopératif en matière de transformation et d'innovation qui contribuera à assurer la viabilité des soins de santé ».

« Cet accent sur l'innovation permettra également d'accroître la capacité des provinces et des territoires à mieux relever les défis propres à leurs systèmes de santé, notamment les besoins des aînés, des patients aux prises avec une maladie chronique et des populations du Nord », poursuivent-ils.

« Le message que nous souhaitons transmettre est que nous travaillons ensemble pour innover et offrir de meilleurs soins aux aînés et à tous les Canadiens », a fait valoir la première ministre britanno-colombienne Christy Clark, qui présidait la rencontre.

Selon Mme Clark, la mise sur pied du groupe de travail est une « mesure énergique ».

Le premier ministre saskatchewanais, Brad Wall, a soutenu que les premiers ministres « souhaitent la création d'une approche nouvelle qui assurera des soins de qualité, qui demeureront viables ».

Le groupe de travail prévoit se réunir à deux reprises avant de présenter un premier rapport à l'occasion de la prochaine rencontre du Conseil de la fédération, qui aura lieu cet été, à Halifax.

Les questions à l'étude

Au cours des six prochains mois, le comité cherchera à :

  • examiner le champ de pratique des fournisseurs de soins de santé et des équipes de soins en vue de mieux répondre aux besoins des patients et de la population de manière sécuritaire, compétente et efficace en terme de coûts;
  • traiter des défis liés aux ressources humaines en santé et explorer les avenues visant une meilleure gestion des ressources humaines afin de faire face à la concurrence croissante entre les systèmes de santé;
  • accélérer l'élaboration et l'adoption de pratiques exemplaires sur le plan clinique et chirurgical afin que tous les Canadiens puissent bénéficier de soins et de pratiques à la fine pointe du développement.

Harper reste ferme

En conférence de presse, à Saguenay, mardi, le premier ministre Harper a pour sa part maintenu sa position ferme dans ce dossier.

« Depuis notre arrivée en fonction, nous avons augmenté nos transferts de 19 à 27 milliards de dollars. À la fin de cette décennie, ces transferts vont augmenter à 40 milliards de dollars », a-t-il affirmé.

« J'espère maintenant, avec la situation des transferts, qui est très connue, que les provinces peuvent se concentrer sur la réforme et la livraison du système de santé », a-t-il poursuivi.

Selon le premier ministre Harper, les Canadiens ne s'attendent pas à un débat sur le financement, mais plutôt à un examen de ce qui est nécessaire pour offrir des soins de santé de meilleure qualité.

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