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Procès Shafia : Tooba Yahya s'en prend au procureur

Tooba Yahya, à son arrivée au palais de justice de Kingston lundi matin. À l'extrême gauche, son fils, Hamed Mohammad Shafia.

Tooba Yahya, à son arrivée au palais de justice de Kingston lundi matin. À l'extrême gauche, son fils, Hamed Mohammad Shafia.

Photo : Lorian Bélanger

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2012 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au procès Shafia, Tooba Yahya, accusée d'avoir tué ses trois filles et la première femme de son mari, a attaqué la thèse que la Couronne défend depuis le début des procédures.

Mme Yahya a accusé le procureur de la Couronne Gerard Laarhuis d'inventer une histoire de toutes pièces. Elle a comparé les théories de la Couronne à des histoires pour enfants inventées par M. Laarhuis, puis « présentées devant tout le monde ici » à la cour.

« Nous sommes au tribunal », a-t-elle déclaré en dari, par le biais d'un interprète. « Les gens veulent connaître la vérité, pas des histoires tirées de votre imagination ».

Tooba Yahya, 42 ans, son mari Mohammad Shafia (58 ans) et son fils Hamed Mohammad Shafia (21 ans) sont accusés des meurtres prémédités de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad (50 ans), et de trois filles que Mme Yahya a eues avec son mari : Zainab (19 ans), Sahar (17 ans) et Geeti (13 ans).

Les quatre victimes ont été retrouvées mortes dans les eaux du canal Rideau, aux écluses de Kingston, dans une Nissan Sentra que la famille avait achetée quelques jours avant le drame, survenu dans la nuit du 29 au 30 juin 2009.

Comme elle l'a fait depuis le début de son témoignage et de son contre-interrogatoire, elle a nié avoir quoi que ce soit à voir avec les morts des quatre personnes. Elle a répété que sa famille était une famille respectable et qu'elle n'aurait jamais tué personne.

La Couronne soutient que les quatre femmes ont été tuées pour laver l'honneur de la famille d'origine afghane, ce que nient les accusés.

Elle aurait assisté à la mort des victimes, selon la Couronne

Les procureurs ont déjà avancé la semaine dernière que les quatre victimes avaient été noyées au préalable, puis installées à l'intérieur de la voiture, choisie précisément par les meurtriers pour sa petite taille, qui allait lui permettre d'être complètement immergée dans l'eau.

Ils avancent maintenant que Tooba Yahya était sur le site des écluses de Kingston le soir du drame, et qu'elle s'employait à faire diversion auprès des victimes toujours en vie, pendant que les autres femmes de la famille étaient noyées une à une.

Une fois que les quatre femmes ont été tuées, soutient la Couronne, l'un des accusés a engagé la première vitesse de la Sentra par une fenêtre ouverte. La voiture serait cependant restée coincée sur le bord du canal, ce qui était imprévu et aurait poussé les accusés à improviser.

Cela explique, selon les procureurs, pourquoi la famille a utilisé le véhicule utilitaire sport de la famille pour pousser la Sentra dans l'eau.

Deux parents de Mohammad Shafia à la barre

Après le contre-interrogatoire de Tooba Yahya, ses avocats ont fait témoigner deux parents de Mohammad Shafia pour appuyer sa défense.

Venue du Danemark, Farida Nayebkheil, la demi-soeur de Mohammad Shafia, a expliqué n'avoir que des contacts sporadiques avec la famille de l'accusé.

Elle a dit qu'elle parlait plus souvent au téléphone avec Rona Amir Mohammad, une relation qui aurait débuté lorsque les deux étaient en Europe. Selon Mme Nayebkheil, Rona semblait mener une vie normale à Montréal, mais elle se sentait isolée et souhaitait se trouver un emploi.

Elle a assuré que jamais, elle ne l'a entendu se plaindre que son époux la maltraitait, elle ou les enfants.

L'un des demi-frères de Mohammad Shafia, Anwar Yaqubi, est venu dire sensiblement la même chose. Il a aussi soutenu qu'il ne fallait pas prendre au sérieux Mohammad Shafia lorsqu'il criait ou menaçait parfois de découper des gens en morceaux.

À la fin de son témoignage, l'un des enfants encore en vie des Shafia est entré dans la salle d'audience et déposé un baiser sur la vitre qui sépare les accusés du public.

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