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Comparution reportée du militaire canadien accusé d'espionnage

Militaire accués d'espionnage en Nouvelle-Écosse

Jeffrey Paul Delisle escorté par des policiers, à Halifax.

Radio-Canada

Jeffrey Paul Delisle, le militaire canadien accusé d'avoir transmis de l'information secrète à une entité étrangère, comparaîtra en cour le 25 janvier pour une audience de remise en liberté.

Trois chefs accusations ont été portés contre lui, dont deux en vertu de la Loi sur la protection de l'information. Il devait comparaître en cour mardi, à Halifax, mais son avocat, Cameron MacKeen, a demandé une nouvelle date pour cette audience. Delisle reste en prison jusqu'à sa prochaine comparution.

« Nous venons tout juste d'obtenir la preuve. Nous devons l'étudier et prendre une décision sur cette base », a expliqué Me MacKeen.

L'avocat de la défense a refusé de commenter ce cas. Il a rappelé que son client doit être présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. La Couronne a aussi refusé de faire des commentaires.

Le premier ministre Stephen Harper a également refusé de commenter le dossier.

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, pour sa part, a affirmé mardi que les accusations portées contre Delisle ne nuiraient pas aux relations entre le Canada et ses alliés. Il a souligné que ces alliés font tout à fait confiance aux Forces canadiennes.

Le ministre MacKay a refusé de confirmer des informations selon lesquelles le sous-lieutenant Delisle est soupçonné d'avoir travaillé pour le compte de Moscou.

« Il s'agit d'un enjeu de sécurité nationale », a affirmé M. MacKay au cours d'une conférence de presse à Ottawa. « Je félicite la police, le SCRS et le ministère de la Défense pour le travail qu'ils ont effectué afin de protéger notre sécurité nationale. La preuve en est que nous avons maintenant une personne accusée », a-t-il ajouté.

L'expert en espionnage Michel Juneau-Kastuya, croit que cette affaire risque d'entraîner des conséquences. « Il pourrait y avoir une confrontation ou un engagement militaire entre l'Ouest et l'Iran, et la Russie pourrait avoir déjà passé des informations sur les navires de l'OTAN et les navires canadiens qui seront probablement appelés à patrouiller les eaux du Golfe. Ça mettrait en danger les marins canadiens et les marins de l'OTAN », dit-il.

Une première au Canada

Jeffrey Paul Delisle est le premier Canadien accusé en vertu de la Loi sur la protection de l'information.

Selon les documents de la cour, l'un des faits présumés à l'origine des accusations portées contre lui est survenu entre le 6 juillet 2007 et le 13 janvier 2012. L'autre fait serait survenu la semaine dernière. Delisle, un résident d'Halifax, est aussi accusé d'abus de confiance.

Tous les gestes qui lui sont reprochés auraient été commis dans les régions d'Halifax, d'Ottawa et de Kingston. Les documents de la cour ne précisent pas à qui l'information qui devait rester secrète aurait été transmise. La GRC a précisé que cette information ne constitue aucune menace pour la sécurité publique.

Jeffrey Paul Delisle est un sous-lieutenant de la marine et un agent du service de renseignement. Il travaillait dans un centre de renseignements et de communications de la marine à Halifax, où il était possible d'avoir accès aux informations confidentielles de pays membres de l'OTAN.

Le militaire s'était engagé dans la marine comme réserviste, en 1996, avant de devenir un membre à part entière des Forces canadiennes en 2001.

S'il est reconnu coupable, Jeffrey Paul Delisle pourrait purger une peine de prison à vie.

Avec les informations de La Presse canadienne

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